Le porte-parole francophone de SOS Vanier, Philippe Denault et la députée libérale provinciale d’Ottawa-Vanier, Nathalie Des Rosiers

SOS Vanier ne baisse pas les bras

Des militants du groupe de pression SOS Vanier sont venus faire sentir leur présence, dimanche, en se postant devant le bureau de la députée libérale provinciale d’Ottawa-Vanier, Nathalie Des Rosiers.

Quelques jours après avoir essuyé une défaite lorsque le comité de l’urbanisme de la Ville d’Ottawa a approuvé majoritairement la construction d’un refuge de l’Armée du Salut dans Vanier, et à trois jours du vote du conseil municipal sur le même enjeu, les citoyens opposés au projet fourbissent leurs armes et cherchent de nouvelles avenues pour exprimer leur désaccord.

Dimanche, à l’intérieur du Centre francophone de Vanier où loge le bureau de Mme Des Rosiers, avait lieu l’assemblée générale de l’Association libérale d’Ottawa-Vanier. Au terme de celle-ci, sans grande surprise, Nathalie Des Rosiers a été de nouveau choisie à titre de candidate du Parti libéral de l’Ontario dans la circonscription d’Ottawa-Vanier en vue des prochaines élections provinciales.


On est venu dire à Mme Des Rosiers qu’on est encore là et on veut son appui.
Philippe Denault

Les militants de SOS Vanier tenaient à rappeler à la députée qu’ils comptent sur elle pour se faire entendre jusqu’au niveau provincial.

« Jusqu’à maintenant son appui (celui de Mme Des Rosiers) a été discret, à mon avis, trop discret, très modéré et très en sourdine. [...] Elle n’a pas pris une position claire contre le projet, contrairement à Mona Fortier (députée fédérale d’Ottawa-Vanier). [...] On veut qu’elle mette un peu plus de poids dans la balance parce que le dossier va devenir provincial », a expliqué au Droit le porte-parole francophone de SOS Vanier, Philippe Denault. « On est venu dire à Mme Des Rosiers qu’on est encore là et on veut son appui. »

Du côté de la députée

La députée Des Rosiers, rencontrée par Le Droit, affirme pourtant clairement appuyer la cause des citoyens opposés au projet de l’Armée du Salut et l’a fait, dit-elle, à maintes reprises, notamment auprès des conseillers municipaux, mais, précise-t-elle, le dossier demeure essentiellement du domaine municipal. « J’ai écrit à tous les conseillers municipaux. Je me suis prononcée contre. Évidemment, c’est une question municipale, alors c’est pas comme si je pouvais arriver et faire tout ce que je veux là-dedans. [...] La façon dont une autorité provinciale peut intervenir dans ce débat-là, c’est pas évident. (Le provincial) n’a pas de levier pour intervenir dans le dossier », explique-t-elle.

Mais la députée ne semble pas vouloir jeter l’éponge pour autant. « C’est pas construit cet édifice-là, il y a beaucoup d’autres étapes et on va continuer à se faire entendre auprès des autorités municipales. »

« On a les fonds, on a l’avocat »

Du côté de SOS Vanier, on planifie déjà l’après-conseil municipal de cette semaine envers lequel on loge peu d’espoir : « on va faire appel à la commission municipale, on a les fonds, on a l’avocat », explique Philippe Denault. « On a perdu une bataille, mais c’est un long combat, on va aller en appel, interpeller les autorités provinciales. »

Quant au caucus de militants devant les portes du centre communautaire francophone, il n’aura attiré qu’une quinzaine de personnes. 

« On ne voulait pas faire de manifestation ; on veut pas être hostiles à ce stade-ci. [...] On voulait qu’elle sente qu’elle a des comptes à rendre », ajoute M. Denault en parlant de la députée Des Rosiers.

Mathieu Fleury

Joint par Le Droit, pour la première fois depuis sa défaite crève-cœur devant le comité de l’urbanisme, alors qu’on le voyait en larmes pester contre la politique en déclarant « la politique, c’est dégueulasse », Mathieu Fleury, le conseiller municipal de Rideau-Vanier, avoue que ce dossier est le plus exigeant qu’il ait eu à défendre au cours des huit dernières années. 

Il déplore aussi le clivage « élus urbains-élus des banlieues » que ce dossier a créé avec le temps, alors que les élus urbains sont en général plus ouverts à la problématique sociale de cet enjeu. M. Fleury prévoit des années de recours judiciaires dans ce dossier. 

« L’Armée du Salut a pris le chemin le plus complexe », déplore-t-il.