Caitlan Coleman et Joshua Boyle

Qui sont Joshua Boyle et Caitlan Coleman?

Il y a de cela un peu plus de cinq ans, Joshua Boyle et Caitlin Coleman sont partis explorer des régions du monde que les Occidentaux évitent habituellement — une aventure audacieuse qui, selon leurs parents, n’avait rien de surprenant quand on connaît l’esprit d’aventure qui habite le couple.

Pendant ce périple en Afghanistan et dans des pays voisins d’Asie centrale, M. Boyle, un Canadien, et Mme Coleman, une fervente catholique éduquée à la maison, ont dormi sous la tente et dans des auberges, interagi avec des villageois et acheté des biens aux vendeurs locaux.

Le couple devait rentrer aux États-Unis pour que Mme Coleman, qui était alors enceinte, puisse accoucher. Ils ont plutôt été kidnappés en Afghanistan et détenus par le réseau Haqqani, une organisation semi-criminelle qui entretient des liens avec les talibans. Ils n’ont été revus que sporadiquement au cours des cinq années suivantes, dans des vidéos transmises à leurs proches et épluchées par la police américaine à la recherche d’indices pour les retrouver.

Leur libération, et celle de leurs enfants nés en captivité, a été annoncée jeudi par des responsables pakistanais et américains, le dénouement heureux d’une affaire étrange qui a frustré des enquêteurs fédéraux pendant des années et alimenté le débat quant aux responsabilités de Washington face aux Américains qui sont détenus en otage à l’étranger.

Les proches de Mme Coleman la décrivent comme une femme qui, dès l’enfance, ne voulait qu’aider les pauvres, passant de porte en porte pour amasser des fonds pour des Haïtiens démunis, et qui, toute jeune, confectionnait des chocolats qu’elle vendait à ses voisins.

Dès cette époque, ajoutent-ils, Mme Coleman aimait sortir des sentiers battus.

« Quand elle était jeune, nous partions pour des voyages dans l’Ouest, a dit sa mère Lyn Coleman au magazine Philadelphia l’an dernier. Mais elle n’était pas intéressée par les grands sites touristiques. Elle voulait voir la vie normale des gens. »

Elle a trouvé une âme sœur chez M. Boyle, qu’elle a rencontré à l’adolescence (sur des sites fréquentés par les amateurs de « Star Wars ») et épousé en 2011. Ils ont voyagé pendant plusieurs mois en Amérique latine, habitant chez des autochtones guatémaltèques. M. Boyle avait alors développé une barbe si longue que certains enfants l’appelaient « père Noël ».

À l’été 2012, le couple est parti pour la Russie, puis pour l’Asie centrale — le Kazakhstan, le Tadjikistan et le Kirghizstan, et, ultimement, l’Afghanistan. C’était un pari risqué pour un couple qui voyageait seul, d’autant plus que Mme Colemant était enceinte de leur premier enfant.

Mais leurs parents n’ont pas été surpris.

« Ils croyaient sincèrement et profondément que les gens traités avec respect et amour répondraient de la même manière, a dit la mère de M. Boyle, Linda, lors d’une entrevue avec l’Associated Press en 2014. Donc même si ça peut paraître étrange qu’ils aient choisi d’aller là, ils croyaient de tout leur cœur que s’ils traitaient les gens correctement, qu’ils seraient à leur tour traités correctement. »

Le couple et leurs trois enfants ont quitté le Pakistan vendredi, possiblement à destination de Londres. M. Boyle avait précédemment refusé de monter à bord d’un avion militaire américain qui les aurait conduits à la base militaire de Bagram, puisqu’il craignait d’être détenu pour avoir jadis été marié à Zaynab Khadr — la sœur d’Omar Khadr, le Canadien qui a été reconnu coupable d’avoir tué un soldat américain en Afghanistan et la fille d’un ancien chef des finances d’Al-Qaïda.