Les 30 ans de la tuerie à la Polytechnique de Montréal ont été commémorés un peu partout au Québec vendredi.

Tuerie à la Polytechnique: «Ça m’habite encore» — Maryse Gaudreault

« C’est quelque chose qui a marqué ma vie. Ça m’a longtemps habitée et ça m’habite encore. J’ai moi-même deux filles et je me dis que ça aurait pu être elles ».

La députée de Hull, Maryse Gaudreault, affirme qu’elle se fait un devoir chaque année depuis la tragédie de Polytechnique de porter le ruban blanc durant la période de 12 jours d’action contre la violence faite aux femmes. Elle affirme ne jamais avoir oublié la soirée du 6 décembre 1989.

À LIRE AUSSI: Tuerie à la Polytechnique: «Un point tournant dans notre société» — Renée Amyot

> Tuerie à la Polytechnique: «Je travaille encore pour que ça change» — Monique Aubry Frize

La politicienne de 60 ans travaillait à l’époque au bureau national de l’Association canadienne pour l’avancement des femmes et du sport... une organisation féministe.

La députée de Hull, Maryse Gaudreault

Ses souvenirs de cette triste journée sont encore frais dans sa mémoire. 

« Il faisait noir déjà, c’était la fin de la journée et j’étais encore au bureau. Nous n’avions pas les réseaux sociaux d’aujourd’hui, alors pour être informée, j’écoutais beaucoup la radio à Radio-Canada. C’est sur ces ondes-là que j’ai entendu qu’il se passait quelque chose là-bas. On ne savait pas exactement ce que c’était au départ, à part qu’il y avait plusieurs véhicules de police et que les étudiants avaient été évacués. On était sur le qui-vive, on vivait les événements de minute en minute. Ç’a m’a beaucoup marqué parce que je travaillais pour un organisme qui militait pour l’égalité hommes-femmes dans le sport, par exemple la façon de dépeindre les athlètes féminines dans les médias ou encore les bourses, des enjeux encore actuels. Et le mot féministe faisait peur il y a 30 ans, ce n’est pas quelque chose qu’on pouvait affirmer haut et fort comme aujourd’hui », raconte-t-elle. 

Mme Gaudreault ajoute qu’elle salue le fait que le nouveau panneau commémoratif installé aux abords de l’institution montréalaise mentionne qu’il s’agissait d’un « attentat antiféministe ».

« Il y a 14 femmes qui sont tombées sous les balles d’un homme », précise-t-elle.

Il y a un petit moment de silence au bout du fil lorsqu’on demande à l’élue si elle croit qu’un tel drame ne pourrait pas se reproduire de nos jours.

« J’aimerais bien vous dire que nous sommes à l’abri d’une telle horreur, sauf qu’on ne sait jamais », conclut-elle.