Le Chicoutimien Derek Savoy est sur le point de conclure un trajet d’environ 3000 km à vélo entre Saint-John’s (Terre-Neuve) et Chicoutimi, dix ans après avoir franchi les 5500 km entre Vancouver et Chicoutimi.

Traversée du Canada en vélo: une arrivée prévue dimanche

Dix ans après avoir parcouru à vélo une première moitié du Canada de Chicoutimi à Vancouver sur une distance de 5500 km dans le cadre d’une activité de financement de la Fondation sur la pointe des pieds, le Chicoutimien Derek Savoy est en voie de compléter son tour du pays « A mari usque ad mare » à partir de Terre-Neuve.

L’homme aujourd’hui âgé de 37 ans, professeur d’éducation physique à la Commission scolaire Riverside, a quitté le Québec en avion le 30 juin dernier en direction de Saint-John’s, bien décidé au petit matin du 3 juillet à voir l’autre moitié du pays en enfourchant son vélo de cyclotourisme avec un minimum de bagages.

Le vélo de Derek Savoy était passablement chargé.

Lors d’une entrevue accordée mardi matin pendant une période de repos, M. Savoy se trouvait dans la baie des Chaleurs au Nouveau-Brunswick en prévision d’une arrivée à Chicoutimi dimanche où son épouse Véronique Dauwe l’attend. « Voilà dix ans, je faisais Chicoutimi-Vancouver. Mon but était de finir la visite du reste du pays. Jusqu’à maintenant, c’est plaisant, mais je ne dirai pas que ç’a été facile. Terre-Neuve a presque eu ma peau », témoigne le cycliste.

Pour lui, les difficultés rencontrées ont été reliées à la topographie du territoire terre-neuvien, aux vents forts soufflant de l’ouest ainsi qu’à la température froide. Il faut dire que pendant que le Québec connaissait la canicule en juillet, Terre-Neuve subissait des températures maximales d’environ 13 degrés. « Je trouve presque que l’Ouest canadien a été moins ‘‘tough’’ que Terre-Neuve. Passer à travers Terre-Neuve, c’est passer à travers n’importe quoi. Ce n’est pas le paradis du cyclisme.»

Derek Savoy a traîné son matériel de camping sur son vélo.

Toutefois, les contraintes du climat terre-neuvien ont été compensées par la chaleur humaine et la générosité des gens des provinces atlantiques, selon lui. « Les gens sont tellement sympathiques. J’ai connu quelques pépins mécaniques reliés à deux crevaisons subies de suite. Je n’avais plus d’air et j’ai été obligé de faire du pouce. Un monsieur m’a embarqué et est venu me reconduire à un centre commercial. Il a fait les commissions avec moi comme un grand-père avec son petit-fils », affirme le touriste.

L’autre observation qui a marqué le cycliste dans son voyage dans l’est, tout comme dans l’ouest d’ailleurs, est le grand respect des automobilistes envers les disciples de la bécane. « Les automobilistes sont tellement polis avec les cyclistes. Ils attendent d’être en lieu sécuritaire avant de dépasser. Ils t’envoient la main lorsque tu les rencontres. C’est pas mal comme ça partout dans l’est comme dans l’ouest, sauf au Québec », commente-t-il.

Derek Savoy a vu le Canada d’un océan à l’autre.

Interrogé afin de connaître la plus grande difficulté rencontrée pendant son voyage au plan moral, M. Savoy avoue que les quatre crevaisons survenues en 15 minutes en raison d’un problème de jante de roue lui ont fait connaître l’adversité.

Il faut dire que lors de son premier voyage entre Chicoutimi et Vancouver, M. Savoy avait connu plus de chance en n’enregistrant aucune crevaison. C’est ce qui l’amène à conclure que c’est dans l’adversité qu’on devient plus fort, une leçon qu’il entend bien continuer à enseigner à ses élèves lors de la prochaine rentrée scolaire.