Simon Dalpé et Élise Robert, deux enseignants devenus bénévoles.
Simon Dalpé et Élise Robert, deux enseignants devenus bénévoles.

[AU FRONT] De prof à bénévole pour aider les autres

Roxanne Caron
Roxanne Caron
La Voix de l'Est
Ces travailleuses et travailleurs n’étaient pas destinés à être au front pendant la crise. Mais la COVID-19 a tout changé et ces personnes ont changé de métier le temps de donner un coup de pouce collectif. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux qui ont répondu à l’appel.

Avec la pandémie, l’engagement citoyen prend un nouveau sens. Plusieurs se sont sentis interpellés par l’appel du gouvernement demandant de se mobiliser pour aider ceux qui se trouvent au front. Élise Robert, enseignante au primaire à l’école Eureka, veut aider, coûte que coûte. Avec son conjoint Simon Dalpé, lui aussi enseignant, elle s’est lancée dans le bénévolat pour faire une différence. Depuis quelques semaines, le couple participe au projet de solidarité citoyenne lancé par le CLSC en partenariat avec la Ville de Granby.

Tous deux vont donc faire l’épicerie ou chercher des repas pour les gens qui ne peuvent pas quitter la maison. Mme Robert a aussi postulé sur la plateforme Je contribue, afin d’aller prêter main-forte au personnel de la santé. Alors que l’école risque de recommencer sous peu, elle n’aura même pas eu la chance de le faire. Elle se désole d’ailleurs de la lenteur du processus gouvernemental à ce niveau.

Q: Qu’est-ce qui vous a donné envie de faire du bénévolat?

R. J’ai toujours eu cette générosité-là envers les autres. On voyait les nouvelles et on s’est dit que ça n’avait pas de bon sens de rester là à ne rien faire. Je suis encore en contact avec mes élèves, car je leur donne des défis tous les jours, et on s’échange des photos pour garder un lien. Mais le reste de la journée, on peut aller aider. Je me suis donc inscrite au Centre d’action bénévole de Granby. Puis, quand j’ai vu ce qui se passait dans les CHSLD, ça me touchait beaucoup, alors je me suis inscrite sur la plateforme Je contribue. Même si on n’a pas une formation de préposé, on peut servir les repas, faire du ménage, changer des draps, etc.

Q: À partir du moment où vous êtes inscrit sur Je contribue, comment le processus de recrutement s’enclenche?

R. J’ai eu un premier appel le 17 avril et un autre le 19 pour reprendre les informations et pour savoir ce qui me conviendrait comme travail. On me demandait si j’étais prête à œuvrer auprès de personnes infectées à la COVID-19. Moi, n’importe où je peux apporter mon aide ça m’aurait fait plaisir. On m’a demandé ma profession, mes années d’études, les antécédents judiciaires, mes disponibilités, le lieu de travail où j’aimerais être, en hôpitaux, CHSLD, centre de dépistage. Vendredi dernier, j’ai eu des nouvelles. On me demandait de remplir des questionnaires afin d’aller travailler en désinfection. Par contre, nous apprenions le retour possible dans les écoles… Je me voyais mal aller dans les CHSLD seulement pour une semaine. Je trouve ça vraiment triste qu’on ne m’ait pas interpellée avant. Je vais me concentrer pour bien préparer mon retour en classe. Je continue de faire du bénévolat cette semaine. Si cet été ils ont encore besoin en CHSLD, je vais de nouveau soumettre ma candidature.

Q: Qu’est-ce qui explique votre sensibilité envers les aînés vulnérables ?

R. En 2015, mon frère est décédé et on l’a accompagné vers la mort. Tout ce qui est soin, soit de laver la personne, la faire manger… on a baigné là-dedans. C’est trop triste ce qu’on voit avec les aînés. Ça m’arrache le cœur et on voit bien que tout le monde est débordé. J’ai une maman de 72 ans qui fait du diabète, donc je fais les commissions pour elle. J’ai aussi ma sœur, qui est à Sherbrooke, qui avait tous les symptômes de la COVID-19, alors j’allais faire toutes ses commissions également. Heureusement, les tests sont sortis négatifs. J’essaye de prendre soin des gens autour de moi. Je veux juste aller aider.