Les données obtenues par Radio-Canada montrent qu’en date du 23 mars dernier, l’attente moyenne était de 25 jours pour l’évaluation des dossiers de ces enfants ou adolescents.

Une attente hors cible à la DPJ

L’évaluation d’enfants faisant l’objet d’un signalement jugé non prioritaire par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) prend en moyenne 25 jours en Outaouais, alors que la cible ministérielle prévoit que ce processus ne devrait prendre que quatre jours.

Des documents obtenus par Radio-Canada en vertu d’une demande d’accès à l’information révèlent qu’en Outaouais, les signalements classés urgents pour la santé ou la sécurité d’un enfant par la DPJ sont évalués en moins de 24 heures, ce qui correspond à l’objectif du ministère de la Santé et des Services sociaux.

La cible de 24 à 48 heures est également respectée pour les cas considérés prioritaires.

Le scénario n’est toutefois pas le même pour les jeunes dont le cas n’est pas jugé prioritaire. Les données obtenues par la société d’État montrent qu’en date du 23 mars dernier, l’attente moyenne était de 25 jours pour l’évaluation des dossiers de ces enfants ou adolescents.

Il s’agit d’un délai six fois plus long que la cible provinciale de quatre jours.

Des travailleurs ayant parlé à Radio-Canada sous le couvert de l’anonymat disent craindre pour le bien-être des enfants concernés par le retard dans le traitement des cas moins prioritaires, qui peuvent par exemple être liés à de la négligence parentale ou à des abus psychologiques.

La directrice de la DPJ en Outaouais, Michelyne Gagné, reconnaît que les délais observés pour les cas moins prioritaires peuvent avoir des conséquences indésirables.

« Si un enfant n’a pas de services et que la situation perdure, c’est certain que la situation de l’enfant peut se détériorer », a-t-elle mentionné au Droit.

Mme Gagné souligne que lorsqu’un dossier se retrouve en attente, les personnes à l’origine d’un signalement sont contactées « chaque semaine » pour vérifier si la situation de l’enfant a changé.

Selon Mme Gagné, les délais actuels pour les cas moins prioritaires sont notamment liés à une recrudescence du nombre de signalements retenus.

D’après le dernier bilan régional de la DPJ, le nombre de signalements a grimpé de 8,5 % entre 2015-2016 et 2016-2017.

Sur les 6164 cas signalés dans la région en 2016-2017, un peu plus de 2500 ont été retenus, une hausse de 14 % par rapport à l’année précédente.

L’analyse de certains dossiers est aussi complexifiée par de nouvelles réalités, note Mme Gagné.

« On a de plus en plus de familles recomposées, ce qui n’était pas la norme avant, et selon la loi, on doit rencontrer toutes les personnes significatives pour l’enfant, a-t-elle mentionné.

Il y a aussi les personnes qui sont nouvellement arrivées, pour lesquelles nous avons souvent besoin de traduction. »

Mme Gagné a également précisé que de nouveaux postes ont été créés ces dernières années afin d’alléger la tâche du personnel en place.

Les services demeurent tout de même fragilisés, à certains moments, par des départs ou des congés parentaux.