Les ministres Hélène David et Stéphanie Vallée étaient à Gatineau pour le début des consultations publiques visant l’élaboration d’un nouveau plan d’action pour la lutte à la violence conjugale.

Violence conjugale: mieux répondre aux nouvelles réalités

Le Québec doit mieux documenter les « nouveaux visages de la violence conjugale » et répondre plus adéquatement aux différentes réalités culturelles qui ont émergé au cours des dernières années.

Il s’agit de deux des principaux constats qui ont fait surface, mardi, à Gatineau, où s’ouvrait la consultation publique qui mènera à l’élaboration du nouveau plan d’action gouvernemental en matière de lutte à la violence conjugale.

La ministre de l’Enseignement supérieur et de la Condition féminine, Hélène David, et la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, étaient toutes deux présentes à l’Université du Québec en Outaouais pour écouter les avis d’intervenants des milieux communautaires, de la recherche et du secteur parapublic.

« Une chose qui est ressortie c’est le besoin de documenter les nouveaux visages de la violence conjugale, a indiqué Mme Vallée. Historiquement, on a beaucoup regardé la violence conjugale sous l’angle des relations homme-femme traditionnelles, mais c’est aujourd’hui beaucoup plus large que ça. »

Le nouveau plan d’action devrait porter plus d’attention aux situations de violence conjugale dans les couples de même sexe, chez les hommes et au sein de la communauté LGBTQ, a précisé Mme Vallée.

« Il y a aussi la réalité des nouveaux arrivants, a-t-elle ajouté. Il y a des réalités culturelles qui vont amener des femmes à ne pas concevoir ce qu’elles vivent comme de la violence conjugale. Il faut rejoindre ces femmes-là et leur expliquer qu’ici ce n’est pas accepté. »

Mme David ajoute que la barrière de la langue chez certaines femmes immigrantes peut aussi complexifier une situation qui est déjà très compliquée. « Parfois, ces femmes ne parlent ni l’anglais ni le français », précise-t-elle.

Mme Vallée a souligné que plus de 50 % des victimes de violence conjugale ont moins de 40 ans au Québec. « Il faut faire de la prévention et de la sensibilisation dès le plus jeune âge, a ajouté la ministre David. Ça s’apprend jeune et souvent à partir du modèle qu’on a chez soi. Le rôle de l’école est important, mais aussi celui de l’éducation au sens large. Il en a été question aujourd’hui et il en sera probablement question tout au long de nos consultations. »

Les villes de Montréal, Québec et Rimouski seront aussi visitées dans le cadre de la tournée de consultation du gouvernement. Mme David a indiqué souhaiter que le nouveau plan d’action puisse être adopté avant la prochaine élection qui aura lieu en octobre.