François Courcy, professeur en psychologie, et Jasmin Roy, de la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais, ont collaboré afin d’offrir des outils de sensibilisation contre la violence au travail. Ils posent devant les étudiants au doctorat qui ont travaillé sur le projet.

Trois nouveaux outils contre la violence au travail

Des étudiants du Département de psychologie de l’Université de Sherbrooke ont développé trois outils de sensibilisation pour contrer le harcèlement et la violence au travail et en ont fait cadeau à la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais qui les rendra disponibles gratuitement aux entreprises et à tous les travailleurs.

« C’est un beau cadeau que les étudiants en doctorat ont fait à la Fondation. J’étais heureux de recevoir ces outils, car de plus en plus, on enseigne les compétences relationnelles et émotionnelles aux enfants dans le système éducatif. Mais on ne l’a pas enseigné aux gens plus âgés, comme moi. À mon époque, on ne parlait pas de ses émotions et de leur gestion. On a tout un rattrapage à faire et cela doit aussi se faire en milieu de travail pour avoir des comportements plus bienveillants », explique Jasmin Roy, président de la Fondation Jasmin Roy Sophie Desmarais.

M. Roy fait remarquer que les temps ont changé et que des comportements qui étaient acceptables il y a 20 ans ne le sont plus aujourd’hui. « On vit un changement de culture. À l’époque, il y avait des jokes de mononcle et tout le monde les riait. On banalisait les microviolences. Aujourd’hui, ce n’est plus acceptable », dit-il pour appuyer le fait qu’une éducation et une sensibilisation sont nécessaires aussi en milieu de travail.

Les trois outils développés par les étudiants dans la cadre de leur cours sur les comportements dysfonctionnels sont un dépliant explicatif, une série de mises en contexte analysées sous les angles de la victime, de l’agresseur et des témoins et un questionnaire plus ludique sur des comportements parfois à la limite de l’acceptabilité et de l’inacceptabilité. 

« Lorsqu’on fait face à des comportements de violence au travail, les personnes impliquées peuvent jouer trois rôles : victime, agresseur ou témoin. Dans tous les cas, il est primordial d’intervenir le plus rapidement possible afin de mettre fin à ces comportements et de limiter les conséquences de ceux-ci », affirme François Courcy, professeur titulaire au Département de psychologie de l’UdeS, précisant que chaque année, environ 350 000 cas de violence au travail sont recensés au Canada.

« On essaie de se mettre dans la peau des agresseurs comme dans celle des victimes et des témoins. Car l’agresseur a besoin de se reconnaître sans trop se braquer pour pouvoir être conscient de ses gestes et s’améliorer », a souligné l’étudiante Marielle Bourguignon-Cyr.

« On a tenté d’exposer dans les mises en situation des cas de microagressions et des contextes où la violence est subtile », a enchaîné l’étudiante Julie Lavoie. 

« On a eu un souci de ne pas diaboliser l’agresseur. On peut par moment être victime et par moment se retrouver agresseur. Et parfois, les agressions ne sont pas ce qu’on pense », a ajouté l’étudiant Félix Guay-Dufour.

« Tout le monde a le droit d’être en colère même au travail. Mais il faut savoir gérer la situation et savoir se retirer pour prendre du recul », résume Jasmin Roy.

Les outils, qui seront bientôt traduits en anglais, sont disponibles à http://fondationjasminroy.com/initiative/unissions-nous-contre-la-violence-au-travail