Société

La BMO retire des inscriptions jugées offensantes pour les Autochtones

MONTRÉAL - Des ouvriers ont retiré mardi deux inscriptions gravées dans des pierres sur la façade du vieil immeuble de la Banque de Montréal (BMO), dans le Vieux-Montréal, qui évoquaient la mort brutale d’un chef iroquois en 1644.

Des communautés des Premières Nations réclamaient depuis des années le retrait de ces pierres commémoratives parce qu’elles projetaient une image négative des Autochtones. Les deux inscriptions, en français et en anglais, étaient gravées dans des pierres sur la façade de l’édifice de la place d’Armes, juste en face de la statue de Paul de Chomedey de Maisonneuve, cofondateur de la ville avec Jeanne Mance.

On y lisait jusqu’à mardi qu’«à proximité de cette place (...) les fondateurs de Ville-Marie affrontèrent les Iroquois, qui furent vaincus au cours de la bataille en mars 1644». L’inscription, gravée dans la pierre grise de Montréal, se terminait par la phrase: «Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve, tua le chef indien de ses propres mains.»

Des ouvriers avaient retiré les deux pierres commémoratives mardi midi. Sur la nouvelle pierre en anglais, visible au sol, on pouvait lire que les fondateurs de Ville-Marie avaient rencontré près de cette place des Iroquois et les avaient vaincus en 1644. Plus tard en après-midi, les ouvriers étaient repartis en laissant deux rectangles béants sur la façade.

Michael Rice, qui estime avoir été le premier à se plaindre auprès de la banque de ces inscriptions lapidaires, en 1992, nourrissait mardi des «sentiments partagés» face à la décision de la BMO. M. Rice soutient qu’il n’a jamais demandé à la banque de retirer les pierres gravées: il souhaitait plutôt qu’une autre plaque soit installée à côté des deux autres, afin d’offrir la perspective iroquoise sur ce chapitre de l’histoire de Montréal.

Dans une entrevue téléphonique, M. Rice a raconté qu’il avait appelé la banque il y a environ un an pour demander, encore une fois, qu’elle corrige le tir. Il soutient qu’il aurait été facile d’installer sur la façade une autre plaque précisant que «les Iroquois essayaient simplement de défendre leur territoire», qu’»ils ne se battaient pas pour rien». M. Rice estime qu’en gommant les intentions des Iroquois, la BMO contribue à effacer les traces de leur histoire sur l’île de Montréal.

Comme l’immeuble BMO de la place d’Armes se trouve au coeur du «site patrimonial du Vieux-Montréal» désigné par le gouvernement du Québec, une autorisation ministérielle était nécessaire avant que les pierres puissent être retirées ou modifiées. Le porte-parole de la BMO, François Morin, a indiqué mardi dans un courriel que la banque avait demandé en juin l’autorisation du ministère de la Culture du Québec pour enlever les pierres afin de modifier une «phrase fautive sur la mort du chef iroquois».

Le ministère de la Culture n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires.

L’an dernier, année du 375e anniversaire de la fondation de Montréal, des voix s’étaient élevées pour demander à nouveau le retrait de ces pierres commémoratives. Des citoyens de tout le pays commençaient d’ailleurs à débattre de ce qu’il fallait faire avec les statues et autres monuments commémoratifs jugés offensants pour les peuples autochtones - notamment les représentations de l’ex-premier ministre canadien John A. MacDonald et de l’ancien gouverneur de la Nouvelle-Écosse Edward Cornwallis.

Société

Des «adresses de complaisance» pour obtenir la résidence permanente au Canada?

Une enquête fédérale est en cours à l’Île-du-Prince-Édouard sur une présumée fraude qui aurait permis à des centaines de personnes d’obtenir la résidence permanente au Canada en utilisant des adresses locales où elles n’habitaient pas.

Un mandat de perquisition de l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) allègue que 462 candidats au Programme des candidats des provinces auraient ainsi utilisé depuis quatre ans comme «adresses de complaisance» des maisons de Charlottetown appartenant à deux immigrants chinois.

Or, l’agence soupçonne que ces immigrants ne se sont pas installés par la suite dans l’île, contrairement aux exigences du programme provincial. Par contre, leurs documents d’immigration auraient été envoyés à leur adresse réelle ailleurs au Canada ou en Chine.

Ces allégations, qui n’ont pas été prouvées devant les tribunaux, surviennent deux mois à peine après que deux hôteliers de Charlottetown ont été accusés de fraude à l’immigration. L’agence allègue que 566 immigrants utilisaient l’adresse de leur hôtel et de leur résidence privée.

Les récentes allégations, si elles mènent à des accusations, porteraient le nombre total de cas à un millier dans le seul Programme des candidats des provinces. La plupart de ces immigrants auraient ensuite obtenu le statut de résident permanent.

Les résidents permanents sont des immigrants qui ne sont pas citoyens canadiens mais qui ont été autorisés à demeurer et travailler au Canada pendant cinq ans, avant de pouvoir demander un renouvellement. Ils bénéficient de la plupart des droits des citoyens canadiens et peuvent se prévaloir des programmes sociaux, mais ils ne peuvent pas voter, postuler aux emplois dans la fonction publique, obtenir un passeport canadien ou occuper des emplois exigeant une cote de sécurité.

En vertu du Programme des candidats des provinces pour l’Île-du-Prince-Édouard, les demandeurs fournissent au gouvernement provincial un dépôt remboursable de 200 000 $; ils s’engagent aussi à investir 150 000 $ et à gérer une entreprise sur place.

La question des adresses de complaisance se pose aussi dans d’autres provinces, affirment les avocats spécialisés en immigration. L’année dernière, des immigrants chinois à Vancouver ont ainsi été condamnés à une peine d’emprisonnement et à une amende pour fraude à l’immigration impliquant 1600 immigrants.

Betsy Kane, avocate d’Ottawa spécialisée en immigration, estime que les participants aux programmes provinciaux devraient d’abord démontrer qu’ils respectent leurs conditions avant d’obtenir leur résidence permanente.

Société

Les personnes âgées sont plus satisfaites de leur vie que les plus jeunes

MONTRÉAL — Les personnes âgées sont davantage satisfaites de leur vie que les plus jeunes, ressort-il d’une récente analyse de Statistique Canada.

Il s’agit d’une évaluation personnelle et subjective, soit, mais qui peut toutefois en dire long sur l’état d’esprit des Canadiens de plus de 70 ans.

En 2016, ceux-ci affichaient des taux de satisfaction plus élevés que les 20 à 69 ans.

Et selon un calcul fait par Statistique Canada portant sur les Canadiens qui étaient âgés de 65 ans et plus en 2016, la cote moyenne de satisfaction à l’égard de la vie, dans l’ensemble, était de 8,2 sur 10. Sur l’échelle utilisée, 0 signifiait « très insatisfait » et 10 « très satisfait ».

Les résultats montrent aussi que le groupe d’âge le plus satisfait est celui des 70 à 79 ans. Il affiche un taux de satisfaction plus élevé que le groupe des 60-69 ans et aussi que celui des 80 ans et plus.

Seules les personnes de 15 à 19 ans présentaient des niveaux de satisfaction à l’égard de la vie comparables à ceux des personnes âgées, avec un résultat considérablement plus marqué chez les jeunes hommes.

Généralement, les femmes âgées affichaient des niveaux de satisfaction plus élevés que les hommes du même groupe d’âge.

Autre constat : les personnes âgées séparées sont moins satisfaites à l’égard de la vie que celles qui sont en couple, une conclusion qui avait déjà été tirée avec les autres groupes d’âge, mais qui s’avère vraie aussi pour les aînés.

À noter que les aînés — particulièrement les plus âgés d’entre eux — sont plus susceptibles de vivre en établissement. Or, ces personnes étaient exclues de l’étude. Étant donné qu’elles sont plus susceptibles d’être en mauvaise santé, ce qui peut être associé à un niveau inférieur de satisfaction à l’égard de la vie, leur absence des statistiques peut avoir un impact sur les résultats, souligne Statistique Canada.

Et l’argent ?

L’argent compte-t-il ? Selon les résultats, le revenu familial n’était pas associé de manière significative à la satisfaction à l’égard de la vie chez les personnes âgées, ce qui est, selon Statistique Canada, « l’un des résultats les plus notables de la présente étude ».

Toutefois, les personnes ayant déclaré avoir un revenu de retraite insuffisant affichaient — sans surprise — des niveaux de satisfaction plus faibles.

« Ces résultats portent à croire que des facteurs qui ne sont pas d’ordre financier, comme le fait d’avoir un vaste réseau familial et d’amis et d’avoir la capacité de faire face aux défis quotidiens, influent davantage sur la satisfaction à l’égard de la vie chez les personnes âgées que bon nombre d’autres facteurs, y compris le revenu familial », peut-on lire dans le document d’analyse.

Les personnes âgées immigrantes ont également déclaré être plus satisfaites que les aînés nés au Canada.

Les résultats ont été obtenus auprès des Canadiens de la façon suivante : les répondants devaient indiquer dans quelle mesure ils étaient satisfaits à l’égard de la vie, sur une échelle de 0 à 10. La même question était posée par rapport à neuf aspects de la vie, soit le niveau de vie, la santé, les réalisations au cours de la vie, les relations personnelles, le sentiment d’appartenance à la collectivité, le temps à sa disposition pour faire ce que l’on aime, la qualité de l’environnement local, l’apparence personnelle et le sentiment de sécurité.

En ce qui concerne les neuf aspects de la vie examinés, ceux qui récoltaient les niveaux de satisfaction les plus élevés étaient le sentiment de sécurité (cote moyenne de 8,4), la qualité de l’environnement local (8,3) et les relations personnelles (8,3). Les répondants étaient toutefois moins satisfaits de leur état de santé (7,2).

« Des études antérieures ont examiné l’association entre la santé et le bien-être et ont conclu que la santé était l’un des principaux facteurs associés à la satisfaction à l’égard de la vie », est-il écrit.

Actualités régionales

Hommage aux « quintuplées Dionne » à North Bay

Les deux « quintuplées Dionne » qui sont encore vivantes reviendront cette semaine dans la maison en bois qui les a vues naître il y a 84 ans, pour une cérémonie qui fera de leur naissance un événement d’importance historique nationale.

Un porte-parole de Cécile et Annette Dionne a confirmé que les deux sœurs se rendront à North Bay, en Ontario, dimanche, pour assister au dévoilement d’une plaque commémorative dans cette maison transformée aujourd’hui en musée. Carlo Tarini a indiqué que les deux sœurs visiteront cette maison pour la première fois depuis 20 ans. Cécile et Annette ont demandé à prendre une photo avec des enfants de la région.