L'équipe de l'université Carleton se penchera sur l'efficacité de diverses méthodes de collecte de poussière dans des conditions d'apesanteur dans le but de lutter contre la contamination nocive par la poussière.

Tester les effets de la microgravité

Effectuer des travaux de recherche scientifique dans un environnement en apesanteur : voilà la captivante expérience que vivront cette semaine une vingtaine d'étudiants universitaires de partout au Canada dans le cadre d'un concours qui se déroule à Ottawa.
Réunies dans un hangar du Conseil national de recherches du Canada (CNRC), à deux pas de l'aéroport international Macdonald-Cartier, les quatre équipes finalistes du Concours canadien de concepts expérimentaux en gravité réduite ont présenté le fruit de leur travail des derniers mois aux médias, lundi midi, en marge de leur journée de préparation au sol. Elles ont été sélectionnées par un panel d'experts l'hiver dernier parmi 29 candidatures.
Le point culminant pour ces jeunes passionnés de science et d'aérospatiale viendra au cours des 48 prochaines heures alors qu'ils iront faire l'essai de leurs expériences à bord de l'avion Falcon-20 du CNRC lors d'un vol en gravité réduite. 
Le Falcon-20, qui a servi au fil des ans de plateforme pour plusieurs projets de recherche en microgravité, entre autres pour le compte de l'Agence spatiale canadienne (ASC), est un biréacteur qui a été fortement modifié afin d'être en mesure de réaliser des périodes de 20 à 23 secondes de microgravité en décrivant des trajectoires paraboliques en vol. La manoeuvre consiste en une montée raide de l'appareil, suivie d'une amorce de descente graduelle et d'une descente en piqué prononcé. 
« Ce qu'il y a de spécial avec cet avion, c'est que durant un court laps de temps, on est vraiment en train de flotter dans les airs, exactement comme si on était dans l'espace. [...] On travaille entre 10 000 et 20 000 pieds, mais l'avion est pressurisé à zéro, comme si nous étions au sol. Ça donne la chance de faire des manoeuvres assez agressives sans changement de pressurisation dans la cabine, contrairement à lorsqu'on se trouve dans un vol commercial », de dire le chef pilote au CNRC, Paul Kissmann. 
Pour son projet, l'équipe de l'université Carleton, formée de Sami Nassif-Lachapelle, Keyanna Coghlan, Maximilian Alexander Frederick Polzin, Michael Aziz et Richard Vicente, s'est penchée sur l'efficacité des diverses méthodes de collecte de poussière dans des conditions d'apesanteur, sachant que celle-ci devient un contaminant nocif. Les autres équipes représentent l'Université de l'Alberta, l'Université de la Saskatchewan et l'Université de Toronto. 
Le concours prendra fin jeudi à l'occasion d'un gala présenté au Musée de l'aviation, lors duquel les équipes présenteront les résultats préliminaires de leur expérience et l'astronaute à la retraite Bob Thirsk prononcera une allocution. 
Le CNRC a travaillé conjointement avec Étudiants pour l'Exploration et le Développement Spatial et l'ASC pour cet événement qui en est à sa première année. Il doit être répété jusqu'en 2021.