Charlotte Mantha est décédée en janvier dernier de complications après avoir contracté l'influenza.

Une fondation au nom de la petite Charlotte

La mère d’une enfant de 3 ans morte de la grippe lance une deuxième croisade. Après avoir insisté pour qu’on cesse de banaliser les dangers de l’influenza, Nancy Bouchard souhaite créer une fondation pour améliorer les soins pour les enfants en Outaouais.

Avec l’aide de la Fondation Santé Gatineau, la Fondation Charlotte Mantha verrait le jour au cours des prochains mois, soutient Mme Bouchard. Son objectif ultime, c’est qu’un hôpital pour enfants voit le jour en Outaouais. En attendant, elle aimerait à tout le moins une amélioration des services.

«Juste ça, avoir une clinique pédiatrique ouverte 24h, ça serait un bon début, affirme la jeune mère. Souvent, dans la journée, l’enfant est correct. C’est le soir qu’il commence à être fatigué et qu’on voit les symptômes. Le soir, comme parent, on est démuni. On ne sait pas où aller. »

Lors de la rencontre entre Nancy Bouchard et le directeur général de la Fondation Santé Gatineau, ce dernier lui aurait souligné que les besoins sont réels pour les soins aux enfants.

« Automatiquement, un enfant de l’Outaouais, il va être référé au CHEO (Centre hospitalier pour enfants de l’Est de l’Ontario) ou à Montréal si c’est un cas un petit peu lourd. Pour moi, ça n’a aucun sens, on est une région quand même populeuse », soutient Mme Bouchard.

Ç’a été le cas de sa fille, Charlotte, transférée à Montréal quelques heures après son arrivée à l’Hôpital de Buckingham, un mardi soir en janvier dernier. C’était trop tard dans son cas puisque l’influenza a provoqué des complications qui ont atteint le foie et le cerveau de l’enfant puis, éventuellement, ont causé son décès.

Nancy Bouchard croit qu’un hôpital pour enfants ou, à tout le moins, une clinique pédiatrique ouverte 24h par jour servirait de point de ralliement pour les parents de l’Outaouais. Ceux-ci n’auraient pas à se demander quel est le meilleur endroit pour que leur enfant reçoive des soins.

« Dans le cas de ma fille, quand on l’a trouvée léthargique, on ne s’est pas dit qu’il fallait aller au CHEO. On aimait mieux aller à Buckingham parce que c’est moins loin, même s’il n’y a pas de pédiatre. Sa situation était quand même grave. Notre réflexe, c’était d’aller à l’endroit le plus proche. »