Un homme de Saguenay propose de démanteler la DPJ

Un père de famille de Saguenay propose le démantèlement de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) et que son financement soit plutôt dirigé vers la Sûreté du Québec (SQ) et les CLSC. Selon lui, les policiers sont plus aptes que les travailleurs sociaux pour évaluer les situations familiales problématiques.

C’est ce qui ressort du mémoire qu’il a envoyé à la Commission spéciale sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse, sous la présidence de Régine Laurent, et qu’il espère pouvoir présenter en avril, à Saguenay. En entrevue avec Le Quotidien, il a également confié l’avoir remis en personne à la ministre Andrée Laforest, députée de Chicoutimi, et qu’il a reçu un très bon accueil.

« Malgré tout le respect que j’ai pour les travailleurs sociaux, ils n’ont pas la formation d’enquête nécessaire pour évaluer judicieusement et démêler une situation familiale souvent complexe », peut-on lire dans le rapport dont Le Quotidien a obtenu copie.

L’homme, dont nous taisons l’identité pour ne pas identifier ses enfants, a eu des démêlés avec la DPJ, au cours des dernières années. Selon lui, il s’est vu retirer « injustement » la garde de son fils en raison d’une mauvaise analyse de son cas, une lettre « teintée » écrite par une omnipraticienne à la suite d’une séparation. Le jeune garçon a été placé en famille d’accueil pendant plusieurs semaines, où son état psychologique s’est détérioré. Pendant ce temps, le père pouvait toujours côtoyer son autre enfant.

« Avec ce secret entourant le signalement, nous ne sommes absolument pas à l’abri de signalements abusifs faits juste pour mettre le trouble ou qui ne sont pas justifiés et donc qui brouillent les cartes pour l’évaluation de la situation familiale. Ça ne serait probablement pas arrivé avec une analyse effectuée par un corps policier habitué à enquêter et démêler des situations complexes », explique-t-il dans son mémoire.

Le père dénonce également que les intervenants de la DPJ ne commencent leur analyse qu’au moment de la plainte et ne prennent pas en compte l’historique familial. « On me l’a à maintes reprises répété. Tout ce qui s’est passé avant ne compte pas », ajoute-t-il.

L’auteur du mémoire explique que plus d’une dizaine d’intervenants ont été affectés à son dossier. « Ces ressources se passent les dossiers comme on se renvoie une balle. Ils partent en vacances, ils prennent des congés sans solde, tombent en congé de maladie, etc. »

Lors de son entretien avec Le Quotidien, il a également questionné l’imputabilité de la DPJ face à de tristes événements. « On le voit avec le ministre (Lionel) Carmant. Il dit toujours que les erreurs sont dues au manque de ressources. Non ! C’est parce que les travailleurs sociaux n’ont pas la formation pour faire de bonnes évaluations », a-t-il dénoncé.

« Pourtant, tous les drames et tragédies qui se sont produits sous l’égide des DPJ ont été provoqués par des décisions et des actions entreprises ou pas par des êtres humains, des intervenants, des chefs de service, des travailleurs sociaux et autres, des gens qui ont sciemment pris des décisions qui ont été exécutoires basées sur la Loi de la protection de la jeunesse. Ce ne sont pas les structures qui sont responsables principalement de ces drames, mais bien des hommes et des femmes », ajoute-t-il dans son mémoire.

Selon lui, à partir du moment où les actions des intervenants pourront leur être imputables, le nombre de drames chutera considérablement « puisque les décisions seront prises avec beaucoup plus de sérieux ».

« Les forces de l’ordre comme la SQ sont déjà imputables des actes qu’elles posent et sont habituées à travailler dans ce contexte. Ce que la DPJ n’est pas. »

Parmi les avantages de nommer la SQ pour traiter les dossiers de la jeunesse, le père de famille avance qu’ils sont formés pour les enquêtes, déjà en première ligne et présents dans toutes les régions. Il va même jusqu’à suggérer l’implantation d’unités jeunesse afin de rapprocher les policiers des jeunes, une chose qu’ils tentent de faire depuis des années, croit-il. De plus, ils sont capables d’intervenir rapidement et quand les intervenants vont chercher des enfants, ils le font souvent avec des policiers, ajoute-t-il.

« Si la situation exige un retrait évident de l’enfant, ils peuvent immédiatement le confier au CLSC local qui, lui, dispose des ressources nécessaires », propose-t-il, en rappelant que l’argent destiné à la DPJ irait à la SQ et aux CLSC.

L’homme croit que la DPJ a perdu la confiance du public depuis le drame de Granby, où une jeune fille de 7 ans a perdu la vie.

« Il faut rebâtir ça. On n’a pas besoin de créer ou d’inventer d’autres structures. Tout est déjà en place. Il faut juste remettre les choses à la bonne place », conclut-il.