De passage à Québec lundi, le premier ministre Justin Trudeau a visité le maire de Québec Régis Labeaume, confirmant une nouvelle fois le soutien financier du fédéral pour le projet de réseau de transport structurant de Québec.

Trudeau confirme le financement du tramway [VIDÉO]

C’était une formalité. Le premier ministre Justin Trudeau a profité d’un passage à Québec, lundi, pour confirmer le financement du projet de réseau structurant de transport en commun de 3,3 milliards $ dans la capitale.

L’annonce s’est faite en présence du maire de Québec, Régis Labeaume, et de plusieurs membres de son équipe en marge d’une allocution prononcée par le premier ministre au congrès de l’organisation syndicale Unifor.

Québec avait déjà obtenu la semaine dernière la confirmation du fédéral qu’il aurait l’argent tant convoité. Le ministre de l’Infrastructure, François-Philippe Champagne, avait confié que le maire Régis Labeaume avait reçu une lettre qui autorisait le transfert de 800 millions $ manquants.

En juin, le gouvernement du Québec et la Ville de Montréal concluaient une entente de principe qui permettait de boucler le financement du réseau structurant à Québec. La mairesse Valérie Plante concédait 800 millions $ d’argent fédéral administré par Québec pour la réalisation du tramway dans la capitale. En échange, elle obtenait un investissement futur du gouvernement du Québec dans un tramway sur un tronçon de la ligne rose.

Cette entente provinciale-municipale devait recevoir l’aval d’Ottawa puisqu’il s’agit de fonds fédéraux.

Le gouvernement du Québec avait garanti sa participation au projet de la Ville de Québec à la hauteur de 1,8 milliard $, mais prétendait que le montant de 1,2 milliard $ promis par Ottawa n’était pas sur la table. 

Le gouvernement Legault critiquait l’entente fédérale-provinciale en vigueur sur le financement du transport en commun. Elle favorise les villes qui comptent déjà sur des systèmes de transport en commun développés, comme Montréal, puisque l’argent est distribué selon l’achalandage. La métropole accaparait ainsi la majeure partie des 5,2 milliards $ d’Ottawa, laissant 412 millions $ à Québec, d’où le manque à gagner de 800 millions $ pour boucler le financement du projet de réseau structurant en transport en commun de Québec évalué à 3,3 milliards $.

À cela, le fédéral répondait que le 1,2 milliard $ annoncé pour le projet de tramway de Québec pouvait être pigé dans différentes enveloppes budgétaires accordées à la province de Québec et gérées par le gouvernement provincial. Ce à quoi Québec répondait que les sommes disponibles dans les autres enveloppes étaient déjà investies dans divers projets.

Devant cette impasse politique, le gouvernement du Québec a fait appel à l’administration Plante pour négocier une entente qui permettrait de transférer les 800 millions $ manquants vers la capitale.

«Vive la démocracie»

Le maire Labeaume a refusé de voir dans ce dénouement une annonce préélectorale, mais du même souffle, il a reconnu que des échéances électorales peuvent faire débloquer des enjeux.

«S'il y avait eu un grand plan machiavélique pour que l'annonce tombe le 19 août, je l'aurais vu, a dit M. Labeaume en conférence de presse au Centre des congrès. Ça ne s'est pas passé comme ça. Et par ailleurs, si les démocraties nous permettent de vivre des moments charnières pour faire avancer nos dossiers, alors vive la démocratie.»

Le premier ministre Justin Trudeau a par ailleurs affirmé que son parti ferait des gains aux élections d'octobre dans la région de Québec. Le PLC compte deux élus dans la capitale, soit le ministre Jean-Yves Duclos et le député Joël Lightbound.

M. Trudeau a aussi déclaré que «le financement est assuré», quel que soit le résultat des élections d'octobre.

Le réseau doit compter deux tracés de Trambus totalisant 15 kilomètres et un tracé de tramway de 23 kilomètres. Il est question aussi d'améliorer les parcours actuels de Métrobus et de construire 16 kilomètres en corridors réservés aux autobus.

Québec est une des seules grandes villes au Canada à ne pas avoir de réseau de transport collectif structurant, a rappelé M. Trudeau.

«Ça veut dire qu'il y a plus de voitures sur les routes, ça nuit à la qualité de l'air, ça crée de la congestion, les gens passent donc plus de temps dans la circulation et moins de temps chez eux, et ça coûte cher, l'essence, le stationnement et l'entretien.»

«On veut réduire l'auto solo», a souligné le ministre des Transports du Québec, François Bonnardel.

Or l'agglomération est en pleine expansion et son économie est florissante, avec un taux de chômage de 2,3 %. M. Labeaume a affirmé que plus de 28 000 nouveaux ménages devraient s'installer à Québec d'ici à 2036.

«Nous entrons dans la modernité», a conclu M. Labeaume.

Le débat sur un tramway s'étire depuis plus de 10 ans dans la Vieille-Capitale. Ottawa et l'ancien gouvernement Couillard avaient convenu d'une entente, mais le nouveau gouvernement caquiste avait ensuite accusé le fédéral de verser seulement 400 millions $ sur les 1,2 milliard $ attendus.

François Legault avait même suggéré ensuite un réseau de tramway plus petit, pour qu'une partie des fonds fédéraux de l'enveloppe d'origine puisse servir aux autres municipalités.

Finalement, l'entièreté de l'enveloppe fédérale de 1,2 milliard $ sera versée par le gouvernement caquiste à Québec, mais ce dernier va compenser pleinement Montréal pour les 800 millions $ qu'elle attendait de cette enveloppe.