La marche La rue, la nuit, les femmes sans peur s’est tenue jeudi soir, à Ottawa et à Gatineau.

«#ToiAussi ça te concerne»

Des centaines de manifestants se sont rassemblés des deux côtés de la rivière des Outaouais jeudi soir à l’occasion de la marche La rue, la nuit, les femmes sans peur.

Les manifestants rassemblés près de la statue Maurice Richard, au coin de la rue Laurier et du boulevard des Allumettières, ont ensuite traversé le pont Alexandra pour se joindre à la marche francophone du côté ottavien. Les deux groupes se sont donné rendez-vous dans le marché By pour ensuite se rendre jusqu’à l’hôtel de ville d’Ottawa.

La marche, organisée par le Centre d’aide et de lutte contre les agressions sexuelles (CALAS) de l’Outaouais, vise à dénoncer les agressions sexuelles et les violences envers les femmes en choisissant l’inclusion comme mode de sensibilisation.

Cette année, le thème de l’évènement est Contre la violence sexuelle, #ToiAussi tu as un rôle à jouer.

En entrevue avec Le Droit, la porte-parole du CALAS de l’Outaouais Emilie Grenon, affirme que le but de l’évènement est de « rappeler que tout le monde peut agir dans la société contre la violence sexuelle faite aux femmes ».

« On veut rappeler que ce n’est pas un problème qui appartient seulement aux femmes qui sont victimes de violences sexuelles. Ça affecte tout le monde. On a tous un rôle à jouer là-dedans. »

L’automne dernier, le Québec a été frappé par une vague de dévoilements alors que plusieurs femmes ont utilisé le mot-clic #MoiAussi pour dénoncer les abus auxquels elles sont soumises. Selon Mme Grenon, le thème de cette année est une réponse directe au mouvement #MoiAussi.

« Lors de la marche, on prend la rue et la nuit, tous ensemble pour montrer qu’on est tannées d’avoir peur. C’est un symbole très puissant. » explique Emilie Gendron

« L’an passé, les femmes ont pris la parole pour dire #MoiAussi j’ai été victime. Ce qu’on dit aujourd’hui c’est que #ToiAussi ça te concerne. En allant marcher, #ToiAussi tu peux faire une différence en envoyant un signal de solidarité envers les victimes. »

Pour Mme Grenon, cette marche est particulièrement symbolique. « C’est aussi une façon pour nous de dénoncer qu’encore en 2018 on a peur de l’agression sexuelle. On a peur de la rue, de la nuit. »

« Lors de la marche, on prend la rue et la nuit, tous ensemble pour montrer qu’on est tannées d’avoir peur. C’est un symbole très puissant. »

Enjeu électoral
Avec les élections provinciales qui arrivent à grands pas, Mme Grenon estime que les candidats et les chefs de parti ne parlent pas assez de cet enjeu durant la campagne électorale.

« On aimerait qu’ils en parlent davantage. Après la conversation sociale de l’automne dernier, c’est pas normal qu’on n’en entende plus parler. »

Mme Grenon souligne que des moyens peuvent être mis en place par les différents paliers de gouvernement afin de contribuer à la lutte aux violences sexuelles.

« On pense qu’il faut transformer le système judiciaire pour que le parcours d’une victime soit moins difficile. »

« Il y a aussi la question du financement de nos organisations. On a des augmentations de financement, mais c’est de façon ponctuelle. On aimerait voir une augmentation de financement à la mission, ce qui nous permettrait d’évaluer l’avenir avec plus de sécurité. », ajoute-t-elle.