Bien des nouveaux arrivants sont passés par le bureau de Goran Katavic, au Carrefour jeunesse emploi de l'Outaouais, dont Georgette Légitime.
Bien des nouveaux arrivants sont passés par le bureau de Goran Katavic, au Carrefour jeunesse emploi de l'Outaouais, dont Georgette Légitime.

Travailler, s'épanouir, s'intégrer

Guillaume St-Pierre
Guillaume St-Pierre
Le Droit
Georgette Légitime a quitté son pays natal pour s'installer au Canada, à la recherche de sécurité, de stabilité et de meilleures perspectives d'avenir. Si aujourd'hui elle ne regrette pas son choix, il en était tout autrement il y a un peu plus d'un an.
L'intégration à la société d'accueil passe entre autres par le marché du travail. Or, de nombreux immigrants en sont écartés par méconnaissance des règles du jeu. Le Carrefour jeunesse emploi de l'Outaouais (CJEO), par l'entremise de son programme Passeport travail, qui célébrait ce week-end ses 20 ans d'existence, permet aux nouveaux arrivants d'acquérir les outils pour s'adapter au marché de l'emploi québécois.
Mme Légitime était complètement défaite lorsqu'elle s'est présentée au CJEO pour la première fois, après des années de frustrations à se cogner le nez sur des portes closes chez des employeurs.
«J'étais tellement découragée, je suis entrée dans le bureau de Goran Katavic (sur la photo) et j'ai pleuré de toutes mes larmes, raconte-t-elle. Je ne trouvais pas d'emploi. Partout on me disait que j'avais un bon CV, mais que je n'avais pas d'expérience.»
En quelques semaines, Mme Légitime a appris les techniques de recherche d'emploi et d'entrevue et a refait son CV. Son apprentissage lui a vite permis de trouver un travail dans son domaine.
Les nombreux obstacles à l'emploi ont de graves conséquences sur la santé de certains nouveaux arrivants, souligne la coordonnatrice du programme Passeport travail, Véronique Bernier. Parfois, la dépression les guette. «La plupart des gens qui viennent chercher de l'aide sont au Canada depuis moins de trois mois, souligne-t-elle. Ils rencontrent toutes sortes de barrières: les ordres professionnels, la langue, les différences culturelles...»
Mme Bernier refuse de parler de racisme, mais les nouveaux arrivants doivent aussi combattre «l'ignorance» des employeurs.
«Ce ne sont pas tous les employeurs qui sont ouverts, explique-t-elle, précisant que 80% des nouveaux arrivants possèdent un diplôme postsecondaire. Le Québécois moyen ne connaît pas toujours l'apport positif de l'immigration. Ce n'est pas du racisme, c'est de la méconnaissance de l'autre.»
Gstpierre@ledroit.com