Pierre Paquin est bénévole pour la Saint-Vincent-de-Paul de Chicoutimi depuis 35 ans. En ces temps de pandémie, il tente d’aider son prochain du mieux qu’il peut.
Pierre Paquin est bénévole pour la Saint-Vincent-de-Paul de Chicoutimi depuis 35 ans. En ces temps de pandémie, il tente d’aider son prochain du mieux qu’il peut.

[AU FRONT] Pierre Paquin, bénévole à la Saint-Vincent-de-Paul: continuer de penser aux autres

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) poursuivent une série de portraits de ceux pour qui il n’y a pas d’isolement à la maison. Ces héros du quotidien qui tiennent le fort dans nos vies chamboulées.

Avec raison, on parle beaucoup des travailleurs de la santé, des commis d’épicerie, des camionneurs et des préposées dans les résidences pour personnes âgées, pour ne nommer que ceux-là, qui sont littéralement sur la ligne de front de cette pandémie. Mais il y a aussi de nombreux bénévoles qui, dans l’ombre, poursuivent leur mission d’aider les autres, et ce, tout à fait gratuitement. C’est le cas de Pierre Paquin, un bénévole de longue date de la Saint-Vincent-de-Paul de Chicoutimi, qui voit de quelle façon cette pandémie affecte les plus démunis. Humble et réservé, l’homme a accepté de répondre à nos questions, dans le cadre de la série Au Front.

Q Vous êtes bénévole depuis combien de temps et en quoi consistent vos tâches ?

R Je suis membre de la Société Saint-Vincent-de-Paul depuis 35 ans. Je dois vous dire que je suis fier d’oeuvrer dans un organisme fondé il y a 187 ans et qui est présent dans la région depuis plus de 120 ans.

Personnellement, j’ai occupé plusieurs fonctions au cours de ces années à divers paliers de l’organisation. Pour l’instant, je préside la conférence Saint-Antoine de Chicoutimi et je travaille sur différents comités au niveau de la ville.

NDLR: Fait intéressant, la Saint-Vincent-de-Paul était très active au Québec au moment où le monde était frappé par la pandémie de grippe espagnole, en 1918, aidant les Québécois à subvenir à leurs besoins, malgré les pertes d’emplois provoquées par la maladie. Un peu plus de 100 ans plus tard, l’organisation est toujours présente et poursuit cette même mission.

Q Comment la pandémie affecte votre bénévolat ? Pouvez-vous continuer à travailler malgré la situation ?

R Comme plusieurs de nos membres ont plus de 70 ans, nous avons dû ajuster notre façon de répondre aux demandes. Habituellement, nous rencontrons les gens qui font appel à nous, mais présentement, nous évaluons la situation par téléphone. Dans le but de faire le meilleur usage possible des fonds qui nous sont confiés, on tente de faire un bon discernement de la situation, mais sans juger les gens. Pour les demandes alimentaires, un bénévole se rend sur place pour leur remettre des bons d’achat et cela dans le respect des consignes en vigueur. Pour les demandes de meubles, le service est malheureusement interrompu et les autres demandes sont analysées au cas par cas.

Q Vous avez mis sur pied un projet pour les gens touchés par la pandémie, en quoi ça consiste ?

R Les bénévoles de la Saint-Vincent-de-Paul ont pour principe de travailler dans l’humilité et la discrétion et nous n’avons aucun salarié pour gérer et pour publiciser nos actions, donc nous sommes moins connus du public en général, mais les plus démunis savent généralement comment nous trouver. C’est ce qui explique que nous avons mis sur pied un programme spécial pour nous faire connaître des victimes de la pandémie qui ne font pas partie de notre clientèle habituelle, puisque certains qui n’ont jamais eu recours à nos services en auront peut-être besoin. Donc, pour Chicoutimi secteur sud, nous avons un numéro spécial (581) 668-2432. Les gens qui sont en difficulté, qui sont en attente d’une aide gouvernementale ou qui n’entrent dans aucune des catégories peuvent nous appeler et nous leur fournirons des cartes-cadeaux pour acheter de l’épicerie. C’est nouveau, nous avons instauré cette aide d’urgence pour répondre à la demande. Nous livrons à domicile dans le respect des règles d’hygiène avec discrétion et en toute confidentialité.

Q Comment vivez-vous la situation personnellement, vous qui êtes habitué à rencontrer les gens ?

R De nature, je préfère être dans l’action. Être en contact régulièrement avec les gens qui vivent de grandes difficultés me permet toutefois de relativiser mes petits problèmes!

Q Arrivez-vous à répondre à la demande ? Avez-vous une hausse de l’achalandage ?

R Certains bénévoles doivent mettre les bouchés doubles, mais notre équipe régulière est en mesure de répondre à notre clientèle habituelle. Le Centre d’action bénévole de Chicoutimi nous rend de grands services lorsque nous ne sommes pas en mesure de répondre à tout le monde. Il faut travailler en équipe plus que jamais!

Le confinement affecte tout le monde, spécialement ceux qui ont des problèmes de santé physique ou mentale. Mais le surplus de demandes nous vient des gens qui ont perdu leur source de revenus à la suite de cette pandémie et c’est pourquoi nous avons mis ce programme (de livraison de cartes-cadeaux d’épicerie) en place et j’espère que nous aurons les moyens financiers de le poursuivre aussi longtemps que nécessaire. Aider les autres restera toujours notre mission.