La ministre des Relations internationales, Nadine Girault, présentera la nouvelle politique de déploiement du Québec sur la scène internationale, vendredi. —

Pénurie de main-d’œuvre: les régions plus visibles à l’étranger

Les délégations du Québec à l’étranger font de la place aux régions. Le gouvernement espère que la pénurie de main-d’œuvre y trouve une partie de solution.

Tous les coins de la province auront dorénavant pignon sur rue dans les 18 pays où logent les 33 délégations générales, délégations, bureaux et antennes internationales du Québec. Ce qui n’était pas le cas jusqu’ici.

Outre la métropole et la capitale, grâce aux organismes Montréal International et Québec International, les autres régions de la province n’avaient pas souvent l’impression d’être mises en vitrine.

Le gouvernement de François Legault veut remédier à cela. La ministre des Relations internationales, Nadine Girault, en fera l’annonce vendredi dans le cadre du dévoilement de sa Vision internationale du Québec, à la Maison des régions de Montréal.

La proximité avec les régions du Québec constitue l’un des fondements de cette nouvelle politique de déploiement du Québec sur la scène internationale. On parle autant de tisser de nouveaux liens d’affaires que de réaliser de nouveaux aménagements de bureaux pour accueillir et héberger les émissaires des régions.

Dont l’objectif numéro un sera de «rencontrer les gens et leur expliquer comment c’est agréable de travailler chez nous. Notre offre est différente des grandes villes», affirme Jacques Demers, le président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM).

M. Demers veut «arrêter l’hémorragie» des entreprises qui quittent les régions par manque d’effectifs. «On manque d’employés partout sur notre territoire. Et la perte d’entreprises veut aussi dire la perte de services de proximité», explique celui dont l’organisme regroupe 920 des 1108 municipalités du Québec, surtout les plus petites, ainsi que 86 des 87 municipalités régionales de comté (MRC).

À qui la vitrine?

Avec plusieurs villages de moins de 1000 personnes parmi ses membres et aussi Victoriaville, qui compte 45 000 habitants, reste à voir qui profitera le plus de cette nouvelle vitrine internationale. Reste à voir comment se créeront les contacts entre les régions et les représentations du Québec à l’étranger.

«C’est sûr que les plus dynamiques auront plus de chance d’avancer, c’est comme ça dans tout, estime M. Demers. Tout le monde veut se vendre et on ne peut pas toujours demander que tout soit égal. Le monde municipal a son effort à faire, mais le gouvernement doit nous donner les outils.»

Après Montréal International et Québec International, pas impossible que le besoin se fasse sentir pour la mise sur pied d’un tisseur de lien du type Régions International. «Ça ressemble à ça», constate le président de la FQM.

«Mais il faudra laisser les régions choisir qui elles veulent envoyer, les bonnes personnes pour les représenter. Pour certains, ça peut être des élus, mais pour d’autres des acteurs plus économiques ou autres», dit-il.

Entrepreneurs ou élus des régions pourront se rendre sur place pour vendre leur salade à de futurs employés ou investisseurs, mais pourront aussi plus simplement et à moindre coût utiliser à distance les ressources et contacts des représentants du Québec à l’étranger pour rejoindre leurs cibles internationales.