Les internautes donnent leur aval à l’utilisation de leurs données en se servant des réseaux sociaux, fait remarquer la spécialiste Catherine Côté, professeure à l’Université de Sherbrooke.

Scandale Facebook: les utilisateurs un peu complices

Les utilisateurs des réseaux sociaux sont un peu complices des détournements de renseignements personnels qui ont eu lieu à partir des données de Facebook.

Chaque «j’aime» ou «partage» effectué au bout de la souris donne des informations sur notre vie, nos goûts, nos expériences, etc. aux opérateurs de ces réseaux informatiques. Ceux-ci sont tentés et ont le droit de s’en servir, fait remarquer la professeure en politique appliquée Catherine Côté, de l’Université de Sherbrooke.

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«Quand on ouvre un compte Facebook, il y a un long contrat en petits caractères qu’il faut accepter. Combien prennent le temps de le lire?» demande-t-elle.

«C’est écrit dans ce contrat qu’il est possible que les données provenant de l’utilisation qu’on en fait soient utilisées par la suite. Chaque petit clic, même s’il paraît anodin, donne des informations sur nous. Ces données sont vendues. On y consent quand on accepte le contrat.»

Facebook est sur la sellette depuis qu’on a appris que circulent des révélations sur l’utilisation des données de millions d’utilisateurs à leur insu a eu lieu. Le réseau de Mark Zuckerberg aurait laissé le cabinet britannique Cambridge Analytica utiliser les données de 50 millions d’utilisateurs. Celles-ci auraient été utilisées pour influencer le vote lors de la dernière élection présidentielle américaine.

Ce scandale met au grand jour les risques de voir son profil servir dans plusieurs domaines, outre le commerce.

«Les données comme notre âge, nos goûts et nos destinations sont mises en relation», explique Mme Côté.

«Elles sont très demandées par des entreprises publicitaires pour rejoindre plus précisément la clientèle avec des publicités, dit-elle. Cette fois, elles ont servi à des fins politiques. C’est arrivé aux États-Unis. On peut penser que ça va venir au Canada, mais à une plus petite échelle.»

Selon la spécialiste des influences sur les médias et des changements de valeurs politiques, il ne faut pas nécessairement se débrancher de Facebook ou des autres réseaux sociaux. Elle ne conseille pas non plus de limiter nos interventions, d’être moins actifs. Le réseau social Facebook fait face à une campagne de désabonnements et à la chute de son titre en Bourse, rapporte l’Agence France-Presse.

«Le but de ces réseaux, c’est de communiquer avec les autres», dit-elle.

«Il y a une prise de conscience à faire. Il faudrait selon moi une meilleure réglementation sur l’utilisation des données des personnes une fois vendues à d’autres entreprises. On voit que le modèle d’affaires fonctionne bien. Je ne pense pas que cette manière de faire sera abandonnée.»