L’entrepreneur en construction Tony Accurso aurait versé de l’argent à des fonctionnaires de l’ARC pour fermer les yeux sur ses fraudes fiscales.

Un autre agent du fisc accusé d’avoir touché des pots-de-vin de Tony Accurso

MONTRÉAL — La GRC a porté des accusations de corruption contre un huitième ancien fonctionnaire de l’Agence du revenu du Canada (ARC) qui aurait été acheté par l’entrepreneur en construction Tony Accurso pour fermer les yeux sur ses fraudes fiscales, selon la poursuite.

Antonio Girardi, âgé de 54 ans, de Montréal, fait l’objet de divers chefs d’accusation, dont abus de confiance par un fonctionnaire, faux, fraude et complot, a indiqué vendredi la Gendarmerie royale du Canada (GRC). Il doit comparaître le 5 décembre au palais de justice de Montréal.

Cet ancien chef d’équipe à l’ARC s’ajoute à la liste des 14 accusés dans le cadre de l’enquête amorcée en 2008 pour faire la lumière sur des allégations de corruption à l’agence, précise la GRC. Or, la poursuite de l’enquête « à un niveau international » a permis à la GRC de découvrir « l’importance des sommes payées » et de déposer de nouvelles accusations.

La police fédérale indique que de nouveaux éléments de preuve, obtenus en collaboration avec les autorités de la Suisse et des Bahamas, ont permis aux enquêteurs de démontrer que « d’importantes sommes auraient été versées dans des comptes bancaires offshore ».

Selon la GRC, Tony Accurso aurait versé, dans le cadre de ce stratagème de fausses factures, 740 000 $ à Antonio Girardi et à son collègue Adriano Furgiuele, qui est déjà accusé dans cette affaire. Ces sommes auraient été versées en échange d’un traitement favorable des dossiers fiscaux des compagnies de M. Accurso, notamment Simard-Beaudry Constructions et Constructions Louisbourg, soutient la GRC. Tony Accurso aurait aussi versé « plus de 1,9 million $ » à l’homme d’affaires Francesco Bruno, qui est lui aussi déjà accusé.

Selon la police, Francesco Bruno et Tony Accurso auraient également signé des ententes de prête-nom, en utilisant une personne fictive à l’étranger, afin de bénéficier d’allègements fiscaux.

La GRC rappelle que 15 personnes ont été accusées jusqu’ici dans le cadre de cette enquête, dont huit anciens fonctionnaires de l’ARC, et près de 200 chefs d’accusation ont été déposés à ce jour. Tony Accurso, 60 ans, Francesco Bruno, 50 ans, Francesco Fiorino, 53 ans, et Adriano Furgiuele, 43 ans, font tous face à six chefs d’accusation de complot, de fraude, de faux, ainsi que d’abus de confiance par un fonctionnaire public.