[AU FRONT] Un retour en classe réussi pour l'enseignante Marie-Claude Pilotte

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[AU FRONT] Un retour en classe réussi pour l'enseignante Marie-Claude Pilotte

Marie-Claude Pilotte est enseignante à la Commission scolaire De La Jonquière depuis 24 ans. Elle a enseigné à tous les niveaux, mais c’est au premier cycle qu’elle se sent le mieux. Pourquoi ? Car elle peut voir les enfants apprendre à lire et découvrir leurs forces. Elle est depuis peu de retour dans sa classe de deuxième année à l’école Trefflé-Gauthier. Le déconfinement progressif ramène au boulot des travailleuses et travailleurs de plusieurs secteurs. Mais la COVID-19 a changé leur travail. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux dont le métier ne sera plus jamais vraiment pareil.

(Question) Combien d’élèves avez-vous présentement, comparativement à avant la crise ?

[AU FRONT] Combattre l’invisible un coup de chiffon à la fois

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[AU FRONT] Combattre l’invisible un coup de chiffon à la fois

Le déconfinement progressif ramène au boulot des travailleuses et travailleurs de plusieurs secteurs. Mais la COVID-19 a changé leur travail. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux dont le métier ne sera plus jamais vraiment pareil.

François Girard nettoie, frotte et désinfecte depuis plus de 30 ans dans les écoles primaires et secondaires de la région de Granby. La pandémie l’oblige à redoubler d’ardeur et à avoir des yeux tout le tour de la tête. Sa routine est plus que jamais collée à celle des différentes classes — et de leurs déplacements — du pavillon Saint-Luc de l’école de l’Étincelle, à Granby, où 57% de la clientèle scolaire, soit 210 élèves, est de retour depuis deux semaines.

[AU FRONT] La saison de l’impôt décalée par le confinement

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[AU FRONT] La saison de l’impôt décalée par le confinement

Le déconfinement progressif ramène au boulot des travailleuses et travailleurs de plusieurs secteurs. Mais la COVID-19 a changé leur travail. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux dont le métier ne sera plus jamais vraiment pareil.

Pierre-Yves Lemieux a fondé la Société de comptables professionnels agréés gatinoise QuatreCPA en juillet 2017 avec trois amis de l’université après avoir travaillé dans d’autres firmes. Le comptable de 31 ans spécialisé en fiscalité a acquis d’excellentes aptitudes en négociation au fil des ans en ayant représenté des contribuables devant les autorités fiscales. M. Lemieux est aussi chargé de cours à l’Université du Québec en Outaouais où il enseigne la fiscalité des entreprises et des investisseurs au baccalauréat en comptabilité.

[AU FRONT] Changements multiples dans la construction

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[AU FRONT] Changements multiples dans la construction

Le déconfinement progressif ramène au boulot des travailleuses et travailleuses de plusieurs secteurs. Mais la COVID-19 a changé leur travail. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux dont le métier ne sera plus jamais vraiment pareil.

TROIS-RIVIÈRES — Gilles Matteau travaille dans le secteur de la construction depuis 32 ans. Le président de l’entreprise familiale Construction Julien Matteau et Fils 2007 de Trois-Rivières confie que les mesures sanitaires résultant de la COVID-19 forcent le milieu à changer ses habitudes non seulement ce qui a trait au travail sur les chantiers, mais aussi lorsque vient le temps de rencontrer des clients.

[AU FRONT] Hélène Lauzier, courtière immobilière: apprendre à ralentir

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[AU FRONT] Hélène Lauzier, courtière immobilière: apprendre à ralentir

Le déconfinement progressif ramène au boulot des travailleuses et travailleuses de plusieurs secteurs. Mais la COVID-19 a changé leur travail. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux dont le métier ne sera plus jamais vraiment pareil.

En 38 ans de carrière comme courtière immobilière, Hélène Lauzier n’a jamais connu de situation semblable à la pandémie actuelle. Par chance, le secteur de l’immobilier est mieux adapté au télétravail que d’autres. Le grand défi fut d’apprendre à ralentir pour cette pianiste qui est entrée dans le domaine de l’immobilier afin de donner encore plus de rythme à sa vie.

Q: Comment la crise a-t-elle affecté votre quotidien?

R: Être courtier immobilier, c’est un travail où il faut être disponible 7 jours et 7 soirs par semaine. Normalement, je cours tout le temps. Je n’arrête jamais. Je suis habituée de sortir, d’avoir une vie sociale, de voir du monde à longueur de journée, d’aller au bureau, de gérer mon agence immobilière, etc. Alors, je me suis reposée un peu. 

Le premier mois, ce n’était pas si pire. J’ai fait un grand ménage. Éventuellement, je commençais à avoir des fourmis dans les jambes, alors j’ai pris des marches avec mon chien. 

Personnellement, j’ai appris à ralentir. Je pense que cette expérience aura un effet positif sur beaucoup de monde. Il faut le voir comme ça, parce que si on ne voit que le négatif on déprime. Ça va peut-être apprendre aux gens qu’on ne peut pas avoir tout ce qu’on veut tout le temps et qu’on ne peut pas tout contrôler.

Q: Comment la crise a-t-elle affecté vos activités professionnelles ?

R: C’est arrivé très soudainement. Nous avons eu des contraintes énormes quand ils ont décidé que nous n’avions plus le droit d’exercer notre profession. Évidemment, comme tout le monde qui était confiné à la maison, nous avons beaucoup travaillé par téléphone. On peut faire beaucoup de choses par téléphone, mais on ne pouvait pas faire des visites de maisons ni aller chercher de nouvelles inscriptions. 

Éventuellement, le gouvernement a changé son fusil d’épaule en disant qu’on pouvait faire des visites. Il ne voulait pas qu’il y ait une crise du logement, car il y avait des maisons vendues et des gens devaient se reloger absolument. D’abord, ils ont assoupli les règles du notaire, de sorte que les notaires peuvent faire les contrats notariés sans que les personnes soient physiquement présentes. Ensuite, ils ont permis qu’en cas d’exception le courtier puisse faire une visite pour les gens qui ont besoin de se loger avant le 31 juillet. 

Pour ma part, ça m’a permis de faire cinq transactions au mois d’avril, en plein confinement. C’étaient des urgences, des gens qui devaient se loger pour le mois de mai. J’ai eu quelqu’un qui est arrivé hier des États-Unis et qui n’a même pas vu physiquement le condo qu’il a acheté. Il a envoyé son fils, on a fait une visite virtuelle et hier il est arrivé dans le condo où il s’est mis en confinement. Il est content de la vue et du condo, mais c’est quand même un peu spécial de travailler de cette façon.

Habituellement, j’aurais pu faire une dizaine de ventes, mais c’est quand même miraculeux que j’en aie fait cinq durant le confinement. En fait, j’ai fait cinq visites et cinq ventes. Quand quelqu’un nous demandait une visite, c’est qu’il était très sérieux pour se donner la peine de sortir. 

Q: Quels sont les impacts ressentis ?

R: Nos clients qui veulent vendre trouvent le temps long. On doit les garder patients et optimistes. Au lieu de couper, j’ai doublé ma publicité. Les gens sont chez eux, ils sont confinés, alors ils ont juste ça à faire, magasiner une maison, si c’est leur projet. J’ai avisé mes clients de mon plan d’action. C’est ce que je pouvais faire de mieux : rester présente pour quand on reprendrait nos activités. 

Je crois qu’il se vend toujours environ le même nombre de maisons en une année. J’ai confiance, surtout dans une ville comme Québec. Chaque fois qu’il y a eu une crise immobilière, elle était la moins touchée. Québec était la moins touchée à cause de la stabilité des emplois. Je ne crois pas que le marché de l’immobilier de Québec va chuter comme certains se plaisent à le dire. Comme partout il y aura une fluctuation, mais moins élevée que dans des grandes villes industrielles.

Q: Avec le déconfinement qui s’entame, comment cette expérience transforme vos manières de travailler ?

R: Il y a des contraintes à respecter pour les visites. Un visiteur à la fois. Il faut respecter les deux mètres de distance et apporter des désinfectants pour nettoyer tout ce qu’on touche. On demande au propriétaire d’être absent, ce que j’ai toujours prôné. Je demande au propriétaire d’allumer toutes les lumières et de faire la mise en scène avant de quitter la maison pour qu’on touche aux choses le moins possible. 

Honnêtement, on était déjà beaucoup en télétravail. Le domaine de l’immobilier était déjà bien adapté. Évidemment, il faut prendre les contrats de courtage en personne. Il faut qu’on ait évalué la maison, mais à part ça, toutes les autres transactions se faisaient à distance. Dès qu’une personne avait visité la maison, on faisait la promesse d’achat par signature électronique. On faisait déjà énormément de visites virtuelles de maisons. Vendre une propriété à quelqu’un qui habite en Europe, qui l’a visité en ligne, et à qui il ne reste qu’une visite physique à faire avant de conclure : ça se faisait déjà depuis plusieurs années.

Si j’ai réussi à faire cinq ventes en cinq visites durant le confinement, ça veut dire qu’avec les moyens en place, comme les visites virtuelles, fonctionnent bien. Il y a 38 ans quand j’ai commencé, c’était une autre histoire. On mettait une pancarte devant une maison et on avait peut-être cinquante appels. Il fallait décrire la maison au téléphone ou encore la faire visiter cinquante fois, donc faire cinquante fois le ménage et la visite et le suivi!

[AU FRONT] Caroline Gauthier, intervenante à la DPJ: réinventer le travail sur le terrain 

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[AU FRONT] Caroline Gauthier, intervenante à la DPJ: réinventer le travail sur le terrain 

Partout, des travailleurs et des travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles et économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux et celles pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui montent la garde dans nos vies chamboulées.

Pour les intervenants et intervenantes de la DPJ sur le terrain, la période de confinement a débuté dans l’anxiété, le stress et l’inconnu. Il aura quand même fallu une période d’adaptation pour tous ces professionnels qui, sur le terrain, doivent interagir avec des jeunes en crise et des familles en détresse. Caroline Gauthier est une intervenante de la DPJ qui a œuvré en Montérégie, dans les Laurentides et en Outaouais. Elle s’est confiée au Droit.

***

Comment la pandémie de la COVID-19 affecte-t-elle votre travail au quotidien?

R Il a fallu revoir notre façon d’intervenir auprès de notre clientèle. On ne peut plus se présenter chez une famille sans au préalable planifier l’intervention. Par exemple, on doit se demander comment allons-nous transporter l’enfant et si c’est le cas, dans quel véhicule? Doit-on se rendre au bureau ou directement à la famille d’accueil? Toutes des questions qu’on ne se posait pas avant la pandémie. Aussi, nous devons prendre des mesures de sécurité sanitaire pour nous et pour les familles avec qui nous entrons en contact. 

On doit se rendre dans les milieux de vie pour faire une évaluation juste des risques. Alors, même si l’on respecte à la lettre les consignes de distanciation, il y a des moments où c’est tout simplement impossible. Je ne dis pas qu’on se met à risque, mais ça devient parfois stressant. Même si on est bien préparé, il y a une part d’inconnu dans chacune de nos interventions et le virus ajoute un facteur de risque.

Dans l’urgence ou non, il faut comprendre que le cœur de nos interventions demeure le même. On doit bien évaluer la situation afin de prendre les bonnes décisions pour l’enfant et la famille.

Q Comment votre clientèle réagit-elle aux mesures de confinement et de distanciation lors de vos interventions?

La grande majorité des gens comprend très bien la situation. Évidemment, on ressent parfois une certaine réticence à nous laisser entrer dans la maison, mais on prend le temps de bien leur expliquer nos mesures de sécurité, et s’il le faut, on peut aussi porter des gants et un masque. Chaque intervenant a son propre équipement. Et quand on doit rencontrer les gens à nos bureaux, on s’assure également de la sécurité des lieux. On a des salles adaptées et spécialement aménagées pour cette période de crise. 

Par contre, les contacts de personne à personne sont réduits au minimum. On utilise les moyens technologiques à notre disposition pour mettre en relation les enfants et leurs parents. Aussi, certains contacts sont permis, mais le tout est évalué au cas par cas.

[AU FRONT] La solidarité en héritage

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[AU FRONT] La solidarité en héritage

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui montent la garde dans nos vies chamboulées.

Lorsque le premier ministre François Legault et le directeur de la santé publique Horacio Arruda ont fait appel à la solidarité de tous les citoyens du Québec afin « d’aplatir la courbe » de propagation de la COVID-19, Pierre Tremblay et sa fille Laura Gagnon-Tremblay se sont tout de suite sentis interpellés.

Conscients des limites de chaque citoyen face à l’effort collectif que requiert la pandémie, Pierre Tremblay s’est donné pour mission de venir en aide aux aînés de son quartier en livrant à leur domicile les paniers d’épicerie qu’ils auront pris la peine de commander par téléphone.

Pour l’aider dans sa démarche, outre sa fille, le conseiller municipal sherbrookois s’est tourné vers le Groupe des 100, formé de concitoyens qu’il consulte régulièrement dans le cadre de ses fonctions d’élu municipal. La réponse fut à la hauteur des attentes.

Grâce à eux, depuis le début de la pandémie, des dizaines de personnes âgées reçoivent leurs paniers d’épicerie à la maison, sans avoir à se soucier d’enfreindre les règles liées au confinement.

Q  Expliquez-nous d’où est partie cette initiative?

R  Cela a commencé avec le Groupe des 100, un groupe de citoyens qui travaille avec moi, qui me donnent leur opinion sur différents dossiers politiques à Sherbrooke. À partir de là, on s’est demandé ce qu’on pourrait faire comme « effort de guerre » étant donné que la plupart des bénévoles sont déjà des personnes âgées. On s’est dit qu’on pourrait leur venir en aide à leur tour. Et ce qu’on a retenu comme initiative, c’est de faire leur marché et de leur livrer directement leur panier d’épicerie à la maison. C’est ce qu’on fait, ma fille et moi, avec l’aide de cinq ou six autres bénévoles. On se partage la tâche, à raison de cinq à dix livraisons chaque jour.

Q  Quel impact a eu cette initiative dans votre quartier?

R  Cela a eu deux types d’impact. D’abord, les gens sont extrêmement reconnaissants du fait qu’ils peuvent ainsi recevoir leur épicerie et avoir accès à des produits frais et à tout ce qu’ils ont envie de manger pendant la période de confinement.

Ensuite, on sent que ça leur fait du bien de voir des gens lorsqu’on arrive avec leur épicerie. On peut rester quelques minutes à jaser avec eux tout en respectant, évidemment, les consignes de distanciation sociale. On s’informe d’eux, s’ils vont bien, etc. On voit qu’ils sont bien heureux de pouvoir parler à des gens de l’extérieur.

Q  Que souhaiteriez-vous laisser de cette initiative dans votre quartier une fois la pandémie passée?

R  Je dirais l’entraide. Ça vaut la peine de pouvoir rendre service aux gens. Certains citoyens sont confinés, non seulement à cause de la COVID-19, mais souvent pour des raisons personnelles ou de santé. L’entraide nous amène à réaliser que, comme être humain, on a tous besoin les uns des autres dans la société dans laquelle on vit.

Il ne faut jamais oublier que les gens âgées, que ce soient nos parents, des membres de notre famille ou encore des amis, ont besoin des plus jeunes qu’eux. On leur doit bien ça. Ce sont eux qui bâti la société dans laquelle on vit. Il faut donc être plus près d’eux. On a vu depuis le début de la crise à quel point ils ont été laissés à eux-mêmes. Donc, si on a des voisins plus âgés, il ne faut leur porter une attention particulière, leur demander comment ça va, leur demander si on peut les aider, etc. En assurant une présence auprès d’eux on leur procure en même temps une certaine sécurité.

Sur le plan plus personnel, ce que je retiens de cette expérience-là, c’est qu’elle m’aura permis de passer de bons moments avec ma fille à chaque fois que nous avons eu à effectuer des livraisons. Je suis très heureux de voir qu’elle a cette sensibilité à vouloir aider les autres, elle aussi.

Et pour elle, comme elle aura bientôt 17 ans, et qu’elle est sur le point d’obtenir son permis de conduire, cela lui aura permis de pouvoir conduire l’auto de papa plus souvent…

[AU FRONT] Harley Lemieux, le gardien du supermarché

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[AU FRONT] Harley Lemieux, le gardien du supermarché

Ces travailleuses et travailleurs n’étaient pas destinés à être au front pendant la crise. Mais la COVID-19 a tout changé et ces personnes ont changé de tâche le temps de donner un coup de pouce collectif. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux qui ont répondu à l’appel.

— « Avez-vous des symptômes grippaux, madame ? »

[AU FRONT] Joindre l’utile à l’essentiel

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[AU FRONT] Joindre l’utile à l’essentiel

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui montent la garde dans nos vies chamboulées.

Au lieu de regarder son entreprise asphyxier durant la pandémie, Pierre-Marc Doucet s’est temporairement converti en commis d’épicerie. Le copropriétaire de PM-Ö Terroirs et distinction, qui fabrique et distribue notamment les vinaigrettes Lökkö, n’a pas pu toucher l’aide gouvernementale pour les entreprises puisque la sienne n’était pas encore rentable quand la pandémie s’est déclarée. Par chance, l’entreprise de Pierre-Marc Doucet et de sa conjointe Odile Gagnon avait connu une bonne année avant que tous les évènements et les salons où ils vendent leurs produits soient annulés. Ces ventes représentaient le revenu principal de PM-Ö Terroirs et distinction. Maintenant, ce sont les 40 heures travaillées chez Maxi chaque semaine par Pierre-Marc Doucet qui permettent d’assurer le fonds de roulement de l’entreprise.

Q À quoi ressemblait votre quotidien avant la mi-mars ?

R Nos vinaigrettes Lökkö étaient vraiment devenues la locomotive de notre compagnie dans les dernières années. Je m’occupais autant de la production, de la vente que de la représentation de nos produits. On avait beaucoup de salons de cédulés et on faisait beaucoup d’aller-retour entre Québec et Montréal puisque Montréal demeure notre plus gros marché. 

Comment avez-vous pris la décision d’aller travailler dans un Maxi pour aider votre entreprise?

R On m’a élevé en me disant qu’il fallait se débrouiller et trouver une solution par soi-même. Le 13 mars, tout est tombé un peu mort pour nous. Nos principaux revenus sont en salons et tous les salons sont annulés jusqu’en septembre. J’ai donc décidé que pour préserver l’entreprise j’allais travailler. Je fais 40 heures par semaine au Maxi à côté de chez moi. J’avais commencé avec la livraison d’épiceries, puis finalement j’ai décidé d’être commis dans un Maxi. C’est bon que je travaille, ça me permet d’être dans le moment présent.

Q Pourquoi avoir préféré être commis d’épicerie plutôt que suivre votre idée initiale qui était d’être livreur d’épiceries ?

R Au début, vu la nature de mon entreprise, je me suis dit que je pouvais livrer des épiceries, c’était un peu complémentaire. J’ai travaillé une journée comme livreur. J’ai eu une super belle journée, mais j’ai préféré travailler au Maxi près de chez moi.

Je trouvais qu’il y avait beaucoup de frais associés au véhicule et que ce n’est pas nécessairement une source de revenu stable. Comme livreur, les horaires peuvent varier, ton salaire dépend du pourboire et des commandes. C’est 4 $ la livraison. Il faut en faire beaucoup pour faire un revenu qui a de l’allure. Tandis que comme salarié, mon salaire est assuré et je peux planifier mes paiements. Je trouvais que le poste de commis était plus stable et sécuritaire.

Q Êtes-vous inquiet de vous exposer au virus dans le cadre de votre emploi ?

R Ça ne m’inquiète pas. Mes parents oui, mes beaux-parents aussi, mais ce n’est pas quelque chose qui m’inquiète terriblement. Ça stresse plus mon entourage. En fait, je trouve cela moins stressant que si j’allais livrer des épiceries, parce que là on rentre vraiment dans les maisons pour personnes âgées. 

Q À quoi ressemble votre quotidien maintenant ?

R Je fais deux à trois heures pour mon entreprise le matin, après je vais travailler au Maxi. Je suis vraiment commis sur le plancher. Je fais une job de bras, ce que je ne suis pas habitué de faire. Je suis habitué au montage de salon, ce qui est quand même physique, mais là je compare ça à monter un salon pendant 8h durant une semaine. Je fais à peu près 18 000 pas par jour.

Mes journées de congé, je les passe à livrer ou à emballer les ventes en ligne. J’ai comme deux jobs en ce moment, mais Lökkö ne représente que 10 % de mon temps, admettons. Je tente de me reposer entre les deux.

Q Que fait l’autre copropriétaire durant la crise?

R C’est un peu plus compliqué pour elle. Elle souffre présentement. Elle fait de l’arthrite et de la fibromyalgie. Elle n’a pas accès à ses services habituels, alors physiquement c’est plus intense pour elle. Donc, elle a déjà à gérer cette partie-là, mais on travaille en équipe. Odile a aussi son entreprise de bijoux en origami, Ökibo. De la maison, elle s’occupe des commandes en ligne, elle cuisine et elle fait des commissions. Elle s’occupe de notre parenté, de ses parents et de mes parents; les vieux comme on les appelle. Elle fait un peu de tout. On travaille vraiment en équipe. 

Q Combien de temps pensez-vous continuer à travailler chez Maxi?

R Au moins jusqu’au mois de septembre. On évalue la situation chaque mois, parce qu’on ne sait pas s’il va y avoir une augmentation des ventes en ligne. 

Il faut aussi s’assurer d’avoir de la liquidité pour l’après-crise. Les magasins et les boutiques ne recommanderont pas du jour au lendemain et il faut avoir de l’argent pour pouvoir s’inscrire et participer éventuellement aux salons.

Avec le déconfinement, on va pouvoir repartir un peu les activités courantes. On a reçu les premières directives du MAPAQ et on commence à s’inscrire dans les marchés publics cet été. Ça va peut-être me permettre de travailler plus à temps partiel, mais c’est sûr que je vais avoir besoin d’une rentrée d’argent pour relancer l’entreprise.

[AU FRONT] De prof à bénévole pour aider les autres

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[AU FRONT] De prof à bénévole pour aider les autres

Ces travailleuses et travailleurs n’étaient pas destinés à être au front pendant la crise. Mais la COVID-19 a tout changé et ces personnes ont changé de métier le temps de donner un coup de pouce collectif. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux qui ont répondu à l’appel.

Avec la pandémie, l’engagement citoyen prend un nouveau sens. Plusieurs se sont sentis interpellés par l’appel du gouvernement demandant de se mobiliser pour aider ceux qui se trouvent au front. Élise Robert, enseignante au primaire à l’école Eureka, veut aider, coûte que coûte. Avec son conjoint Simon Dalpé, lui aussi enseignant, elle s’est lancée dans le bénévolat pour faire une différence. Depuis quelques semaines, le couple participe au projet de solidarité citoyenne lancé par le CLSC en partenariat avec la Ville de Granby.

[AU FRONT] D’auteur à livreur... à créateur d’une chaîne de générosité

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[AU FRONT] D’auteur à livreur... à créateur d’une chaîne de générosité

TROIS-RIVIÈRES — Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui le quotidien continue. Des personnes qui permettent d’offrir quelques sourires dans nos vies chamboulées. 

Au début du confinement, l’auteur Guillaume Morrissette a commencé à donner du temps pour livrer l’épicerie à des gens qui ne pouvaient pas quitter la maison. Celui qui a publié sept romans dont L’affaire Mélodie Cormier, s’est rapidement rendu compte que son temps pouvait être mis à profit pour aider des centaines de personnes en ces temps de confinement. Depuis, l’auteur, qui est aussi chargé de cours à l’Université du Québec à Trois-Rivières, a créé une véritable chaîne de générosité en amassant plus de 5000 $ et en fournissant près de 1000 repas à des gens dans le besoin, un «travail» qui le tient occupé six jours sur sept depuis le début de la pandémie.

[AU FRONT] Mélanie Dinel, centre de tri: le recyclage demeure essentiel

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[AU FRONT] Mélanie Dinel, centre de tri: le recyclage demeure essentiel

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui le quotidien continue. Des personnes qui permettent d’offrir quelques sourires dans nos vies chamboulées.

Mélanie Dinel est contremaître des opérations depuis 15 ans au centre de tri de matières recyclables de Tricentris à Gatineau. L’organisme à but non lucratif gère deux autres centres de tri à Lachute et à Terrebonne ainsi qu’une usine de micronisation du verre à Lachute. Tricentris compte quelque 225 employés, dont environ 80 à Gatineau. Les matières viennent des collectes sélectives faites chez les résidents, notamment. Plus de 60 000 tonnes de matières recyclables sont traitées à l’usine gatinoise chaque année.

Q: Comment la pandémie de COVID-19 affecte-t-elle votre travail à l’usine ?

R: En fait, on reçoit plus de choses en ce moment parce que les gens sont davantage à la maison. Ils cuisinent davantage et prennent aussi le temps de faire du ménage. Il y a aussi un arrêt de la collecte de contenants consignés. Les gens n’apportent donc plus leurs canettes et leurs contenants de produits recyclables à l’épicerie. On reçoit environ 20 % de plus de matière au centre de tri qu’à la normale.

[AU FRONT] Patrick Bergeron, col bleu: nouveau regard, plusieurs sourires

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[AU FRONT] Patrick Bergeron, col bleu: nouveau regard, plusieurs sourires

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) poursuivent aujourd’hui une série de portraits de ceux pour qui il n’y a pas d’isolement à la maison. Ces héros du quotidien qui tiennent le fort dans nos vies chamboulées.

Patrick Bergeron fait partie de la soixantaine de cols bleus de la Ville de Magog qui sont toujours au travail malgré la pandémie pour assurer le bon fonctionnement des aqueducs et des égouts, l’entretien des bâtiments et de l’équipement, le nettoyage et les réparations de l’ensemble du réseau routier et aussi faire de la sensibilisation à la COVID-19 dans les parcs. Le représentant syndical raconte comment la pandémie a modifié les méthodes de travail des cols bleus, mais aussi le regard de la population à leur égard.

Q - Comment votre travail a été transformé par la COVID-19?

R - On a divisé les équipes de travail et les quarts de travail pour qu’on soit de plus petits groupes et qu’on se croise le moins possible. Tous les cols bleus permanents sont au travail alors que les temporaires sont au chômage. Maintenant, on désinfecte les camions, l’équipement et les outils tous les jours. Aussi, si une équipe travaille une portion de la semaine et une autre le restant, toutes les installations sont désinfectées que ce soit les poignées de porte ou les rampes de nos départements. La cafétéria a également été divisée en sections pour qu’on ne mange pas avec des gens avec qui on ne travaille pas et il y a des horaires pour les dîners. Les travailleurs ont chacun leurs sections, les départements chacun leurs camions. C’est une grosse gestion.

Q - Est-ce que les cols bleus ont peur d’entrer au travail?

R - C’est certain qu’il y a des craintes chez les travailleurs, mais ils savent qu’on est un service essentiel et ils n’entrent pas au travail à reculons. On est là pour la population. Il y a des gens qui m’appellent pour me dire qu’ils ne sont pas en sécurité et on essaie de trouver des solutions. À titre de représentant syndical, je suis le lien entre les employés et l’employeur. On a généralement une bonne collaboration de la Ville et on trouve des moyens d’aider les travailleurs. On met en place des solutions. Par exemple, le désinfectant. On en a pour chaque camion et chaque employé et on a aussi des gants et des masques à notre disposition.

Q - Est-ce que la pandémie a changé quelque chose dans la façon de percevoir votre travail?

R - Je pense que les citoyens nous apprécient davantage aujourd’hui. Parce que souvent les cols bleus, on a une réputation spéciale comme celle d’être accotés sur nos pelles et d’attendre nos gros fonds de pension. Mais présentement, tout le monde nous salue avec un grand sourire. On n’a jamais vu ça. Je ne sais pas si c’est parce qu’ils se rendent compte qu’on est vraiment essentiel. Comme moi, je suis aux égouts et aqueducs. S’il y a un refoulement, on est essentiel. Certains réalisent qu’ils peuvent manquer d’électricité pendant trois jours, mais leur toilette et l’eau potable, ils ne peuvent pas s’en passer. Je ne sais pas si ça fera changer la vision du monde sur bien des choses et si ces changements seront permanents, mais c’est ce que j’observe présentement.

On a même dû expliquer aux gens de garder leur distance, car il y a beaucoup de monde qui marche dans les rues et qui venait nous parler de près. Ça nous fait plaisir d’expliquer aux gens ce qu’on fait et pourquoi on le fait, mais au départ, les gens venaient trop près et, veux veux pas, on est à risque de contracter le virus.

Q - Quels impacts ce changement d’attitude a eu sur le moral des cols bleus?

R - C’est certain que cela a un effet positif. À condition d’être en sécurité, oui, les cols bleus sont contents d’aller travailler et sont fiers de leur travail. C’est sûr qu’on est à effectif réduit, mais on fait tout pour offrir le service du mieux qu’on peut. On sait, par exemple, que de passer le balai dans les rues, c’est important. Les gens marchent, font du vélo. Ils circulent et eux aussi doivent le faire en toute sécurité. On est très conscient de l’importance de notre travail et on veut le faire pour satisfaire tout le monde. On est là, on n’a pas le choix, on est essentiel et les citoyens s’en rendent davantage compte, je crois. Notre but premier est de les servir.

[AU FRONT] Salubriste: au combat une désinfection à la fois

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[AU FRONT] Salubriste: au combat une désinfection à la fois

Shawinigan — Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui le quotidien continue. Des personnes qui permettent d’offrir quelques sourires dans nos vies chamboulées.

Éric St-Arnaud travaille dans le réseau de la santé depuis 2001. Spécialiste en hygiène et salubrité à l’hôpital du Centre-de-la-Mauricie, à Shawinigan, le salubriste admet que la crise que l’on traverse présentement est du jamais-vu dans toute sa carrière. Malgré tout, son équipe et lui continuent d’être au front pour assurer la désinfection des installations médicales afin de limiter le plus possible la propagation du virus là où il aurait le plus de chances de se propager.

[AU FRONT] Lyne Chicoine, factrice: «On a de l’ouvrage!»

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[AU FRONT] Lyne Chicoine, factrice: «On a de l’ouvrage!»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui le quotidien continue. Des personnes qui permettent d’offrir quelques sourires dans nos vies chamboulées.

Qu’il y ait vent, neige, pluie ou pandémie, les facteurs et factrices comme Lyne Chicoine, qui distribue le courrier à Saint-Alphonse-de-Granby, sont au poste pour acheminer les lettres ainsi que les objets utiles ou de divertissement dont leurs clients sont friands, surtout en temps de confinement. Une tâche qu’ils effectuent avec plus de complexité que d’habitude tout en sachant qu’ils sont, parfois, le rayon de soleil dans la nuit des personnes seules et confinées.

[AU FRONT] Brigitte Deschênes, thanatologue: Apaiser la souffrance des gens endeuillés

Au front

[AU FRONT] Brigitte Deschênes, thanatologue: Apaiser la souffrance des gens endeuillés

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui montent la garde dans nos vies chamboulées.

Brigitte Deschênes est directrice générale de la Résidence funéraire du Saguenay depuis 20 ans. Elle pratique le métier de thanatologue depuis maintenant 45 ans. Depuis le début de la crise de la COVID-19, Mme Deschênes garde le fort sept jours sur sept, afin de soutenir et accompagner les familles endeuillées. Puisque s’il y a une chose qui ne prend pas de pause, c’est bien la mort. Et la dame fait tout en son pouvoir pour apaiser la peine de ceux et celles qui vivent des deuils et qui doivent, eux aussi, affronter la réalité que la planète vit depuis des semaines.

[AU FRONT] Carol-Ann Bélanger, chauffeuse d'autobus: «Je réalise que mon travail est important»

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[AU FRONT] Carol-Ann Bélanger, chauffeuse d'autobus: «Je réalise que mon travail est important»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui montent la garde dans nos vies chamboulées.

Carol-Ann Bélanger conduit les autobus du Réseau de transport de la Capitale (RTC) depuis près de quatre ans, tout comme son conjoint, et son père. C’est une histoire de famille. La pandémie a permis au trio et à leurs collègues de réaliser l’importance de leur travail, soit d’assurer un déplacement essentiel à ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un taxi, ceux qui n’ont pas d’auto par choix ou encore ceux qui n’ont pas une assez bonne condition physique pour marcher de longues distances.

Q Le RTC a dû s’adapter rapidement pour continuer d’assurer ses services. Comment l’adaptation s’est déroulée pour vous?

R C’est très stressant, on se fait dire beaucoup d’informations et on fait le tri là dedans. Il ne faut juste pas se décourager. Au début, on ne savait pas si on allait même continuer de travailler sans danger. Ça a été difficile, tout le monde était dans l’inconnu, pas juste les chauffeurs, mais aussi tous les employés du RTC. On y va au jour le jour, j’apprécie vraiment cette belle fraternité au sein des chauffeurs de l’équipe. Tout le monde se veut rassurant, on s’est tous calmés, on se parle. 

Les mesures ont été prises rapidement, c’était rassurant. Les autobus sont nettoyés souvent, on a tous les outils pour désinfecter. Aujourd’hui, je me dis contente de travailler et chanceuse de continuer. Étant donné qu’on est en contact avec la population, on se met des restrictions supplémentaires pour être certains de ne contaminer personne. C’est dur, il faut tenir le coup.

Q Vous êtes justement exposée au virus tous les jours, est-ce que ça vous rend inquiète? Est-ce que vous redoutez certains comportements des clients?

R C’est sûr que oui, je vais être honnête. Plus les jours avancent, plus la situation est critique. La crainte de contamination était là surtout au début de la crise, avec un achalandage plus normal. On ne se cachera pas qu’il y a une grosse baisse d’achalandage, mais beaucoup de gens continuent de prendre le transport en commun, que ce soit pour le travail ou pour l’épicerie.

C’est sûr que j’ai tendance à regarder plus ce que font les clients à l’intérieur du bus, par précaution. Ça ne m’est jamais arrivé d’appeler du renfort, les gens respectent la distanciation sociale et les règles du RTC. On ne remarque pas plus de comportements inappropriés que d’habitude. J’ai beaucoup plus de «merci» et de «bonjour» depuis la crise, les gens sont sensibilisés. Je trouvais qu’on en parlait pas beaucoup des chauffeurs d’autobus, on parle des travailleurs de la santé et c’est normal, c’est eux qui sont au front. Il y a d’autres personnes qui continuent de travailler et qui sont exposées.

Je le vois dans les médias, des histoires de cracher par terre ou tousser pour niaiser... Je trouve ça dommage de rire de cette situation-là. Nous, on le voit tous les jours que c’est sérieux. J’en suis témoin et j’espère que les gens vont se rendre compte de l’ampleur que ça prend! 

[AU FRONT] André-Philippe Côté, caricaturiste: «Les gens ont besoin d’humour»

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[AU FRONT] André-Philippe Côté, caricaturiste: «Les gens ont besoin d’humour»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui le quotidien continue. Des personnes qui permettent d’offrir quelques sourires dans nos vies chamboulées.

André-Philippe Côté est caricaturiste au journal Le Soleil depuis plus de 20 ans. Un nombre incalculable d’événements de l’actualité a influencé ses dessins, parfois des moments positifs, d’autres un peu plus négatifs. Une pandémie, c’est une première. Depuis que le confinement est ordonné, le caricaturiste permet aux lecteurs de sourire tous les jours. Aussi sérieuse que la situation puisse être, il faut bien se permettre de rire un peu.

Q  Cette crise sanitaire dure depuis plusieurs semaines, les nouvelles du monde entier tournent autour de ce même virus. Comment le confinement change-t-il votre travail?

   La vie est la même, je sors peu, je dessine à la maison et j’envoie mes dessins à la rédactrice en chef par courriel. Au niveau professionnel par contre, être pendant six semaines sur le même sujet, c’est une pression supplémentaire. Il faut se démarquer, il faut se distinguer des autres, ne pas faire ce qui a déjà été fait, ça devient un long marathon, il faut avoir du souffle longtemps. Il arrive que je fasse un dessin et ensuite je vois que quelqu’un l’a déjà fait et je recommence. Tout le monde a des idées originales, pas juste les caricaturistes.

Il y a des fois où j’ai une petite panique, je cherche des idées et j’ai l’impression de ne rien trouver. Mais ça continue, c’est plus stressant.

Q  La première caricature avec le coronavirus comme thème est parue dans Le Soleil le 24 février. On y voit le célèbre Petit Prince sur une nouvelle planète : «Dessine-moi un vaccin». Le dessin a d’ailleurs connu une ampleur incroyable, même en France et partout dans le monde. Est-ce qu’on avait imaginé une telle tournure des événements?

R    Non! C’est l’événement le plus important, surtout par son amplitude. Ça fait six semaines que je travaille 100 % sur le sujet, je n’ai jamais vu ça. Je ne pensais pas que c’était possible, je n’aurais jamais imaginé quelque chose comme ça. On en parlait, mais on ne se sentait pas du tout menacés. Les gens partaient en voyage. Je suivais la situation quand même, c’était majeur en Chine. Finalement on est dedans, et ce n’est peut-être pas la dernière pandémie.

J’ai essayé de parler d’autres choses, mais ça ne marche pas. J’ai beau essayer, mais on dirait que je ne suis pas sur la même planète. Je prends quelque chose d’extérieur et je le ramène toujours à la pandémie, les gens ne parlent que de ça.

Q    Dans vos dessins, on laisse beaucoup de côté la politique, mis à part quelques exceptions. Vous mettez en scène les familles, les gens qui vivent leur confinement. Et ça semble bien fonctionner, pourquoi?

   J’ai toujours fait ça. Ça me plaît parce que j’ai toujours privilégié une démarche plus sociologique, entrer dans le quotidien des gens plutôt que de s’attaquer aux politiciens. La pandémie, elle touche le quotidien des gens dans leurs relations, leurs déplacements, leur vie. Il n’y a pas meilleur angle. Je l’ai dessiné une fois, le docteur Arruda. C’est un gars bien, il fait une belle job, mais je n’ai pas insisté là-dessus. Ça devient facile un dessin en hommage à Arruda.

Je suis assez étonné de la réponse, ce que je perçois, c’est que les gens veulent rire, ils ont besoin de l’humour. C’est incroyable le nombre de blagues que je reçois chaque jour. Il ne faut pas rire des gens qui ont la maladie ou des choses comme ça, mais on a besoin de respirer, l’humour amène un nouveau souffle.

Le nombre de lecteurs a explosé, le nombre de commentaires et de réactions sur ma page Facebook, et de courriels... Ça a augmenté de 50 %, je dirais, depuis la crise. L’effet est que ça fait du bien, ce n’était pas nécessairement recherché de ma part. Je voulais faire le portrait de la pandémie à travers la réaction des lecteurs. Il y a de l’angoisse par rapport à ça, c’est un ennemi invisible et on a besoin de s’échapper.

Q    La caricature montrant des employés de la SAQ parmi les héros du Québec a suscité beaucoup de réactions. Est-ce que les gens se montrent plus sensibles par rapport aux blagues?

   C’est probablement la caricature qui a créé le plus de débats. C’est assez comique que l’alcool soit un besoin essentiel au même titre que la nourriture. Je voulais tourner vers la dérision... On ferme tout sauf l’alcool et les hôpitaux. Il y en a qui ont pris ça au premier degré, c’est correct, ça n’arrive jamais qu’un dessin soit unanime. On le sait quand un dessin va être plus limite, on le voit venir et on ne peut pas l’éviter. Je sens quand même ce besoin d’humour, mais un humour consensuel, on doit sentir qu’on le partage. On a besoin de se sentir solidaires.

Mon recueil de caricatures de l’automne, ça va pratiquement être un spécial COVID-19, à part les membres du Soleil, il y a plein de dessins qui n’ont jamais été vus. 

À LIRE AUSSI: Une caricature sur le coronavirus propulse André-Philippe Côté à la une du Courrier international

[AU FRONT] Natalie Ward, d’Héma-Québec: «Un simple sourire vaut mille mots»

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[AU FRONT] Natalie Ward, d’Héma-Québec: «Un simple sourire vaut mille mots»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopération nationale de l’information indépendante publient une série de portrait de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison, ni télétravail. Ces héros du quotidien qui tiennent le fort dans nos vies chamboulées.

C’est le cas de Natalie Ward, préposée aux services aux donneurs au Salon PLASMAVIE de Gatineau depuis quatre ans. Pour les habitués de l’endroit, l’employée d’Héma-Québec est celle qui accueille, inscrit et accompagne les donneurs de sang, de plasma ou de lait maternel. Veillant à la satisfaction et à la fidélisation de la clientèle, elle est aussi l’un des visages qui, par sa grande écoute et son humanité, rassurent les nouveaux venus qui pourraient avoir certaines craintes. Mme Ward a entre autres également comme tâches de préparer, monter et démonter les instruments et appareils en vue du don, en plus de préparer, sceller, étiqueter et emballer les échantillons et les produits sanguins. Le dynamisme et les relations interpersonnelles, c’est son affaire.

***

Q Depuis le début de la crise, en quoi votre quotidien au travail a changé?

R C’est certain que l’achalandage est plus élevé, avec l’appel à tous lancé par le premier ministre Legault. D’autre part, nos mesures d’hygiène et notre protocole pour le nettoyage, qui étaient déjà des choses très importantes pour nous, ont été renforcées. On nettoie et stérilise chaque surface à l’entrée des gens, on prend la température de tout le monde qui entrent au salon, on désinfecte systématiquement les cabines et chaises de prélèvement. On s’assure que tout le monde qui fait un don est en santé.

Q Votre travail consiste à côtoyer le public sur une base quotidienne, à les accompagner parce qu’ils viennent poser un geste généreux, sur une base volontaire. La distanciation sociale étant tout le contraire de notre nature comme humains, quel est votre état d’esprit?

R Je me dis que ce n’est pas deux mètres de distance qui vont nous empêcher d’avoir une relation étroite avec une personne. On se trouve une autre façon de communiquer, l’amour et le respect sont des valeurs à avoir avec les autres. On peut aller au delà de ça, rien n’empêche d’être de bonne humeur. On peut communiquer avec un simple sourire, qui vaut mille mots. Même si on se sent tous vulnérables, chaque être humain vaut un sourire, il ne faut pas l’oublier. Et les règles, on doit les respecter car on a une responsabilité sociale envers ceux qui se déplacent, tandis que nous, on doit demeurer en santé pour continuer à pouvoir se présenter au travail.

Q Jusqu’à quel point l’appel lancé par le premier ministre François Legault et Héma-Québec pour demander à la population en santé de continuer à faire des dons de sang et de plasma pendant la pandémie a été entendu sur le terrain?

R Il y a un plus gros achalandage, c’est vraiment beau de voir un tel mouvement de solidarité. Le nombre d’appels a doublé au départ, là ça se stabilise. Vous savez, du plasma, on peut en donner tous les six jours, donc les gens reviennent. C’est un peu leur sortie officielle de la maison. Il y a aussi beaucoup de nouveaux donneurs. Ce sera important de les remercier et de les inciter à revenir. Les produits comme le plasma, c’est important pour nos receveurs et pas uniquement en période de crise. Le plasma, on ne peut pas l’inventer, il n’y a pas de recette magique. Il ne faudrait pas que les gens oublient ce geste une fois qu’ils retomberont dans la routine. 

[AU FRONT] Pierre-Olivier Tremblay: l’Église au temps du confinement

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[AU FRONT] Pierre-Olivier Tremblay: l’Église au temps du confinement

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) poursuivent une série de portraits de ceux pour qui il n’y a pas d’isolement à la maison. Ces héros du quotidien qui tiennent le fort dans nos vies chamboulées.

Même si l’Église n’est pas un service essentiel au sens de l’État, le recteur du Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap et évêque auxiliaire de Trois-Rivières, Mgr Pierre-Olivier Tremblay, est au front ces jours-ci, à l’écoute de ceux et celles qui cherchent un sens, qui se sentent seuls et qui doivent apprendre à vivre loin de la communauté qu’ils aimaient fréquenter. À quelques jours de la fête de Pâques, c’est aussi l’occasion pour l’Église de se réinventer, d’être plus proche que jamais des gens, malgré la distance, croit-il.

[AU FRONT] Esther Laframboise, directrice en prévention du suicide: «On cultive l’espoir»

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[AU FRONT] Esther Laframboise, directrice en prévention du suicide: «On cultive l’espoir»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l'arrêt d'un nombre incalculable d'activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui montent la garde dans nos vies chamboulées.

Le mot crise est intimement lié à la détresse. En cette période de pandémie, la directrice du Centre de prévention du suicide (CPS) de la Haute-Yamaska, Esther Laframboise, est en première ligne avec son équipe pour soutenir la population dans cette épreuve aux nombreuses ramifications, tant sur le plan personnel que professionnel. Dans ce tumulte, les collègues ont également dû se serrer les coudes pour garder le cap.

[AU FRONT] Pierre Paquin, bénévole à la Saint-Vincent-de-Paul: continuer de penser aux autres

Au front

[AU FRONT] Pierre Paquin, bénévole à la Saint-Vincent-de-Paul: continuer de penser aux autres

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) poursuivent une série de portraits de ceux pour qui il n’y a pas d’isolement à la maison. Ces héros du quotidien qui tiennent le fort dans nos vies chamboulées.

Avec raison, on parle beaucoup des travailleurs de la santé, des commis d’épicerie, des camionneurs et des préposées dans les résidences pour personnes âgées, pour ne nommer que ceux-là, qui sont littéralement sur la ligne de front de cette pandémie. Mais il y a aussi de nombreux bénévoles qui, dans l’ombre, poursuivent leur mission d’aider les autres, et ce, tout à fait gratuitement. C’est le cas de Pierre Paquin, un bénévole de longue date de la Saint-Vincent-de-Paul de Chicoutimi, qui voit de quelle façon cette pandémie affecte les plus démunis. Humble et réservé, l’homme a accepté de répondre à nos questions, dans le cadre de la série Au Front.

[AU FRONT] Patricia Rainville, journaliste: journalisme, pandémie et hypocondrie

Au front

[AU FRONT] Patricia Rainville, journaliste: journalisme, pandémie et hypocondrie

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les médias de la Coopérative nationale de l’information indépendante (CN2i) poursuivent une série de portraits de ceux pour qui il n’y a pas d’isolement à la maison. Ces héros du quotidien qui tiennent le fort dans nos vies chamboulées.

Bien qu’ils ne soient pas en première ligne, comme le personnel de la santé et les travailleurs des services d’urgence, les journalistes continuent d’effectuer leur travail afin que la population soit le mieux informée possible. Les journalistes et les photographes restent aux premières loges de cette pandémie qui frappe actuellement le Québec. Dans le cadre de la série Au front, la journaliste du Quotidien et du Progrès Patricia Rainville explique comment se déroulent ses journées et comment elle arrive à gérer la situation comme personne anxieuse et hypocondriaque.

[AU FRONT] Patrick Kenney, policier: «C’est un privilège»

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[AU FRONT] Patrick Kenney, policier: «C’est un privilège»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopération nationale de l’information indépendante amorcent aujourd’hui une série de portrait de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison, ni télétravail. Ces héros du quotidien qui tiennent le fort dans nos vies chamboulées.

Patrouilleur pour le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) depuis 2012, Patrick Kenney ne le cache pas: la crise de la COVID-19 à laquelle nous sommes tous actuellement confrontés est un «événement qui met au défi les autorités policières», sachant que son travail est en constante évolution. Le père de quatre adolescents, qui doit concilier travail et famille puisqu’il est en autopatrouille autant le jour, le soir que la nuit, a également oeuvré comme policier à la Sécurité publique de la MRC des Collines-de-l’Outaouais puis comme patrouilleur en vélo à l’Université d’Ottawa. 

Q Jusqu’à quel point votre quotidien de policier a changé depuis le début de la crise?

R Oui, en ce sens où il y a un peu moins d’activité, moins de trafic sur les routes. La majorité des commerces sont fermés aussi, alors il y a évidemment une diminution du nombre de vols à l’étalage. Le nombre d’appels a beaucoup diminué également, la majorité des gens respectent les consignes d’isolement. Par contre, dans les derniers jours, il y a eu une hausse du nombre d’appels liés à des dénonciations.

Q On nous a soufflé à l’oreille que vous avez eu une initiative personnelle au tout début de la crise pour donner un coup de pouce à vos collègues. Laquelle?

R En discutant avec un collègue de travail au sujet des emplois des services essentiels, parce que dans son cas, sa conjointe est paramédic et ils ont de jeunes enfants, je lui ai dit que les miens étaient grands et qu’on pourrait aider. De là m’est venue l’idée de s’entraider pour le gardiennage, parce qu’ils n’étaient pas seuls dans ce bateau-là. Ma fille a créé une page Facebook, avant que le gouvernement n’annonce qu’il y aurait des services de garde d’urgence (NDLR: qui ne sont pas ouverts le soir et la nuit, quarts de travail possibles pour les policiers, par exemple). Ce n’est donc plus très populaire, mais ça pourrait continuer dans le futur (après la crise), ne serait-ce que quand certains veulent une gardienne, car ils veulent faire une sortie de couple.

[AU FRONT] Émilie Jacques, préposée aux bénéficiaires en chirurgie: «On a un rôle important à jouer»

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[AU FRONT] Émilie Jacques, préposée aux bénéficiaires en chirurgie: «On a un rôle important à jouer»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l'arrêt d'un nombre incalculable d'activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui montent la garde dans nos vies chamboulées.

Les effectifs du réseau de la santé mènent un combat de tous les instants pour éviter la propagation du coronavirus, cet ennemi invisible et sournois qui sévit à travers le globe. La préposée aux bénéficiaires Émilie Jacques fait partie de ces professionnels de la santé qui se dévouent depuis des semaines pour le bien de la communauté. En 15 ans dans le département de chirurgie à l’Hôpital Brome-Missisquoi-Perkins (BMP), jamais elle n’a affronté pareille crise sanitaire.

[AU FRONT] Sylvain Mayer, photographe de presse: «La pire expérience»

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[AU FRONT] Sylvain Mayer, photographe de presse: «La pire expérience»

Trois-Rivières — Le rôle des photographes de presse et des journalistes prend tout son sens en temps de crise. Si plusieurs journalistes sont en mesure de faire du télétravail, les photographes sont généralement les premiers qui arrivent au front pour tenter de capter l’événement dans des conditions de travail souvent difficiles. Ils ont dû modifier leurs méthodes de travail afin de respecter les consignes de sécurité. Le photographe Sylvain Mayer exerce cette profession depuis 35 ans au journal Le Nouvelliste. À force de côtoyer quotidiennement les drames humains, il croyait avoir tout vu... jusqu’à l’arrivée de ce coronavirus.

Q  Qu’est-ce qui caractérise le travail d’un photographe dans une crise comme celle que l’on vit actuellement?

[AU FRONT] Luc Raymond, dg résidence pour aînés: «Pour le moment leur famille, c’est nous»

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[AU FRONT] Luc Raymond, dg résidence pour aînés: «Pour le moment leur famille, c’est nous»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles et économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui tiennent le fort dans nos vies chamboulées.

Luc Raymond est à la tête d’ÉKLA, l’une des résidences pour aînés du Groupe Maurice. Devant la crise du coronavirus, nombre de nouvelles mesures ont été mises en place pour protéger ces personnes parmi les plus vulnérables de la société. Avec passion en compagnie de son équipe d’une soixantaine d’employés, il veille sur les quelque 568 résidents qui ont vu leur quotidien se transformer au cours des dernières semaines. Une «nouvelle famille» pour ces gens qui, confinement oblige, se retrouvent à l’abri du virus… et des liens sociaux.

[AU FRONT] Marie-Karlynn Laflamme, de l'UQAC: la communication, le nerf de la guerre

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[AU FRONT] Marie-Karlynn Laflamme, de l'UQAC: la communication, le nerf de la guerre

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l’arrêt d’un nombre incalculable d’activités sociales, culturelles, économiques. La Coopérative nationale de l’information indépendante vous propose une série de portraits de ceux qui doivent garder le fort, malgré la crise qui chamboule tout le monde. Des héros du quotidien de plusieurs secteurs d’activités, qui demeurent en poste malgré un Québec qui est en pause.

La directrice du Service des communications et des relations publiques à l’Université du Québec à Chicoutimi, Marie-Karlynn Laflamme, n’a pas quitté son poste depuis le début de la crise, à la mi-mars. Bien que le milieu de l’éducation soit, lui aussi, sur pause, la relationniste travaille de 7h30 à 22h, histoire de répondre à toutes les demandes, autant de la part des médias que de la population universitaire. Et, selon elle, la communication reste le nerf de la guerre.

[AU FRONT] Jean-Philippe Guyon, paramédic: «On est des acteurs de première ligne»

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[AU FRONT] Jean-Philippe Guyon, paramédic: «On est des acteurs de première ligne»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l'arrêt d'un nombre incalculable d'activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui montent la garde dans nos vies chamboulées.

Paramédic depuis 17 ans et superviseur au sein de l’entreprise ambulancière Dessercom à Granby, Jean-Philippe Guyon est au cœur de l’action. En carrière, il n’a jamais vécu une crise de l’ampleur de celle de la COVID-19 qui frappe présentement le monde entier. Ses collègues de travail et lui sont sur la ligne de front. Malgré l’inquiétude et la peur, ils gardent le moral et sont prêts à intervenir auprès de la population.

[AU FRONT] Yves Morin, camionneur: «Ça a changé la dynamique»

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[AU FRONT] Yves Morin, camionneur: «Ça a changé la dynamique»

Partout, des travailleurs et travailleuses sont au front malgré l'arrêt d'un nombre incalculable d'activités sociales, culturelles, économiques. Les journaux de la Coopérative nationale de l’information indépendante publient une série de portraits de ceux pour qui il n’y a ni isolement à la maison ni télétravail. Ces héros du quotidien qui montent la garde dans nos vies chamboulées.

Le transport de marchandises représente un rouage majeur dans l’économie du pays et une façon éprouvée d’avoir accès à une longue liste de produits. Yves Morin, 52 ans, compte près de 20 ans d’expérience comme camionneur, dont les trois dernières à l’emploi de la compagnie drummondvilloise Bourret International. Ce résident de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, en Mauricie, est à même de constater que la COVID-19 a créé des changements importants dans son travail, du jamais-vu dans sa carrière.