Stéphan Parent alors qu’il tournait des images en prévision d’un documentaire sur l’enlèvement et le meurtre de Cédrika Provencher en décembre 2015, dans les jours qui ont suivi la découverte d’ossements de la fillette. Le projet n’a jamais vu le jour à la demande de la famille.

Sur les traces de Cédrika Provencher: «Dans le respect de tout le monde»

TROIS-RIVIÈRES — En publiant le livre Sur les traces de Cédrika Provencher – le parcours d’un homme en quête de vérité, l’auteur et réalisateur Stéphan Parent fait part de son expérience alors qu’il travaillait à la réalisation d’un documentaire traitant de la triste histoire entourant la disparition et le meurtre de la fillette.

Suivant la volonté de la famille de l’enfant disparue en juillet 2007 et dont les ossements ont été retrouvés en décembre 2015, le documentaire n’a finalement jamais vu le jour. Le père de Cédrika, Martin Provencher, avait d’ailleurs envoyé des mises en demeure à M. Parent en 2017 pour qu’il cesse le projet. On se souviendra qu’au départ, le réalisateur, qui a aussi réalisé le documentaire Novembre 84, s’était associé avec la famille de la petite pour produire le documentaire. Il avait également obtenu la collaboration du criminaliste Marc Bellemare, qui a participé à la réalisation du documentaire et d’une partie de la collecte d’informations.

C’est d’ailleurs en raison des demandes de la famille de Cédrika que le réalisateur a initialement refusé de publier un livre sur le sujet lorsqu’il a été approché par la maison d’édition.

«Après quelques jours de réflexion, j’ai accepté, mais seulement si je pouvais raconter l’histoire d’un point de vue personnel. Je ne voulais pas raconter le documentaire parce que Martin [Provencher] ne voulait pas poursuivre avec le documentaire. J’ai donc fait quelque chose dans le respect de tout le monde. Ce n’est pas toujours évident car c’est un sujet chargé d’émotion. Mais je l’ai fait le plus honnêtement possible», indique l’auteur de l’ouvrage qui sera disponible à compter de mercredi.

Concrètement, l’auteur fait part de son expérience dans un style personnel en dévoilant notamment des informations que des personnes lui ont confiées dans le cadre d’entrevues menées dans le processus de préparation du documentaire. Certaines d’entre elles constituent selon lui des pistes intéressantes qui auraient été écartées par les forces policières pendant l’enquête. M. Parent considère qu’elles auraient dû être creusées davantage.

«Je soulève des questions de ce côté-là. [...] Par exemple, l’amie de Cédrika avec qui elle avait passé la journée. Elle a rencontré l’individu qui les avait abordées et qui était à la recherche du petit chien noir et blanc. On avait spéculé beaucoup autour des fillettes qui n’avaient pas été rencontrées [par des enquêteurs], mais là on en parle pour la première fois dans le cadre du livre. Il y a également la femme qui avait retrouvé des objets ayant appartenu à Cédrika en 2007 au même endroit où on a retrouvé ses ossements. Ça avait été plus ou moins bien traité par les policiers. Et lorsqu’ils y sont retournés en juin 2016 à la fonte de la neige après la découverte des ossements, ils ont retrouvé cet objet-là. Ça faisait huit ans qu’il traînait dans le bois», raconte l’auteur.

Les parents de Cédrika ainsi que d’autres membres significatifs de sa famille n’ont pas été contactés par l’auteur pendant le processus d’écriture. Par ailleurs, le père de Cédrika et son grand-père, Henri, n’ont pas retourné les appels du Nouvelliste.

Pour Stéphan Parent, la publication de ce livre vient boucler la boucle de sa quête personnelle pour découvrir ce qui est arrivé à Cédrika. Il espère par contre que la lumière soit faite un jour sur ce crime. «Si on faisait la somme des preuves circonstancielles que possède la police, peut-être qu’on pourrait en arriver à quelque chose. Mais ça, ça appartient à la police», laisse-t-il tomber.