La résidence René-Boileau, une maison patrimoniale de Chambly, a été démolie.

Québec envisage un répertoire de patrimoine à risque

MONTRÉAL — Dans la foulée de la démolition de la résidence René-Boileau, une maison patrimoniale de Chambly, le gouvernement du Québec songe à instaurer avec les municipalités un répertoire des biens patrimoniaux à risque.

La ministre de la Culture, Nathalie Roy, a écrit sur sa page Facebook dimanche après-midi que le « triste événement » de la maison Boileau démontrait « l’urgence d’agir » pour protéger le patrimoine.

C’est pourquoi le gouvernement envisage de mettre sur pied un répertoire qui permettrait aux villes d’identifier leur patrimoine à risque.

La ministre Roy rappelle que les municipalités peuvent demander de l’aide à Québec pour la restauration des biens patrimoniaux, par l’entremise du Fonds du patrimoine culturel.

Le gouvernement entend également examiner la question de l’obligation d’entretien par les propriétaires, privés et publics, a-t-elle ajouté.

Selon elle, le gouvernement doit démontrer que le droit de propriété n’est pas incompatible avec la protection du patrimoine.

« Notre gouvernement veut agir et non réagir. Nous le faisons pour que des cas malheureux comme celui de la maison Boileau ne se reproduisent pas », a-t-elle conclu.

La maison Boileau été rasée, cette semaine, par la municipalité de Chambly qui évoquait des enjeux de sécurité. En 2016, la Ville de Chambly avait pourtant acquis la maison et s’était engagée à la rénover pour en faire un bureau d’information touristique.

La maison, bâtie vers 1820, avait été érigée par René Boileau, qui fut député de Kent de 1792 à 1796 à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada pour le Parti canadien, qui allait devenir le Parti patriote en 1826.

Son fils, un notaire aussi appelé René Boileau, y avait tenu de nombreuses assemblées politiques réunissant des patriotes et sa fille, Émilie Boileau, était mariée à l’un des leaders du soulèvement de 1837, le docteur Timothée Kimber.

C’est le directeur général de la ville, Michel Larose, qui a personnellement pris la décision de démolir la maison après avoir pris connaissance des rapports d’ingénieurs indiquant que l’édifice « tenait de peur », selon son expression.

En 2016, la Ville de Chambly voulait démolir la propriété, qui avait été abandonnée par ses propriétaires parce qu’elle n’était plus habitable en raison de moisissures et d’un risque d’effondrement. Or, devant la protestation citoyenne, la Ville avait acquis la maison et s’était engagée à la rénover pour en faire un bureau d’information touristique.

La municipalité avait payé 550 000 $ pour l’achat de la propriété en septembre 2016.

Sauf qu’entre-temps, une entreprise a été appelée à poser des supports pour maintenir le bâtiment en place et l’entrepreneur aurait alors découvert, en dénudant l’intérieur, que la maison représentait un risque de sécurité trop élevé, selon M. Larose, qui a alors pris la décision de la démolir.