Les libéraux de l’Ontario ont élu samedi l’ancien ministre Steven Del Duca pour les diriger.
Les libéraux de l’Ontario ont élu samedi l’ancien ministre Steven Del Duca pour les diriger.

Steven Del Duca est élu chef du Parti libéral de l’Ontario

Jean-Simon Milette
Jean-Simon Milette
Le Droit
Les libéraux de l’Ontario ont élu samedi l’ancien ministre Steven Del Duca pour les diriger.

M. Del Duca succède à l’ancienne première ministre Kathleen Wynne qui avait démissionné à la suite des résultats désastreux de son parti aux élections de 2018 remportées par les progressistes-conservateurs de Doug Ford.

Le nombre de députés libéraux avait fondu comme neige au soleil. Non seulement le Parti libéral avait été relégué au troisième rang, mais il avait même perdu son statut officiel à l’Assemblée législative, n’ayant plus que huit sièges. Sa dette atteint des millions de dollars.

Plus de 2 500 membres du parti s’étaient réunis ce week-end à Mississauga pour élire leur nouveau chef.

M. Del Duca, qui l’a emporté dès le premier tour avec l’appui de 59 % des délégués, a reconnu qu’un énorme travail attendait sa formation au cours des prochains mois.

«En tant que nouveau chef du parti, je veux construire un Ontario où les opportunités sont réelles pour tous, où les entrepreneurs et les travailleurs peuvent s’épanouir et où la réussite individuelle n’est limitée que par le talent, l’effort et le dévouement», a-t-il lancé.

«Sous ma direction, je peux promettre à nos membres et à tous les Ontariens que le Parti libéral de l’Ontario poursuivra sans relâche sa quête de progrès et ne cessera jamais de se battre pour un Ontario meilleur.»

L’objectif est de vaincre l’actuel premier ministre Doug Ford dès les prochaines élections provinciales en 2022, un défi qui sera gigantesque à relever, a reconnu le nouveau chef.

«On doit amasser des millions de dollars», a lancé M. Del Duca aux militants libéraux. «On doit trouver des candidats de qualité qui refléteront la grande diversité ontarienne. Plus important, on doit élaborer un programme comportant des idées attrayantes qui inspireront la population, qui la convaincront qu’elle peut encore nous faire confiance pour gouverner, pour nous tenir à ses côtés et nous battre pour elle.»

Le travail s’amorcera dès lundi, a déclaré M. Del Duca. Il a toutefois indiqué qu’il n’avait pas l’intention de chercher à obtenir un siège à l’Assemblée législative avant 2022.

«Je ne crois pas que nous avons subi une si retentissante défaite en 2018 parce que nous avions perdu contact avec Queen’s Park. On devra travailler fort et humblement si on veut obtenir de nouveau la confiance des gens de cette province. Je veux continuer de parler avec les Ontariens et de les entendre directement.»

Au cours de sa campagne, il avait promu divers politiques comme la création d’incitatifs pour encourager l’achat de véhicules électriques et des investissements plus importants pour les infrastructures.

M. Del Duca a été préféré à ses adversaires: les anciens ministres Michael Coteau et Mitzie Hunter, deux anciens fonctionnaires, Kate Graham et Alvin Tedjo, ainsi que l’avocate Brenda Hollingsworth.

Ancien député de la circonscription de Vaughan, M. Del Duca a été ministre des Transports dans le précédent gouvernement libéral.

Le président du parti, Brian Johns, estime que les libéraux sont maintenant plus forts en raison de l’implication de ses membres. «Nous sommes impatients de maintenir cet élan sous la direction de notre nouveau chef, M. Del Duca», a-t-il mentionné.

Réaction positive à l’AFO

De son côté, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), acceuille favorablement la nomination de M. Del Duca à la tête du parti.

«Au nom de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario et de la communauté francophone qu’elle représente, je tiens à féliciter Steven Del Duca pour son élection comme chef du Parti libéral de l’Ontario», a affirmé le président de l’AFO, Carol Jolin.

«Nous avons hâte de continuer le travail déjà entrepris avec ce parti sur les enjeux chers à la francophonie ontarienne, dont la refonte de la Loi sur les services en français, l’indépendance du commissariat aux services en français et l’atteinte du plein potentiel de la communauté franco-ontarienne sur le plan éducatif, économique, linguistique et culturel», a-t-il poursuivit, ajoutant qu’il a déjà eu la chance de rencontrer M. Del Duca durant sa campagne.

Attaques conservatrices et Néo-démocrates

Quelques minutes à peine après l’élection de M. Del Duca, le Parti progressiste-conservateur de l’Ontario lançait déjà ses premières missives envers le nouveau chef libéral.

«Après 15 ans de gaspillage, de scandale et de mauvaise gestion libérale, l’Ontario ne peut pas se permettre un Del Duca-Wynne», peut-on lire dans un tweet publié sur la page officielle du parti.

«Voici un rappel de l’héritage Del Duca-Wynne - les libéraux qui vous ont apporté: montée en flèche des tarifs hydroélectriques, dettes et déficits incontrôlables, 300 000 emplois manufacturiers perdus», peut-on lire dans un autre tweet.

Les néo-démocrates ont eux aussi critiqués le choix de M. Del Duca comme tête dirigeante du Parti libéral de l’Ontario. Selon le néo-démocrate Taras Natyshak, M. Del Duca s’est montré arrogant comme un libéral.

«Il n’a pas reconnu les erreurs du passé et du présent. Cela indique bien ce que sera son leadership à la tête du Parti libéral.»

Les membres du Parti libéral de l’Ontario se réuniront à nouveau en juin pour leur assemblée générale annuelle. Ce sera l’occasion pour eux d’établir leur stratégie en vue des élections provinciales de 2022.

Avec La Presse canadienne