L'école secondaire Mont-Bleu a été la proie des flammes lorsqu'une tornade a frappé le sol gatinois le 21 septembre 2018.

Tornade du 21 septembre 2018: «Ça a marqué ma vie»

Chaque fois qu’il pense au 21 septembre 2018, Pierre Ménard revoit les mêmes images. Le directeur de l’école secondaire Mont-Bleu était dans son bureau lorsque la tornade a tout détruit dans le quartier. « C’est vraiment mon 11-septembre », illustre-t-il.

En entrevue avec Le Droit la veille du premier anniversaire de ce désastre, M. Ménard n’a pas eu de misère à replonger dans les souvenirs qui le suivront toute sa vie. C’est une journée pédagogique, comme c’était le cas le vendredi où tout a basculé.

« Je m’en souviens comme si c’était hier, dit-il. Ça a marqué ma vie. Il y a eu la mort de mon père, et il y a eu ça. »

Pierre Ménard était avec un collègue lorsque l’alerte de tornade s’est affichée sur son cellulaire. « Tu te dis que ce n’est pas pour nous, que ce n’est pas plus grave que ça », se rappelle-t-il.

Mais tout a déboulé. De l’autre côté des grandes fenêtres de son bureau, le ciel s’est assombri. « Le vent s’est mis à se lever, raconte-t-il. Ce n’était pas comme un petit orage habituel. Les arbres ont virevolté, il y a des objets qui aboutissaient dans la fenêtre. »

Pierre Ménard, directeur de l’école secondaire Mont-Bleu, considère la tornade de 2018 comme étant son «11-septembre».

Après quelques secondes qui lui ont donné « l’impression que le temps s’est arrêté pendant une heure », il n’y avait plus d’électricité dans l’école. « Il y a eu l’odeur de fumée, puis l’alarme d’incendie. » La foudre venait de frapper. L’école était la proie des flammes.

À ce moment-là, une quarantaine d’élèves se trouvaient au gymnase, dont le toit a été arraché par la force du vent. Heureusement, personne n’a été blessé.

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C’était le branle-bas de combat dans tout le quartier. À titre de directeur de l’établissement, M. Ménard était « le principal interlocuteur des pompiers ». Il leur fallait des clés, ils voulaient savoir où était l’entrée du gaz, etc.

« À un moment donné, j’étais tout seul dans le stationnement et je regardais mon école brûler. Je me sentais tellement seul au monde, se souvient-il. J’étais impuissant et je me disais qu’on ne pourrait pas retourner dans l’école de sitôt. Dans ma tête, ça déboulait. »

De l’autre côté du périmètre de sécurité, dès élèves visiblement inquiets commençaient à arriver et posaient plein de questions sur l’avenir de leur école.

Pierre Ménard est allé se coucher vers 2 h ou 3 h du matin. Il s’est relevé à 6 h pour gérer la crise avec la commission scolaire. Après, il y a eu la visite des chefs de partis, alors en pleine campagne électorale. Philippe Couillard et Jean-François Lisée sont passés le samedi, François Legault et Manon Massé le lendemain.

« On avait fait une visite des lieux, se rappelle M. Ménard. C’est là qu’on a vu l’ampleur des dommages. On avait les deux pieds dans l’eau. C’était vraiment une zone sinistrée. »

Les mois qui ont suivi ont été chargés. Après un congé forcé, il y a eu la rentrée avec le double horaire à l’école secondaire de l’Île, puis le déménagement au centre Asticou. Ce n’est qu’en juillet dernier que l’avenir de l’école secondaire a été connu, lorsque le gouvernement du Québec a annoncé qu’elle serait rénovée au coût de 35 millions $.

Même si les images de ce 21 septembre 2018 sont encore bien fraîches dans sa mémoire, Pierre Ménard sait, au moins, qu’il y a désormais « une lumière au bout du tunnel ».

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Le ministre responsable de l’Outaouais, ministre de la Famille et député de Papineau, Mathieu Lacombe

«ÇA VA RESTER GRAVÉ DANS MA MÉMOIRE POUR L'ÉTERNITÉ», DIT LACOMBE

Le ministre responsable de l’Outaouais, ministre de la Famille et député de Papineau, Mathieu Lacombe, a encore bien frais en mémoire les jours et semaines qui ont suivi les tornades de septembre 2019. 

«Je dirais que c’était un bilan très humain. C’était dans toute la frénésie de la campagne électorale. Évidemment, ç’a été ma première sortie officielle en tant que ministre. C’était le lendemain de l’assermentation, avec le premier ministre, nous nous sommes déplacés ici (le 19 octobre 2018) en avion. Ça va rester gravé dans ma mémoire pour l’éternité. J’ai vu sur le terrain la dévastation. Le mot n’est pas trop fort. Ces images-là me restent, mais je vais aussi beaucoup me rappeler de la solidarité. Je pense aux gens du Cégep, à tout le monde qui a convergé et mis ses efforts en commun pour s’assurer que les gens aient des services et de l’aide tout de suite. C’est ce qui me reste de cet événement», a-t-il confié à des journalistes rassemblés à L’Ange-Gardien, vendredi, lorsque questionné sur le sujet.