Société

Marche contre la violence faite aux femmes à Ottawa

Des centaines de personnes se sont regroupées au centre-ville d’Ottawa, samedi, pour manifester contre la violence faite aux femmes.

La Marche des femmes d’Ottawa était organisée pour une troisième année consécutive. Il s’agissait à l’origine d’une démonstration de solidarité avec une manifestation tenue à Washington, après l’élection du président américain, Donald Trump. 

Des milliers de femmes avaient alors dénoncé l’élection de cet homme, malgré qu’il ait ouvertement tenu des propos sexistes et que des enregistrements où on l’entend se vanter d’avoir commis des attouchements sur de nombreuses femmes ont été rendus publics. Le tout, durant la campagne électorale.

Ce n’est pas qu’à Ottawa où un rassemblement est organisé à cette période de l’année, depuis l’élection de M. Trump. Des manifestations ont lieu dans plusieurs villes canadiennes, ainsi que dans plusieurs pays ailleurs dans le monde.

Le mot d’ordre pour ce mouvement mondial, en 2019, était de braquer les projecteurs sur le fléau de la violence faite aux femmes. À Ottawa, les organisatrices espèrent également attirer l’attention sur les enjeux locaux en lien avec ce problème de société.

Société

Les Canadiens gaspillent plus de nourriture qu’ils n’en consomment

Plus de la moitié de la nourriture produite au Canada est perdue et une cuisine moyenne gaspille des centaines de dollars de produits alimentaires chaque année, révèle une étude que les chercheurs qualifient de « première mondiale en son genre ».

L’étude publiée jeudi avait été commandée par l’organisme torontois Second Harvest, qui œuvre à la réduction du gaspillage alimentaire. La recherche, largement financée par la Fondation Walmart, serait la première à mesurer les déchets alimentaires à l’aide de données provenant de l’industrie et d’autres sources, plutôt que des estimations, a soutenu Martin Gooch, de l’entreprise Value Chain Management International, qui a mené l’étude.

Société

Les Canadiens consomment un peu moins de sucre, révèle une étude de Statistique Canada

MONTRÉAL — Les Canadiens consomment un peu moins de sucre, révèle une analyse de Statistique Canada rendue publique mercredi.

Il s’agit de la première étude à se pencher sur la tendance à long terme de la consommation de sucre au moyen des plus récentes données de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes datant de 2015, a fait savoir l’organisme fédéral de statistiques.

Dans l’ensemble, la consommation de sucres totaux - qui comprennent les sucres libres et les sucres d’origine naturelle - a diminué pour tous les groupes d’âge de 2004 à 2015.

Les données ont été recueillies auprès de plus de 45 000 Canadiens âgés de 2 ans et plus.

La consommation quotidienne moyenne de sucres totaux en 2015 était de 101 grammes ou l’équivalent (comparativement à 104 grammes en 2004) chez les enfants de 2 à 8 ans, de 115 grammes (comparativement à 128 grammes) chez les enfants de 9 à 18 ans, et de 85 grammes (comparativement à 93 grammes) chez les adultes.

À quoi correspondent 100 grammes de sucres? À environ 24 cuillères de thé, est-il indiqué dans l’étude.

Cette diminution est notamment attribuable à une baisse de la consommation de boissons sucrées, ce qui inclut les boissons gazeuses et les boissons aux fruits comportant moins de 100 pour cent de jus.

Malgré ce constat, les boissons sucrées constituent toujours la principale source de sucres totaux chez tous les Canadiens, représentant 22 pour cent des sucres totaux chez les jeunes enfants, 30 pour cent chez les enfants plus âgés et 24 pour cent chez les adultes, a-t-il été calculé.

Ce que la Coalition québécoise sur la problématique du poids n’a pas manqué de relever.

Au Québec, un enfant sur cinq boit des boissons sucrées chaque jour, une mauvaise habitude qui augmente les risques d’obésité, de diabète, de maladies cardiovasculaires et de caries dentaires, indique la Coalition.

Elle y voit là l’importance de poursuivre et d’intensifier les actions pour diminuer la consommation de boissons sucrées.

«Depuis quelques années, de nombreux professionnels de la santé et organismes, comme la Coalition Poids, ont concentré leurs efforts à sensibiliser et éduquer sur les méfaits de la surconsommation de ces bonbons liquides. Nous sommes ravis de constater que cela porte fruit, mais il y a encore beaucoup de travail à faire: les boissons sucrées demeurent la principale source de sucre dans l’alimentation des Canadiens», souligne Corinne Voyer, directrice de la Coalition Poids, dans un communiqué diffusé mercredi.

Santé

Les hommes se rappellent plus de la douleur que les femmes, dit une étude

MONTRÉAL — Les hommes ont un souvenir plus net que les femmes de la douleur qu'ils ont ressentie dans le passé. Et pour cette raison, les mâles anticipent avec stress la prochaine douleur et y sont donc plus sensibles, révèle une récente étude dirigée par des chercheurs basés à Montréal et Toronto.

Ce résultat a été une surprise pour les chercheurs.

Car il est bien connu, disent-ils, que les femmes sont plus sensibles à la douleur que les hommes, et aussi qu'elles sont aussi généralement plus stressées qu'eux.

Bref, de voir que les hommes réagissaient plus dans le cadre de l'étude a été une découverte étonnante pour eux.

Ces travaux ont été réalisés alors que les scientifiques croient de plus en plus que l'un des principaux déterminants de la douleur chronique semble être le souvenir de la douleur antérieure. Et la recherche démontre une différence entre les hommes et les femmes: ils se souviennent de façon différente de leur douleur.

L'équipe dirigée par des chercheurs de l'Université McGill à Montréal et de l'Université de Toronto a publié jeudi ses résultats - observés sur des souris et des humains - dans la revue scientifique «Current Biology».

Parce que les hommes se souvenaient plus de leur douleur passée, ils étaient plus stressés dans le cadre de l'étude, et donc hypersensibles à la douleur subséquente causée au même endroit où elle avait été ressentie la première fois. Les femmes - et les souris femelles - ne semblaient pas stressées par leurs expériences antérieures de douleur, a expliqué en entrevue téléphonique Jeffrey Mogil, professeur au département de psychologie de l'Université McGill et l'auteur principal de la recherche. L'homme est aussi titulaire de la Chaire de recherche sur la douleur E.-P.-Taylor au Département de psychologie et au Centre Alan-Edwards de recherche sur la douleur de l'Université McGill.

Pour l'instant, les découvertes sont limitées à un contexte où une douleur subséquente a été appliquée au même endroit que la première, dans un laps de temps relativement court. On ne parle donc pas d'une cheville cassée et, un mois plus tard, d'une coupure au visage: il faudra plus de recherches pour extrapoler les résultats de cette façon.

L'étude avait deux étapes sur les souris comme chez les humains: la première était une application de chaleur sur le corps (une douleur faible), puis, une douleur plus intense causée par un brassard chez l'humain, et une injection de vinaigre chez les souris.

«À notre avis, les souris et les hommes anticipaient la pose du brassard ou l'injection du vinaigre, et chez les sujets mâles, ce stress d'anticipation a accru la sensibilité à la douleur», avance le professeur Mogil. On parle ici de la douleur thermique, car ils craignaient alors la pose du brassard. «Nous nous attendions à ce que la sensation douloureuse soit plus intense le deuxième jour, mais non à ce qu'elle le soit chez les mâles seulement. C'était complètement inattendu.»

Surtout que les femmes et les hommes avaient donné la même intensité à la douleur ressentie lors de la première application de chaleur. Mais pas à la deuxième: les hommes la jugeaient plus douloureuse.

Mais sait-on pourquoi? «Non, c'est la grande découverte surprenante. On n'en a aucune idée» s'est exclamé le docteur.

Il a une théorie, qui n'est toutefois pas scientifiquement prouvée: «les femmes ont plus grande expérience de la douleur. Peut-être que c'est pour cela qu'elles sont moins stressées par la douleur».

Cela confirme-t-il la croyance selon laquelle les femmes oublient la douleur de l'accouchement, ce qui fait en sorte qu'elles ne refusent pas net d'avoir un autre bébé après?

«Les gens disent cela. Je trouve cela intéressant et ce n'est pas impossible, a commenté le chercheur. Peut-être que notre recherche est plus large que nous le pensons et nous touchons à cela avec nos résultats.» Mais il ne peut dire si cela est bel et bien vrai.

La similitude des résultats obtenus chez l'être humain et la souris confirme la solidité de l'observation, avancent les scientifiques. L'effectif du volet humain de l'étude comprenait 41 hommes et 38 femmes de 18 à 40 ans.

Quant à l'intérêt de cette recherche, les chercheurs estiment que les résultats obtenus pourraient éventuellement aider à développer des traitements pour la douleur chronique, qui afflige de très nombreuses personnes.

De plus, le fait de confirmer qu'il y a une autre différence entre les hommes et les femmes sur la façon de ressentir la douleur permettra de mieux cibler les soins à leur offrir - et la recherche.

Jusqu'à très récemment, presque personne n'effectuait ses recherches animales sur des spécimens femelles, dit le chercheur.

«Les femmes constituent la majorité des patients souffrant de douleur chronique, alors pourquoi diable faisons-nous nos recherches sur les mâles?», se demande le professeur Mogil.