Un «chiffres d’affaires» avec ça? C’est ce que l’affichage d’un bistro extérieur de la Commission de la capitale nationale (CCN) proposait jusqu’à tout récemment à sa clientèle francophone pour accompagner leur café.
Un «chiffres d’affaires» avec ça? C’est ce que l’affichage d’un bistro extérieur de la Commission de la capitale nationale (CCN) proposait jusqu’à tout récemment à sa clientèle francophone pour accompagner leur café.

Traductions boiteuses: un «chiffres d’affaires» avec votre café?

Un «chiffres d’affaires» avec ça? C’est ce que l’affichage d’un bistro extérieur de la Commission de la capitale nationale (CCN) proposait jusqu’à tout récemment à sa clientèle francophone pour accompagner leur café.

Plutôt que d’écrire «chausson» comme équivalent français de «turnover», on offre des «chiffres d’affaires», tandis que «desert» devient «deserte» en français et que «hamburger» devient la ville allemande «Hambourg».

Questionnée par Le Droit sur ces traductions boiteuses, la CCN indique qu’elle n’était pas au courant de la situation.

«La CCN fait une priorité de ses engagements quant à l’application de la Loi sur les langues officielles du Canada. Pour cette raison, elle présente ses excuses quant à la mauvaise qualité du français au Bistro du parc des Rapides-Remic», écrit la société d’État dans une réponse écrite.

«La CCN fait un suivi immédiat auprès de l’exploitant. Les employés de la CCN effectuent et effectueront des visites fréquentes sur place au Bistro au parc des Rapides-Remic pour assurer que les observations et les commentaires du public sur le sujet seront pris au sérieux», ajoute la CCN.

Les bistros de la CCN — comme celui du parc des Rapides-Remic — sont opérés par des entreprises privées. Le service et l’affichage dans les deux langues officielles sont des obligations indiquées dans tous les baux pour des espaces commerciaux sur un terrain de la CCN.

«Ces contrats prévoient aussi du soutien aux locataires commerciaux, mais aussi des visites d’inspection et de vérification pour assurer qu’ils (et elles) respectent leurs obligations et demeurent en concordance avec les attentes stipulées», indique la société d’État dans sa réponse écrite.

La présidente de l’ACFO Ottawa, Soukaina Boutiyeb, se dit heureuse que la CCN ait accepté la responsabilité de l’incident et qu’elle présente des excuses. L’organisme de promotion de la francophonie prône toutefois pour une intervention proactive pour veiller à ce que les services soient offerts correctement dans la langue de Molière.

«C’est sûr que l’idéal, c’est d’être proactif, affirme Mme Boutiyeb. Il faut s’assurer que le travail est fait et offrir des ressources aux locataires pour s’assurer qu’ils soient en mesure de respecter les règles.»