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Nouvelle app québécoise à la conquête des célibataires

EXCLUSIF / Cupidon aura une flèche de plus à son arc cette année. L’entreprise de la capitale Célibataires Québec lancera le 14 février une nouvelle application de rencontres pour concurrencer les Tinder de ce monde.

Déjà, avant même le lancement officiel qui aura lieu pour la Saint-Valentin, plus de 1000 personnes sont inscrites sur GoSeeYou, maintenant bien rodée, indique l’entrepreneure Mélanie Trudel. Pourquoi une application? La femme d’affaires explique que la demande est incroyable de la part des nombreux célibataires de la région et même de la province, et que les événements ponctuels qu’elle organise partout au Québec ne suffisaient plus. 

Le nom anglophone vise à s’exporter mieux hors du Québec. «Je vise l’Amérique du Nord.»

Mme Trudel a aussi voulu contrer certaines failles qu’ont à son avis les applications actuelles. Ainsi, il y a une icône «sérieux» pour bien identifier les gens qui cherchent un compagnon ou une compagne à long terme. «Une personne qui n’a pas activé cette icône recevra un message dissuasif lorsqu’elle voudra signaler son intérêt à quelqu’un qui cherche du sérieux», explique Mme Trudel.

Famille et horaires

Une option permet aussi d’indiquer clairement la situation familiale. On peut indiquer si on est parents (de jeunes ou de vieux rejetons!), si on veut avoir des enfants et si on accepte de fréquenter des gens qui en ont. Une façon de mieux éviter des irritants potentiels à la source. 

Vos horaires atypiques compliquent vos amours ou au contraire vous souhaitez rencontrer quelqu’un qui fait du 9 à 5 comme vous? Une case vous donnera l’heure juste sur les horaires des candidats. Encore une fois, l’idée est de limiter au maximum les mauvais matchs.

Possible aussi de quantifier à l’aide d’étoiles vos intérêts, pour savoir par exemple si votre flamme potentielle aime le sport un peu, beaucoup ou à la folie.

Fonctions gratuites

Plusieurs fonctions qui sont en général payantes sur les applications du genre sont gratuites sur GoSeeYou. Ainsi, il est possible, si on a par erreur «glissé à gauche», c’est-à-dire refusé une personne, de revenir en arrière pour la choisir. Il est aussi possible de voir qui a exploré son profil. 

Des appels audio et vidéo sont intégrés à la plateforme, ce qui donne l’occasion de se parler directement et rapidement, sans avoir à donner votre numéro de téléphone ou donner accès à Messenger à quelqu’un que vous connaissez à peine.

«On a beaucoup plus d’informations que sur Tinder en partant, [ce qui permet] d’accélérer un peu le processus d’analyse de la fiche», indique Mme Trudel 

Si l’application est gratuite, elle aura tout de même un volet payant, comme plusieurs autres, pour obtenir certains privilèges supplémentaires. Ainsi, il n’est pas possible de donner plus de 12 «See You» par jour. Il faudra payer pour envoyer plus de ces notifications, qui indiquent votre intérêt. 

«Je veux que ça soit ça parce que je ne veux pas que les gars envoient des “See You” à n’importe qui.» Il est aussi possible d’activer un mode discret pour consulter des profils sans laisser de traces.

Mme Trudel croit toutefois à l’importance de se rencontrer en personne. «Je souhaite inciter les gens à se rencontrer rapidement dans le réel plutôt que de s’éterniser dans le virtuel», fait-elle valoir. D’ailleurs, une suggestion de premier rendez-vous chez un de ses partenaires d’affaires est envoyée lorsque les deux personnes échangent plus de 100 bulles de messagerie. «Ça arrive quand même vite dans le processus et on n’a pas la peur de se faire rejeter, comme c’est le système qui le fait.»

Pour infos : celibatairesquebec.com et goseeyou.com

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LE GRAND POTENTIEL DU MARCHÉ DU CÉLIBAT

Dès son premier événement en 2014, l’entrepreneure Mélanie Trudel a vu l’immense potentiel du marché des célibataires. «La première soirée, j’étais sold out et on a même refusé des gens. C’était dans une galerie d’art. On a eu 120 personnes.»

Mme Trudel joue les entremetteuses depuis ce jour. De façon professionnelle, du moins, puisque la femme de 36 ans a toujours aimé «matcher» des amis. «Ça n’a jamais arrêté depuis ce temps-là», dit la femme d’affaires, qui a quitté son emploi dans les télécoms il y a un an pour se consacrer à temps plein à ses projets.

Son entreprise s’est déjà fait remarquer pour certains coups d’éclat, comme des événements pour trouver l’âme sœur organisés au Carnaval ou même... dans les allées d’une épicerie. 

«L’application, c’est un accélérateur virtuel de rencontres, qui permet de rencontrer dans le réel, alors que les événements, c’est vraiment pour ceux qui sont blasés du virtuel et qui veulent rencontrer toute de suite dans le réel», explique-t-elle.

Application, voyages, événements, coaching, blind date... Célibataires Québec s’attaque au célibat sur tous les fronts.

Sans critères

L’entreprise s’appelait Célibataires sans critères lors de sa création. Interdit, dans les premiers événements, de dire trois choses : son âge, son métier et depuis combien de temps on est célibataire. «On veut que ça clique pour les bonnes raisons», dit Mme Trudel. 

Escalade, danse latine, soirée glamour au Carnaval, l’entreprise rivalise d’imagination pour proposer des événements qui vont convenir à tous les types de clientèles, des sportifs aux amoureux des animaux. «Il y en a pour tous les goûts. Tout peut s’adapter pour les célibataires. Ils attendent juste ça d’avoir des suggestions d’activités», note-t-elle. 

Mais le volet sans trois critères ne plaisait pas à tous. Certaines personnes avaient des critères précis, expose Mme Trudel. L’entreprise organise donc maintenant certaines activités sans ces conditions.

La demande est aussi en croissance pour les voyages organisés. Du coaching est aussi disponible pour ceux qui veulent des conseils.

Et pour ceux qui se disent trop occupés pour naviguer sur les réseaux sociaux, Mme Trudel offre des blind dates. Plus de 700 personnes ont confié leur rendez-vous à l’aveugle à son équipe, qui analyse les fiches des célibataires pour tenter de faire des couples. «À Québec, c’est hallucinant. J’ai des blind dates à peu près tous les jours.»

Santé

Défi Tide Pods: le Centre antipoison du Québec inquiet

Après cinq empoisonnements répertoriés au Canada anglais liés au défi Tide Pods, le Centre antipoison du Québec craint que ce défi, qui consiste à mordre dans l’emballage d’une capsule de détergent à lessive et à filmer sa réaction, ne soit aussi la cause d’intoxications au Québec.

«Depuis que les Tide Pods sont sortis, on enregistre des cas d’exposition. En 2016, 151 ont été notés, la plupart sur des enfants de 0 à 5 ans», explique au Soleil la Dr Maude Saint-Onge, porte-parole du Centre antipoison, ajoutant que les deux tiers de ces cas avaient présenté des symptômes et que 20 % avaient nécessité des soins hospitaliers.

Le sénateur de l’État de New York Chuck Schumer, maintenant leader de la minorité démocrate au Sénat américain, avait déjà sonné l’alarme en 2012 concernant les petits paquets colorés. Il considérait que leur présentation incitait les enfants à consommer des produits chimiques dangereux. «Moi même, j’en ai vu un sur le bureau d’un membre de mon personnel politique et j’avais envie de le manger!» avait-il alors déclaré en conférence de presse

La Consumer Product Safety Commission des États-Unis a révélé il y a quelques jours que deux enfants et six adultes ayant des problèmes de santé liés à la démence étaient décédés au cours des cinq dernières années après avoir ingéré accidentellement les capsules qui ressemblent à des friandises colorées.

Le défi

Depuis quelques semaines cependant, l’apparition du défi Tide Pods sur les réseaux sociaux et les sites d’hébergement de vidéos a toutefois changé la donne. Au départ un gag misant sur la ressemblance des capsules de détergent à lessive avec des friandises colorées et sur leur apparence délicieuse, certains internautes, notamment des adolescents, ont poussé la blague plus loin en croquant volontairement dans les petits sachets.

Facebook et YouTube ont finalement décidé il y a quelques jours de retirer les vidéos incitant à ingérer ces produits devant l’ampleur qu’avait prise le phénomène internet et les dangers de l’absorption des capsules de détergent.

«Heureusement, on n’a pas encore eu de cas d’absorption volontaire au Québec, mais quatre cas ont déjà été répertoriés en Ontario et un en Alberta. On craint donc que ça puisse s’en venir au Québec. Et si le nombre d’expositions s’était stabilisé ces dernières années, on craint que ça augmente à cause du défi», poursuit le Dr Saint-Onge.

Celle-ci précise que les savons, les tensioactifs et les javellisants contenus dans les capsules de détergent peuvent causer des nausées, des vomissements et même des lésions à l’œsophage et à l’estomac s’ils sont ingérés, de même que des problèmes respiratoires s’ils sont inhalés. 

Ersatz dans des bars

Certains bars ont malgré tout décidé de tabler sur le phénomène Internet en offrant un ersatz à leurs clients : un cocktail aux couleurs bleu, blanc et orange du fameux détergent en capsules Tide où les produits chimiques sont plutôt remplacés par de l’alcool et du colorant alimentaire.

En Pennsylvanie, le Molly’s Irish Grille and Sports Pub de Bethlehem a lancé le Tide Pod Shot, un shooter de crème irlandaise, de vodka, de liqueur curaçao et de colorant orangé. Des centaines de verres du nouveau cocktail auraient ainsi été vendus en quelques jours.

Cependant, histoire de ne pas faire la promotion du dangereux défi, le réseau social Facebook aurait décidé d’interdire de publier des images du Tide Pod Shot, incitant le bar à le rebaptiser «shooter interdit par Facebook».

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«GRONK» S'EN MÊLE

En plus de tenter d’empêcher les Eagles de Philadelphie de remporter le LIIe Super Bowl le 4 février, l’ailier rapproché des Patriots de la Nouvelle-Angleterre Rob Gronkowski a aussi décidé d’essayer d’arrêter les jeunes de manger les capsules de détergent Tide.

En réponse au défi Tide Pods, l’exubérant footballeur américain a enregistré un message d’intérêt public avec le fabricant de détergent où il répète de façon non équivoque qu’il ne faut surtout pas utiliser les Tide Pods pour autre chose que faire sa lessive, encore moins les manger.

Justice et faits divers

Plus d’incidents haineux rapportés depuis la tuerie à la Grande Mosquée

MONTRÉAL — Les appels pour rapporter des crimes et des incidents haineux ont monté en flèche au Centre de prévention de la radicalisation menant à la violence dans l’année qui a suivi l’attaque à la Grande Mosquée de Québec, a fait savoir le directeur général du centre.

Herman Deparice-Okomba est toutefois d’avis que cela ne signifie pas une augmentation des crimes et incidents haineux contre les musulmans.

Il croit que les citoyens, qui ont vu des personnes tuées sous les balles le 29 janvier 2017, ne veulent pas prendre de chance et dénoncent davantage.

En chiffres, le résultat est le suivant: le centre rapporte 17 appels en 2015 à ce sujet, 52 en 2016 et 166 en 2017.

La majorité de ces appels ont été faits en raison de menaces ou de propos haineux tenus contre les musulmans spécifiquement, a précisé M. Deparice-Okomba.

L’an dernier, une quinzaine d’appels ont d’ailleurs été référés à la police, a ajouté le directeur général.

Le centre est contacté lorsque des gens entendent des propos inquiétants ou voient ce qu’ils considèrent être des menaces contre une communauté ou un groupe.

Avant la tuerie à la Grande Mosquée, si les gens pouvaient avoir tendance à banaliser ces propos, ou à penser que ce n’était le fait que de quelques «égarés», ce n’est plus le cas maintenant, dit-il. Selon M. Deparice-Okomba, l’augmentation est due à la stratégie de prévention et communication mise en place depuis trois ans, par laquelle le centre incite les gens à rapporter tous les incidents racistes, homophobes ou antisémites dont ils sont témoins.

Société

Un statut particulier pour les interprètes

Une organisation qui offre des services d’interprétation pour les personnes sourdes et malentendantes demande aux gestionnaires du réseau de la santé de l’Outaouais de reconnaître le caractère transfrontalier de la région pour son champ d’expertise pour qu’elle puisse obtenir un financement adéquat et être ainsi sur un pied d’égalité avec la concurrence ontarienne.

Le Service régional d’interprétation visuelle de l’Outaouais (SRIVO) se voit dans l’obligation de réduire le soutien qu’il offre à ses clients en raison d’un manque de financement, et au fait que des interprètes préfèrent aller travailler en Ontario.

« Ça fait au moins dix ans que notre organisme est en déficit. C’est en moyenne 25 000 $ par année de déficit que l’organisme accuse pour répondre aux besoins de la région, a précisé Nathalie St-Laurent, directrice générale du SRIVO. Ça fait depuis 2010 qu’on dit au CISSSO  que la réalité frontalière pénalise les clients de l’Outaouais québécois. Les salaires en Ontario et dans le privé sont beaucoup plus élevés ».

Le SRIVO maintient les services nécessaires et prioritaires, c’est-à-dire pour les rendez-vous en santé et les services d’urgence de ses clients. Toutefois, le soutien aux familles et tous les autres services non remboursables ne seront plus disponibles pour une période indéterminée. L’organisation compte quelque 1000 clients en Outaouais.

Selon Mme St-Laurent, le SRIVO pourrait fermer parce que le « CISSSO cherche d’autres moyens d’offrir le service puisque c’est eux qui ont la responsabilité de l’offre de services », a-t-elle indiqué.

Benoît Gauthier, adjoint au président-directeur général du CISSSO, a concédé que son organisation a d’autres ententes de services avec d’autres entreprises parce que « le SRIVO n’est pas toujours en mesure de rendre disponible un interprète » pour un client qui a besoin de ses services.

« Notre première responsabilité et notre premier enjeu sont d’assurer un service de qualité aux usagers de la communauté sourde et malentendante qui a besoin de nos services. Nous avons des contrats avec d’autres entreprises pour être certains d’avoir toujours un interprète disponible », a expliqué M. Gauthier, qui a aussi précisé que le CISSSO a un préjugé favorable pour continuer à faire affaire avec le SRIVO prioritairement, « puisqu’il s’agit d’un organisme communautaire bien ancré dans la communauté ».

« À l’heure actuelle, on leur offre (SRIVO) 210 000 $ de financement qui n’est pas lié à de la facturation. Ils ont déjà ça de base pour fonctionner », a en outre mentionné Benoît Gauthier.

Il semble peu probable que les services d’interprétation obtiennent un statut particulier.

« Nous avons discuté avec eux (SRIVO) au cours des derniers mois pour trouver différentes solutions. À notre avis pour l’instant, il n’y a pas lieu de regarder une bonification du financement. Pour nous, c’est en premier un enjeu d’organisation de services, et il faut être en mesure de conclure avec le SRIVO une entente qui va assurer la viabilité et la pérennité de l’organisme, mais qui nous assurera de notre côté que les interprètes seront disponibles pour desservir la communauté », a expliqué M. Gauthier.