Selon Patrick Nadeau, l’annonce ne signifie aucun changement à la technologie de gestion de déchets près de la surface qui est proposée, et l’emplacement du site près de la rivière des Outaouais pose encore problème.
Selon Patrick Nadeau, l’annonce ne signifie aucun changement à la technologie de gestion de déchets près de la surface qui est proposée, et l’emplacement du site près de la rivière des Outaouais pose encore problème.

Toujours «beaucoup de préoccupations»

Paul Gaboury
Paul Gaboury
Collaboration spéciale
Si la décision des Laboratoires nucléaires canadiens (LNC) de stocker uniquement des déchets radioactifs de « faible activité » à son dépotoir proposé de Chalk River est qualifiée « de bonne décision », le projet soulève toujours « beaucoup de préoccupations ».

« Dès le premier jour, Sentinelle de la rivière des Outaouais et plusieurs autres groupes ont signalé que l’inclusion de déchets radioactifs d’activité intermédiaire dans ce projet n’était pas conforme aux normes internationales. Ceci est une bonne décision et un renversement qui montre le pouvoir de la participation publique et de l’examen minutieux. Cela dit, nous avons toujours beaucoup de préoccupations concernant ce projet » a expliqué Patrick Nadeau, directeur général du groupe Sentinelle de la rivière des Outaouais, le premier groupe à avoir sonné l’alerte à l’égard de ce projet il y a plus d’un an.

Selon M. Nadeau, l’annonce ne signifie aucun changement à la technologie de gestion de déchets près de la surface qui est proposée, et l’emplacement du site près de la rivière des Outaouais pose encore problème. 

« De plus, nous attendons encore de l’information plus détaillée au sujet des critères d’admission des déchets. Qu’est-ce qui sera ou ne sera pas accepté comme déchet exactement ? Ces détails inconnus sont essentiels pour que la Commission canadienne de sûreté nucléaire détermine si le projet entraînerait des effets environnementaux néfastes importants », a ajouté M. Nadeau. Celui-ci souligne que le volume de déchets « intermédiaires » représentait environ 1 % du volume de déchets dans le projet initialement proposé à Chalk River. 

Jeudi, le consortium LNC a annoncé qu’il avait réévalué son projet de dépotoir de déchets radioactifs près de la surface proposé à Chalk River pour stocker uniquement des déchets radioactifs de faible activité dans l’installation. 

Ces déchets respecteront les lignes directrices établies pour les déchets radioactifs de faible activité par l’Agence internationale de l’énergie atomique, a fait savoir LNC.

Quelque 200 commentaires ont été reçus au sujet du projet et LNC indique avoir pris en compte les commentaires de la CCSN et du public dans le processus d’évaluation environnementale. 

Le député Amos réagit

« L’aspect de ces déchets intermédiaires a été mal reçu par un nombre important de groupes et individus et cette décision  tient compte de cette préoccupation. Cette nouvelle indique que la voix du public n’a pas été ignorée. Mais il y a d’autres préoccupations. Nous n’avons pas encore vraiment commencé. Il faudra maintenant attendre le projet final pour entreprendre le processus d’évaluation environnementale. Moi, je me suis mis sur la ligne de feu et me suis impliqué afin que les citoyens s’engagent dans le processus réglementaire d’évaluation. Il faut que la CCSN gère son processus avec rigueur et une approche basée sur la science et la preuve », a mentionné le député fédéral du Pontiac, William Amos.  

La prochaine étape consistera pour les LNC à répondre aux 200 commentaires exprimés par les divers intervenants. Si la CCSN l’accepte, il restera à mettre à jour et à finaliser l’étude d’impact environnemental suivie par des audiences publiques. Ces audiences pourraient avoir lieu au printemps. « Tout va très vite, et il faut se rappeler que la CCSN n’a jamais refusé un projet », a rappelé M. Nadeau.

UN GRAND PAS EN AVANT SELON LES INTERPRÈTES

Le Bureau de la traduction annonce la nomination de Julie Poirier au poste de dirigeante principale de la qualité, un poste nouvellement créé dans la foulée des mesures prises par le gouvernement pour redorer le blason de cette institution fédérale.

«C’est un grand pas en avant pour le gouvernement fédéral et l’engagement qu’il a pris d’offrir au public canadien un accès égal aux délibérations des institutions démocratiques du pays dans la langue de son choix», indique Nicole Gagnon, porte-parole de l’Association internationale des interprètes du Canada (AIIC-Canada).

En février dernier, l’ex-ministre des Services publics et de l’Approvisionnement Judy Foote avait annoncé plusieurs mesures visant à répondre aux inquiétudes exprimées à l’égard de la qualité des services de traduction et d’interprétation en langues officielles offerts par le BT. Les problèmes avaient été mis en lumière en juin 2016 dans un rapport du Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes qui recommandait des changements de fond au sein du BT.

L’AIIC-Canada a aussi rappelé que le gouvernement a décidé de reculer face à l’adoption d’un système d’approvisionnement en services d’interprétation fondé sur le principe du plus bas soumissionnaire, et demandé au président du Conseil du Trésor d’étudier un projet visant à ce que le BT devienne le fournisseur exclusif de services linguistiques à la grandeur du gouvernement fédéral. Ce dossier toujours à l’étude par le président du Conseil du Trésor Scott Brison.

Récemment, un comité sénatorial a été créé pour entendre les plaintes soulevées par des sénateurs francophones à l’égard des services de traduction et d’interprétation au Sénat. Le BT a déjà indiqué qu’il avait l’intention de collaborer avec ce comité sénatorial.