Selon Mme St-Laurent, le SRIVO pourrait fermer parce que le « CISSSO cherche d’autres moyens d’offrir le service puisque c’est eux qui ont la responsabilité de l’offre de services », a-t-elle indiqué.

Un statut particulier pour les interprètes

Une organisation qui offre des services d’interprétation pour les personnes sourdes et malentendantes demande aux gestionnaires du réseau de la santé de l’Outaouais de reconnaître le caractère transfrontalier de la région pour son champ d’expertise pour qu’elle puisse obtenir un financement adéquat et être ainsi sur un pied d’égalité avec la concurrence ontarienne.

Le Service régional d’interprétation visuelle de l’Outaouais (SRIVO) se voit dans l’obligation de réduire le soutien qu’il offre à ses clients en raison d’un manque de financement, et au fait que des interprètes préfèrent aller travailler en Ontario.

« Ça fait au moins dix ans que notre organisme est en déficit. C’est en moyenne 25 000 $ par année de déficit que l’organisme accuse pour répondre aux besoins de la région, a précisé Nathalie St-Laurent, directrice générale du SRIVO. Ça fait depuis 2010 qu’on dit au CISSSO  que la réalité frontalière pénalise les clients de l’Outaouais québécois. Les salaires en Ontario et dans le privé sont beaucoup plus élevés ».

Le SRIVO maintient les services nécessaires et prioritaires, c’est-à-dire pour les rendez-vous en santé et les services d’urgence de ses clients. Toutefois, le soutien aux familles et tous les autres services non remboursables ne seront plus disponibles pour une période indéterminée. L’organisation compte quelque 1000 clients en Outaouais.

Selon Mme St-Laurent, le SRIVO pourrait fermer parce que le « CISSSO cherche d’autres moyens d’offrir le service puisque c’est eux qui ont la responsabilité de l’offre de services », a-t-elle indiqué.

Benoît Gauthier, adjoint au président-directeur général du CISSSO, a concédé que son organisation a d’autres ententes de services avec d’autres entreprises parce que « le SRIVO n’est pas toujours en mesure de rendre disponible un interprète » pour un client qui a besoin de ses services.

« Notre première responsabilité et notre premier enjeu sont d’assurer un service de qualité aux usagers de la communauté sourde et malentendante qui a besoin de nos services. Nous avons des contrats avec d’autres entreprises pour être certains d’avoir toujours un interprète disponible », a expliqué M. Gauthier, qui a aussi précisé que le CISSSO a un préjugé favorable pour continuer à faire affaire avec le SRIVO prioritairement, « puisqu’il s’agit d’un organisme communautaire bien ancré dans la communauté ».

« À l’heure actuelle, on leur offre (SRIVO) 210 000 $ de financement qui n’est pas lié à de la facturation. Ils ont déjà ça de base pour fonctionner », a en outre mentionné Benoît Gauthier.

Il semble peu probable que les services d’interprétation obtiennent un statut particulier.

« Nous avons discuté avec eux (SRIVO) au cours des derniers mois pour trouver différentes solutions. À notre avis pour l’instant, il n’y a pas lieu de regarder une bonification du financement. Pour nous, c’est en premier un enjeu d’organisation de services, et il faut être en mesure de conclure avec le SRIVO une entente qui va assurer la viabilité et la pérennité de l’organisme, mais qui nous assurera de notre côté que les interprètes seront disponibles pour desservir la communauté », a expliqué M. Gauthier.