L’Ottavien Yaovi Hovi a une passion pour l’écriture et son but est de montrer aux jeunes qu’elle est plus accessible qu’on le croit.

Yao: l’artiste-éducateur qui démystifie l’écriture

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Quand l’artiste partage le goût de son art en acceptant un rôle d’éducateur, il fait don de ce qu’il a de plus cher : son talent.

Yaovi Hovi, Yao, d’Ottawa, récipiendaire du Prix des artistes éducateurs de la Fondation des arts de l’Ontario 2018, se démarque par la voie qu’il a choisie, et par ce lien privilégié qu’il a su développer avec des milliers de jeunes par l’éducation artistique.

L’artiste franco-ontarien d’Ottawa, d’origine togolaise, a été reconnu par la Fondation des arts de l’Ontario pour ses méthodes d’apprentissage uniques, qui donnent des moyens aux jeunes artistes de développer leur talent bien au-delà des salles de classe.

Yao inspire les jeunes avec sa musique urbaine française et son mélange de poésie slam, soul, pop et funk. 

Son engagement remonte à 2009, année où il a commencé à donner des ateliers d’écriture dans les écoles de l’Ontario, avec des élèves de la 5e à la 12e année. 

Alors qu’il avait 13 ou 14 ans, un professeur de l’école secondaire De La Salle avait été tellement touché par ce qu’il avait écrit, dans le cadre d’un atelier de poésie, qu’il lui avait demandé de lire son œuvre devant la classe, puis devant toute l’école, et ensuite devant tout le conseil scolaire.

« J’étais un jeune nouvel arrivant et j’étais dépaysé. Mais c’est là que tout a commencé pour moi. Aujourd’hui, je redonne simplement ce que j’ai reçu », souligne l’artiste Yao, qui possède maintenant sa propre maison de production, en plus de poursuivre sa carrière d’artiste.

En 2008, il avait obtenu un contrat de 150 heures avec le Conseil des arts de l’Ontario pour aller dans des écoles. Il avait alors développé un atelier d’écriture créative. « J’ai finalement passé tout ce temps dans mon ancienne école, à De La Salle, où j’avais moi-même eu la piqûre pour l’écriture », raconte-t-il.


« « J’étais un jeune nouvel arrivant et j’étais dépaysé. Mais c’est là que tout a commencé pour moi. Aujourd’hui, je redonne simplement ce que j’ai reçu » »
Yao

Qu’il soit à Ottawa, Halifax, Edmonton, Winnipeg, dans les Maritimes, ou ailleurs dans le monde, il se rend dans les écoles où il donne aux élèves le temps de poser un crayon sur du papier pour écrire ce qu’ils sont, ce qu’ils ressentent. Peu importe la manière, puisque dans ses ateliers, il n’y a pas de limites, pas de structures imposées.

« Le but est de démystifier l’écriture. Les jeunes ont peur de faire des erreurs en écrivant. Moi, j’essaie de faire débloquer ce goût pour l’écriture. Les textes sont souvent très personnalisés et les jeunes disent : “Wow, je suis capable.” Ils sont très fiers. Ensuite, ils me demandent souvent comment écrire tel ou tel mot. Ou ils font la recherche eux-mêmes. Il faut que les jeunes aient la liberté d’écrire. Ils peuvent ainsi dire ce qu’ils ressentent, dire les choses qu’ils veulent. À travers leurs textes, ils assument souvent qui ils sont. On apprend à les connaître. C’est étonnant. »

Yao n’a pas fini de surprendre par son approche. Mais s’il donne beaucoup, il dit tirer lui-même beaucoup de ces rencontres et des messages qui lui parviennent régulièrement sur son site Internet et sur les médias sociaux.

« C’est mon essence. C’est mon réservoir », dit-il en parlant des milliers d’étudiants, et même de leurs parents, rencontrés au fil des années et qu’il voit apparaître régulièrement à ses spectacles.