Malgré le froid, plusieurs personnes étaient présentes à l’ouverture des grands magasins en ce 26 décembre. Pour plusieurs, l’attente en a valu la peine.

Soldes de l’Après-Noël: attendre à -20 Celsius

Au Best Buy de Gatineau, en ce 26 décembre, on roule à plein régime et tout le personnel a été réquisitionné ; près de 70 vendeurs arpentent le vaste plancher du commerce d’équipements électroniques pour répondre aux questions des acheteurs.

Dave était le premier arrivé à la porte du Best Buy de Gatineau, en ce matin frigorifique des soldes de l’Après-Noël. À 6 h 55 précisément, il s’y est installé, fin seul, dans l’espoir de mettre la main sur un casque d’écoute pour jeux vidéo. Une économie d’environ 40 $.

Jordan a pris une journée de congé chez Postes Canada pour économiser, pense-t-il, près de 1100 $ à l’achat de deux ordinateurs. À 7 h 15, il faisait le pied de grue devant la porte du magasin. À l’ouverture des portes à 8 h, ils seront une cinquantaine de consommateurs à l’accompagner, à une température qui encourage davantage à roupiller sous la couette qu’à économiser.

Le directeur du magasin Brick à Gatineau, Maxime Morrissette, estime qu’en une journée, le jour des soldes du lendemain de Noël, son commerce engrangera l’équivalent d’environ deux semaines de ventes normales.

Les belles années sont derrière nous 

Professeur à l’École des sciences de la gestion à l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Benoit Duguay analyse froidement la situation : « Y a des limites à stimuler le consommateur », dit-il. On fait ici référence au fait que le Boxing Day n’est plus la seule journée de l’année à offrir de grands rabais.

D’ailleurs, un récent sondage effectué par l’Observateur pour le Conseil québécois du commerce de détail (CQCD) révèle que les Québécois s’intéressent moins aux soldes de l’Après-Noël, au profit du Vendredi fou et du Cyberlundi de novembre, venus tirer le tapis sous les pieds du traditionnel Boxing Day. Les commerçants, en étirant la sauce, auraient-ils donc dilué la recette magique ?

Le sondage effectué auprès d’un peu plus de 1000 répondants affirme que plus de 40 % des Québécois ont profité du Black Friday et du Cyber Monday combinés pour se procurer leurs achats des Fêtes, alors que 27 % d’entre eux participeront aux ventes de l’Après-Noël.

« Nous observons une diminution du taux de participation des Québécois aux soldes de l’Après-Noël. En contrepartie, 42 % des Québécois ont participé, cette année, aux ventes de la longue fin de semaine de novembre, une augmentation de 7 % par rapport à 2016 », explique Léopold Turgeon, président-directeur général du CQCD.

Combinez à cela la croissance fulgurante des ventes en ligne et vous obtenez des files d’attente moins imposantes à la porte des commerces, au lendemain de Noël.

De fait, raconte le professeur Benoît Duguay de l’UQAM, on prévoit que 31 % des Québécois auront effectué cette année leurs achats de l’Après-Noël sur Internet, contre 29 % l’an dernier ; autant de consommateurs qui n’iront pas se balader physiquement en magasin.

Soyons honnêtes, affirme Benoit Duguay de l’UQAM, « Noël commence en octobre » depuis quelques années, avec la foule de rabais proposés tant sur Internet qu’en magasin. 

Qu’importe, on prévoit que les Québécois dépenseront autour de 533 millions $ pour des achats d’après-Noël, comparativement à 589 millions $ en 2015, un fléchissement qui en dit long sur les nouvelles tendances du marché.