Tanya et Karin Kelley, co-propriétaires Studio de danse Daniele
Tanya et Karin Kelley, co-propriétaires Studio de danse Daniele

Studios de danse en zone rouge: quand le Québec et l’Ontario ne dansent pas sur le même pied

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
Des écoles de danse de l’Outaouais, qui souffrent des mesures imposées en zone rouge, lancent un cri du cœur afin de sensibiliser le gouvernement Legault envers les dommages causés par la réalité limitrophe de la région avec l’Ontario.

Le gouvernement ontarien permet l’ouverture des écoles de danse dans la province à condition de respecter certaines mesures de distanciation physique.

À Ottawa, les écoles de danse peuvent donc demeurer opérationnelles tant et aussi longtemps qu’il n’y a pas plus de 10 personnes, incluant le professeur, dans un même local.

La réalité est bien différente lorsqu’on traverse la rivière des Outaouais. Du côté québécois, les écoles demeurent fermées à l’instar des gyms et des restaurants.

Des propriétaires d’écoles de danse de Gatineau craignent d’ailleurs un exode de leur clientèle si la situation ne change pas au cours des prochains mois.

« Les élèves peuvent retrouver le même service en Ontario. On est vraiment en train d’endommager nos écoles. Il y en a même qui sont complètement en train de lâcher, c’est ça le pire », se désole la propriétaire du Studio de danse Danielle, Tanya Kelley.

« Mentalement, physiquement et émotionnellement, les jeunes se trouvent dans un gros manque présentement. Ils sont habitués de danser 15 à 20 heures par semaine. Ils trouvent ça extrêmement difficile », poursuit-elle.

Pour le moment, Mme Kelley offre des cours de danse virtuels par le biais de la plateforme Zoom.

« Ça va continuer encore le temps qu’il faudra, mais on voit que les gens commencent à se tanner. On est à environ 30 % de notre clientèle habituelle. »

Mme Kelley ajoute que le lourd fardeau financier provoqué par la pandémie fait en sorte qu’elle devra vraisemblablement vendre les locaux de sa succursale située dans le secteur Aylmer. L’entreprise a pignon sur la rue Bordeaux depuis plus de 40 ans. Studio de danse Danielle compte toutefois une seconde succursale sur le chemin Pink, qui, elle, demeurera fonctionnelle pour le moment.

Mme Kelley espère ainsi que les écoles de danse de la région pourront travailler en collaboration avec le gouvernement du Québec afin de trouver un compromis leur permettant de poursuivre leurs activités.

« Ça devrait être du cas par cas selon les régions. On n’est pas aussi durement touchés qu’ailleurs au Québec. Ce qu’on veut c’est travailler en partenariat avec le gouvernement pour qu’on puisse trouver une solution sans fermer complètement les écoles. »

« Le gouvernement ne nous voit pas comme une école, mais on en est une », déplore-t-elle. « On enseigne une discipline aux jeunes, on leur apprend à être dévoués envers les choses qui nous passionnent. On est aussi leur deuxième famille, ils viennent ici après l’école. On supporte ces jeunes-là et maintenant on ne peut pas être là pour eux comme on le voudrait. »

Par ailleurs, divers studios de danse de l’Outaouais ont lancé une campagne de sensibilisation vendredi dernier pour lancer un message clair au gouvernement caquiste.

« On veut aller chercher les jeunes et leur donner une voix. On veut qu’ils puissent s’exprimer et dire ce qu’ils pensent de la situation actuelle parce que ce sont eux les grands perdants dans tout ça. On veut aussi donner une tribune aux parents et démarrer des pétitions. »