Gaétan est un mordu de pêche sur glace. Pas même les températures polaires ne peuvent refroidir sa passion.

Taquiner le poisson dans les eaux glacées

Gaétan est un mordu. Un mordu de pêche sur glace. À quelques heures du réveillon, par un froid de canard, il surveille tranquillement ses deux lignes, bien installé dans sa cabane posée sur la rivière des Outaouais, à la hauteur de Clarence, dans l'Est ontarien.
«On relaxe. C'est la nature. J'ai besoin de ça. On sort un peu de la ville et on vient se ressourcer ici», lance-t-il en brisant la fine couche de glace qui s'est formée dans ses trous.
Comme Gaétan, ils étaient plus d'une vingtaine sur la glace un 31 décembre à attendre de voir leur ligne bouger, même si le mercure flirtait avec les -30°C.
«Nous autres, nous passons le jour de l'An sur la glace. On aime ça. C'est bon du doré», pousse Richard Bellefeuille.
Au même moment, sa copine Christine, accroupie, rate de justesse une grosse prise.
«C'était un gros celui-là», dit-elle en se mordant les lèvres. «J'ai 46 ans et j'ai été élevée sur la glace. J'aime la pêche», ajoute-t-elle en se relevant.
Saison hâtive
Cette saison de la pêche sur la glace s'est ouverte plus tôt qu'à l'habitude en raison des températures froides des dernières semaines.
«L'an passé, je suis entré ici le 23 janvier et il y avait 13 pouces de glace. Cette année, je suis arrivé le 20 décembre. Aujourd'hui, il y a plus de 18 pouces de glace», affirme Gaétan.
Les pêcheurs les plus assidus, comme Gaétan, portent un grand respect à la nature. «Lorsque je prends une grosse prise, un poisson qui va aider la reproduction, je le relâche.»
Dans sa cabane, Gaétan ne manque de rien. Il se fait une bouffe sur son poêle tout en écoutant du rock sur sa chaîne stéréo qu'il a branchée à une batterie d'automobile. Et une petite mousse à la main.
«La fin du monde peut arriver. J'ai tout ce qu'il me faut ici», dit-il en poussant un long rire.
Les jeunes au rendez-vous
La pêche sur la glace est un sport qui ne semble pas passer de mode.
Même qu'il y a de plus en plus de jeunes qui enfilent les bottes pour taquiner le poisson à la pourvoirie anciennement connue sous le nom de Clarence Resort, relate Gaétan.
«Cette année, il y a beaucoup de nouveaux. C'est un sport qui est de plus en plus populaire. C'est que l'équipement est de plus en plus accessible», note-t-il.
Zacharie Rochon, 17 ans, a lui aussi bravé le temps glacial pour aider son père à assembler la cabane de pêche pour l'hiver.
«J'aime bien pêcher. La pêche, c'est ma passion. J'adore attraper le poisson. En ce moment, c'est pas mal dur. Mais généralement, on sort du doré, du brochet et toutes sorte d'espèces. Mais ce qui est le fun aussi, c'est le parler aux gens, de se raconter nos histoires», dit-il.
Son plus jeune frère Jessy, dans sa combinaison de camouflage, met lui aussi l'épaule à la roue. «J'aime la cabane. Même quand il fait froid, on est bien là-dedans», ajoute le jeune homme de 15 ans.