Le chef du Service de police d’Ottawa, Peter Sloly
Le chef du Service de police d’Ottawa, Peter Sloly

Tensions raciales: «des plaies rouvertes», selon le chef du SPO, Peter Sloly

Daniel LeBlanc
Daniel LeBlanc
Le Droit
En poste depuis huit mois, le chef du Service de police d’Ottawa (SPO), Peter Sloly, premier homme noir de l’histoire à diriger l’organisation, ne cache être lui-même très troublé par les événements tragiques qui secouent les États-Unis depuis la fin mai, allant même jusqu’à dire que ceux-ci « ont rouvert chez nous des plaies encore sensibles ».

« Depuis l’allumage de cette nouvelle poudrière raciale aux États-Unis, je me suis affairé à aller à la rencontre des membres du SPO, des dirigeants communautaires d’ici, ainsi que des dirigeants policiers et communautaires à l’échelle internationale. Même si de nouveaux renseignements et de nouvelles perspectives nous arrivent quotidiennement, il y a tant de choses qui auraient pu être faites pour que George Floyd soit encore en vie aujourd’hui », dit-il entre autres dans une longue déclaration publiée lundi sur les réseaux sociaux.

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M. Sloly soutient que l’arrestation musclée et la mort de l’Afro-Américain le 25 mai à Minneapolis, dont les images ont rapidement fait le tour des médias sociaux et choqué le monde entier, doivent inévitablement mener à un éveil de conscience et à des changements.

« La situation touche des membres de notre communauté noire, y compris nos propres membres de race noire. Toute la gamme des collectivités est touchée et chacun des membres du SPO en est affecté d’une manière ou d’une autre. J’en suis moi-même durement affecté. Je me joins aux nombreux autres dirigeants policiers, juridiques et communautaires pour faire part à la famille Floyd de notre chagrin face à leur perte. J’ajoute ma voix à celle de tous ceux qui exigent des mesures immédiates au sein du système juridique, et toutes les institutions et de tous les milieux sociaux pour un changement des circonstances sous-jacentes à de telles tragédies. [...] Le SPO se tient solidaire avec tous les gens qui connaissent l’injustice et qui s’efforcent à bâtir une société plus sûre, plus juste et plus inclusive », a-t-il indiqué.


« Il y a tant de choses qui auraient pu être faites pour que George Floyd soit encore en vie aujourd’hui. »
Peter Sloly

Sa lettre, dans laquelle il fait aussi allusion aux récents problèmes internes qui ont ébranlé le corps policier d’Ottawa, par exemple la violence et le harcèlement en milieu de travail, est l’occasion pour lui de rappeler que la bataille contre le racisme n’est pas gagnée et que ce côté-ci de la frontière n’est pas pour autant exempt de tensions entre les policiers et les communautés.

« Je reconnais que l’inégalité et l’injustice sont une réalité, ici dans la capitale nationale. Cette ville où j’habite et ce pays que j’aime comptent, dans leur histoire récente comme ancienne, leurs propres exemples de points d’ignition raciaux entre la police et la collectivité. Accordez-moi l’occasion de réitérer clairement ma résolution à faire tout en mon pouvoir pour améliorer la capacité du SPO à servir, protéger et respecter tous les gens d’Ottawa. Le SPO s’efforcera toujours d’être véritablement à l’écoute du vécu des gens et des collectivités les plus directement atteints par des événements tragiques de cette nature. On aura besoin d’entretenir un dialogue sérieux et continu avec eux, ainsi d’agir envers eux avec empathie et cohérence », affirme M. Sloly.

Pour améliorer les choses, le chef croit que des conversations « difficiles, braves et brutalement honnêtes » au sujet de ces questions « vexantes et complexes » seront nécessaires.