Stéphanie Vallée a assuré que la loi 62, qui oblige les employés de l’État à offrir un service à visage découvert, répondait aux engagements tenus par le premier ministre lors de la dernière élection.

Port des signes religieux: la question tranchée, dit Vallée

Pour la ministre de la Justice, Stéphanie Vallée, la cause a été entendue: la question du port de signes religieux a été tranchée et ces débats ne font «qu’attiser les différences entre les citoyens du Québec».

À six mois des élections, le chef du Parti québécois, Jean-François Lisée, serait prêt à en débattre en campagne électorale. La Coalition avenir Québec (CAQ) avait déjà signifié son intention de faire du port de signes religieux chez les policiers un enjeu de la prochaine campagne. 

Lors d’une conférence de presse mardi, Jean-François Lisée s’est indigné des propos du premier ministre, disant qu’ils «dépassent l’entendement». 

La veille, le premier ministre Philippe Couillard a dit que la question du port de signes religieux par les employés de l’État en position de coercition n’était pas un «enjeu réel», et que son parti allait de l’avant avec les «véritables enjeux des véritables citoyens du Québec».

«Je me prépare à être premier ministre, le 1er octobre prochain, et je sais que mon premier devoir, c’est de respecter tous les Québécois, quelles que soient leurs opinions», a déclaré M. Lisée, critiquant le fait que M. Couillard ne représenterait pas l’ensemble des citoyens. «Le niveau d’indignation des Québécois face à ce genre de catégorisation, de division, d’irrespect, c’est renversant», a-t-il ajouté. 

Le chef péquiste n’a pas écarté l’idée de débattre de la question de nouveau lors de la campagne électorale. Il reproche au gouvernement de n’avoir rien fait depuis l’adoption du projet de loi 62, qui oblige les employés de l’État à offrir un service à visage découvert. Le gouvernement «doit se brancher», a commenté M. Lisée. 

Dossier clos

«On a eu de longues discussions en commission parlementaire lors de l’adoption du projet de loi 62. On a fait le tour de la question», a réagi la ministre de la Justice en mêlée de presse. 

Plus tard, lors de la période de questions, Mme Vallée en a ajouté, assurant que la loi 62 répondait aux engagements tenus par le premier ministre lors de la dernière élection.

La Coalition avenir Québec n’a pas manqué de qualifier «d’insulte à l’intelligence des Québécois», les paroles de Philippe Couillard. 

Le leader parlementaire de la CAQ, François Bonnardel, a rappelé que son parti appuyait les recommandations du rapport Bouchard-Taylor, notamment sur l’interdiction du port de signes religieux chez les enseignants, les policiers, les gardiens de prison, les juges et autres employés de l’État en position d’autorité.