Les élus gatinois ont bloqué, mardi soir, la demande de changement au schéma d’aménagement de la Ville qui aurait permis au promoteur d’ériger au 1415, rue Saint-Louis, un complexe commercial.

Toyota Gatineau: le maire défend la décision du conseil

Le maire Maxime Pedenaud-Jobin avait une réponse toute prête à offrir à ceux qui estiment que le conseil municipal nuit au développement économique de la Ville en rejetant la demande de modification au schéma d’aménagement de l’homme d’affaires Normand Poirier pour construire son concessionnaire automobile Toyota Gatineau, en zone inondable, dans le secteur Pointe-Gatineau.

« Il y a eu des conséquences économiques aux inondations du printemps, a insisté le maire de Gatineau, mardi, après que le conseil eût refusé la demande de l’homme d’affaires. Il y a eu des conséquences économiques pour les commerçants et les résidents. Tout ça a coûté une fortune à la Ville et une fortune au gouvernement du Québec. »

Le président de la commission de développement économique de la Ville de Gatineau, Jean-François LeBlanc, était plutôt d’avis que le projet de développement commercial en zone inondable proposé par M. Poirier devait obtenir l’aval du conseil. « Il faut être capable d’accepter des projets, on ne peut pas développer la ville en disant non à tous les projets », a-t-il argumenté. 

Pour le maire Pedneaud-Jobin, préparer le secteur Pointe-Gatineau en prévision d’une autre inondation relève de la saine gestion. « Même en ayant en tête le développement économique, on ne peut pas isoler ce dossier [Toyota Gatineau] de l’avenir de tout le quartier. La première chose à faire est de ne pas agir comme s’il n’y avait pas eu d’inondation. Il y en a eu et cela a laissé des traces extrêmement pénibles. On a l’obligation de revoir comment on protège ce quartier. »

Bilan

Le dossier des inondations reviendra d’ailleurs au coeur de l’actualité, mardi prochain, alors que le gouvernement du Québec et ses différents partenaires feront le bilan des inondations du printemps dernier. La gestion de la crise, la communication entre les différents intervenants, la gestion des barrages hydroélectriques et la reconstruction seront tous des sujets à l’ordre du jour. Le maire de Gatineau, des représentants de la direction générale et quelques sinistrés feront le voyage jusqu’à Québec afin d’interpeller le gouvernement. 

« La gestion des barrages fera partie de notre intervention, a indiqué le maire Pedneaud-Jobin. Je pense que ça doit faire partie de la discussion. Au moment où l’on se parle, les gens regardent déjà les niveaux d’eau des barrages et se demandent ce qu’Hydro-Québec est en train de faire pour préparer le printemps. C’est un gros facteur d’inquiétude pour les citoyens. »

M. Pedneaud-Jobin ajoute qu’il y a « de toute évidence » de choses qui ne fonctionnent pas dans la gestion gouvernementale des suites des inondations. « Ça fait des mois que c’est terminé et il y a encore des sinistrés qui sont dans le trouble, dit-il. Il y a de la neige là. On ne peut pas revivre ça. »