L’application de Dominic Laplante permet aux parents de recevoir des notifications en cas de retard de l’autobus scolaire.

Suivre son autobus scolaire en temps réel avec une application développée en Outaouais

Aimeriez-vous pouvoir suivre en direct les déplacements de l’autobus scolaire de votre enfant ? Un entrepreneur de l’Outaouais a développé une application qui rend ceci possible.

Depuis quatre ans, le fondateur de l’entreprise WYHN, Dominic Laplante, travaille sur ce projet qui est maintenant prêt à voir le jour. Lui-même chauffeur d’autobus, il dit avoir eu l’idée en voyant les outils technologiques avec lesquels il devait travailler, des outils qu’il juge désuets.

À l’aide d’appareils mobiles, WYHN offre un service similaire aux entreprises qui travaillent actuellement avec les transporteurs scolaires. L’application développée par M. Laplante et son équipe permet à l’entreprise et à la commission scolaire avec laquelle elle fait affaire de prendre note des déplacements et même de la vitesse à laquelle ils ont été effectués.

Le directeur adjoint aux ressources éducatives, Benoit Prud’homme, indique que la Commission scolaire des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) exige que les transporteurs scolaires utilisent des outils de suivi GPS pour faciliter le traitement des requêtes de parents.

« Si un parent nous téléphone pour dire que l’autobus n’est pas passé ramasser son enfant un matin, est-ce que c’est arrivé : oui ou non ? Est-ce que l’autobus s’est arrêté au bon endroit ? Ça nous permet de vérifier tout ça et de faire le suivi adéquat », explique M. Prud’homme.

La différence avec le projet de WYHN, c’est qu’une application mobile serait également disponible au téléchargement pour les parents des écoles qui adopteront leur plateforme. Avec un abonnement payant annuel, les parents peuvent ainsi suivre en temps réel l’autobus et ajuster leur horaire matinal et celui de leur enfant en fonction des retards de l’autobus.

« Les parents veulent avoir cette technologie, affirme Dominic Laplante. Ceux qui l’ont eu durant la dernière année scolaire, pendant la période de tests, sont déçus de perdre le service. Tous les parents qui l’ont utilisé ont dit que c’était positif. »

Poursuivre le développement

Les tests sur route ont été effectués en collaboration avec la CSPO et la Commission scolaire Western Québec au printemps dernier. Le fondateur de WYHN espère continuer cette collaboration cet automne pour développer de nouvelles fonctionnalités qui serviraient tant l’école que l’entreprise de transport.

Le système développé par WYHN comprend divers outils de communication. Les parents peuvent recevoir des notifications lorsque l’autobus observe un retard important sur son horaire habituel ou encore, lorsque le service est annulé en raison d’une tempête hivernale.

M. Laplante aimerait que son produit facilite l’échange d’informations entre les transporteurs et leurs employés, surtout en situation de remplacement. « En ce moment, on reçoit nos routes sur des bouts de papier », soutient l’entrepreneur de la région.

Les chauffeurs n’auraient qu’à se connecter à leur profil sur l’application en arrivant au travail pour savoir quel autobus ils doivent emprunter ce matin-là et quel trajet ils devront réaliser. Les téléphones – fournis par WYHN – servent également de GPS pour éviter des erreurs comme l’oubli d’un arrêt durant le parcours.

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Un marché difficile à conquérir

Le produit de WYHN est prêt à être offert à d’éventuels clients, soutient le fondateur de l’entreprise. Le défi sera maintenant de réussir son implantation dans le réseau scolaire québécois.

Dominic Laplante s’est donné l’objectif d’avoir 10 clients d’ici le 31 décembre. Selon lui, les écoles privées seront plus promptes à adopter cette technologie. Il affirme d’ailleurs être près d’une entente avec le Séminaire du Sacré-Cœur à Grenville-sur-la-Rouge.

L’homme d’affaires a également eu des échanges avec les commissions scolaires des Portages-de-l’Outaouais (CSPO), des Draveurs (CSD) et Western Québec (CSWQ). À la CSD, on dit « évaluer la faisabilité » de l’implantation du système dans ces autobus. La CSWQ, préfère ne pas commenter.

Le directeur adjoint aux ressources éducatives de la CSPO, Benoit Prud’homme, rappelle que les entreprises de transport scolaire sont des sous-traitants des commissions scolaires.

« Les propriétaires d’entreprises de transport sont disposés à poursuivre le projet pilote, mais comme ils sont déjà sous contrat avec d’autres fournisseurs de service GPS, ils ne peuvent pas nécessairement briser leur contrat. »

M. Prud’homme ajoute que le modèle de tarification de WYHN est aussi un frein à son adoption par la CSPO. « C’est évident que pour nous, il faut que cette application soit gratuite pour les parents », affirme le directeur adjoint de la commission scolaire en entrevue avec Le Droit.

M. Laplante se dit conscient du malaise entourant ces tarifs, surtout dans le réseau des écoles publiques. Il explique préférer cette façon de faire pour arriver à offrir un prix compétitif aux entreprises de transport et, ainsi, faciliter son entrée dans le marché. L’homme d’affaires assure que le coût de l’abonnement annuel pour les parents aurait comme unique but de couvrir ses dépenses de fonctionnement du service (hébergement de serveurs, soutien technique, etc.).

« Ce ne sont pas des frais qui sont obligatoires », précise Dominic Laplante, ajoutant du même souffle que les parents sont nombreux à dire qu’ils sont prêts à payer pour obtenir ce service.