Société

L’isolement social: un phénomène préoccupant

La création au Royaume-Uni d’un ministère de la Solitude pour lutter contre l’isolement social frappe l’imagination, mais cette annonce a le mérite en tout cas de braquer les projecteurs sur un problème réel, qui touche aussi le Canada, estiment des experts de ce côté-ci de l’Atlantique.

Isobel Mackenzie, qui défend les droits des personnes âgées en Colombie-Britannique, n’est pas certaine que ce soit la voie à suivre, mais cette annonce permet de parler de ces gens qui ont justement peu de personnes à qui parler.

Selon Andrew Wister, directeur du centre de recherche en gérontologie de l’Université Simon Fraser, en Colombie-Britannique, près d’un Canadien sur cinq éprouve une forme ou une autre d’isolement social. Cette solitude non désirée peut avoir de graves effets sur la santé mentale et physique, voire sur la mortalité, et le professeur Wister croit que le Canada devrait profiter de l’expérience britannique pour amorcer un débat public sur cet enjeu.

La première ministre du Royaume-Uni, Theresa May, a annoncé mercredi la création d’un ministère de la Solitude. Le titulaire du nouveau portefeuille devra notamment oeuvrer avec tous les ministères pour identifier et soutenir les mesures qui fonctionnent déjà.

M. Wister estime que cette approche interministérielle est essentielle, car les facteurs qui expliquent l’isolement sont extrêmement variés. Au Canada, le Conseil national des aînés concluait en 2017 que les personnes âgées les plus à risque sont celles qui vivent seules ou dans des localités éloignées, celles qui s’identifient comme faisant partie des minorités sexuelles, et celles qui souffrent d’un handicap ou de pauvreté. Les aînés déplorent surtout le manque d’accès aux transports, aux soins de santé et aux services sociaux.

Isobel Mackenzie soutient aussi que l’isolement social est une «conséquence imprévue» de la vie moderne, notamment des nouvelles technologies de consommation. Puisqu’on est de plus en plus poussé à faire ses opérations bancaires et ses emplettes en ligne, certaines personnes risquent de parler à de moins en moins de personnes chaque jour.

Et l’isolement est un phénomène particulièrement grave chez les personnes âgées de 80 ans et plus, même en résidences, parce qu’elles ont souvent vécu le décès du conjoint, rappelle-t-elle.

Actualités régionales

Réouverture des patinoires dans la région

Le retour du temps froid dans la région permet la réouverture des patinoires du ruisseau de la Brasserie et du canal Rideau.

La première est de nouveau accessible aux patineurs depuis lundi, tandis que la seconde, fermée depuis cinq jours en raison de la pluie tombée sur la région la semaine dernière, sera rouverte mardi dès 8h sur le tronçon compris entre la rue Somerset et les écluses Hartwells. 

Quant à la patinoire du lac Beauchamp, l’équipe du Service des travaux publics de la Ville de Gatineau s’affaire aux derniers préparatifs dans l’espoir de l’ouvrir au public dans les prochains jours.

Société

Toronto appelée à s’inspirer de Montréal concernant les itinérants

Toronto devrait s’inspirer de villes comme Montréal et Edmonton pour un meilleur plan sur le logement afin d’éviter d’avoir recours à des refuges d’urgence pour itinérants, affirme le président d’un groupe pancanadien travaillant à sortir les gens de la rue.

Des responsables à Toronto ont ouvert un refuge temporaire pour itinérants plus tôt ce mois-ci dans le contexte d’une période, selon le maire John Tory, de froid incessant et de demande sans précédent pour des mesures d’aide additionnelles.

Le président de l’Alliance canadienne pour mettre fin à l’itinérance, Tim Richter, a fait valoir qu’il y avait des raisons qui expliquent l’augmentation de l’itinérance. Bien qu’il reconnaisse que Toronto se doit de répondre aux besoins présents cet hiver, il soutient que la Ville doit s’attaquer à un problème plus large.

« La crainte est que nous en sommes en mode panique et que nous nous attardons aux refuges (temporaires). L’urgence à laquelle nous faisons face éclipse la crise qui a créé l’urgence », a-t-il affirmé.

« L’itinérance est causée par un manque de logements. La réponse en vient à s’attarder aux refuges », a ajouté M. Richter.

Le président de l’organisation a dit croire que des villes comme Montréal, Edmonton, Hamilton, Guelph, en Ontario, et London, en Ontario, ont évité d’avoir recours dans l’urgence à des refuges cette année, car elles ont mis des efforts dans le logement pour les sans-abris ces dernières années.

Des responsables dans certaines de ses villes ont confirmé qu’elles avaient suffisamment de lits pour répondre à la demande croissante durant les récents épisodes de froid intense.

« Dans le froid intense, nous avons des lits disponibles. Avant, nous étions en surcapacité... Aujourd’hui, il n’y a pas de matelas au sol, dans les corridors ou dans la cafétéria », a indiqué Matthew Pearce, président et chef de la direction de la Mission Old Brewery à Montréal.

« Il n’y a personne qui a dû dormir sur le plancher en raison d’un manque de lits. »

La nouvelle situation peut être attribuée à certains correctifs apportés, selon lui.

« Nous ne pouvons pas seulement continuer d’offrir des refuges pour la nuit, des repas, des douches et des vêtements de rechange. Aussi cruciaux que soient ces services, si nous nous arrêtons là, nous soutenons l’itinérance », a fait valoir M. Pearce.

Des logements pour environ 600 personnes ont été trouvés dans les deux dernières années, a-t-il indiqué.

« Ces personnes étaient celles qui occupaient nos lits chaque nuit. Elles ne sont plus là. Elles se trouvent dans leurs propres appartements », a affirmé M. Pearce.

Des programmes similaires sont en vigueur en Alberta, où plusieurs municipalités et plusieurs agences ont travaillé à un plan sur dix ans pour mettre fin à l’itinérance.

« Nous avons plus d’une douzaine d’organisations qui ont des programmes de logement d’abord. Cette activité du logement a donné des résultats », a affirmé Susan McGee, chef de la direction de Homeward Trust à Edmonton.

Près de 6000 personnes ont déménagé dans des logements au cours des sept ou huit dernières années, a dit Mme McGee.

Le gouvernement fédéral a dit garder à l’œil la situation des refuges d’urgence à travers le pays.

Tout en soulignant que Toronto est un pôle d’attraction qui rend la situation du logement différente d’ailleurs, le député libéral fédéral dans la ville Adam Vaughan a dit aussi croire qu’elle devait s’attarder à trouver un toit pour les itinérants.

« Ce que nous devrions vraiment faire est de vider ces refuges grâce à du logement supervisé, qui est moins dispendieux. C’est aussi plus humain », a dit le député.

M. Vaughan a salué les avancées à Montréal et à Edmonton.

« Les systèmes de prévention du Québec et l’attention sur le relogement rapide en Alberta constituent probablement les deux meilleures pratiques au pays », a-t-il soutenu.

Société

L’histoire régionale dans une école près de chez vous

L’histoire locale et régionale fait, pour la première fois, une véritable entrée dans les classes des écoles primaires et secondaires de la région. Ça aura pris un peu plus de 200 ans.

Les commissions scolaires des Draveurs (CSD) et des Portages-de-l’Outaouais (CSPO) – deux noms déjà évocateurs – sont les premières dans la région à mettre à la disposition des enseignants un outil pédagogique, clé en main, permettant d’intégrer au cursus scolaire des notions détaillées de notre histoire régionale. 

« On n’avait jamais eu cette opportunité-là, de cette qualité-là, avant, explique Stéphane Lacasse, directeur du service des ressources éducatives à la CSPO. On retrouve parfois quelques notions d’histoire régionale, de manière accidentelle, dans des ouvrages pédagogiques qui ne sont pas pensés pour l’Outaouais. Là, on creuse vraiment dans les notions d’histoire et de développement de la région. Il y a des choses méconnues dans notre histoire qui vont certainement susciter des discussions dans nos écoles. Ça va amener, peut-être, les jeunes à questionner leurs grands-parents. Ça va permettre des échanges. Nos enseignants dans les cours d’univers social deviendront les meilleurs vendeurs de notre histoire locale. Ils pourront raconter aux élèves ce qui s’est passé au coin de leur rue, dans leur quartier, avant que leur rue existe. »

L’histoire de l’Outaouais entrera dans les classes de la CSPO à la rentrée 2018. L’outil pédagogique développé par A.B.C. Stratégies, un organisme de la région, s’adressera aux élèves de la troisième année du primaire, jusqu’à la quatrième année du secondaire. Elle sera principalement enseignée dans les cours d’univers social, mais des notions pourraient aussi être transmises dans le cadre de cours de français, de sciences ou d’arts.