L’idée d’agrandir le parc immobilier destiné aux anciens combattants figure dans un document présentant différentes mesures potentielles pour réduire le nombre de vétérans dans les rues.

Ottawa songe à la construction de logements abordables pour vétérans

Ottawa envisage de s’acquitter de la facture pour la construction de logements abordables dans le cadre d’une nouvelle initiative pour sortir les vétérans de l’itinérance, selon des documents obtenus par La Presse canadienne.

L’idée d’agrandir le parc immobilier destiné aux anciens combattants figure dans un document présentant différentes mesures potentielles pour réduire le nombre de vétérans dans les rues.

Le coût de ce projet n’est pas évalué, mais son financement proviendrait sans doute de l’enveloppe de 40 milliards $ sur dix ans associée à la Stratégie nationale sur le logement, qui priorise les initiatives pour les groupes vulnérables comme les vétérans, les Autochtones et les femmes fuyant la violence conjugale.

Le gouvernement fédéral ne veut pas lui-même construire et gérer des logements abordables pour ex-militaires, mais il cherche à financer de tels projets du secteur privé ou d’autres ordres de gouvernement, a expliqué mercredi le ministre des Anciens Combattants, Seamus O’Regan.

Le document de travail présentant cette idée fera l’objet de discussions jeudi, à Ottawa, où plus de 70 groupes se réuniront pour élaborer des pistes de solution.

«Si nous pouvons sortir des vétérans de la rue dès maintenant, alors nous le ferons maintenant. Nous n’attendons pas de stratégie», a précisé le ministre O’Regan, en entrevue avec La Presse canadienne.

Les autorités fédérales peaufinent néanmoins depuis deux ans leur stratégie pour mettre fin à l’itinérance chronique et épisodique des vétérans. Selon des documents internes, elle aura pour objectif principal de mettre un toit sur la tête de ces derniers, et ce, aussi rapidement que possible, de sorte que leur passage dans la rue soit bref et ne se reproduise plus.

Les données sur le nombre de vétérans sans abri demeurent nébuleuses, mais plusieurs études estiment qu’ils représentent de 5 à 7 pour cent des itinérants au pays - peut-être même plus, puisque ces études dépendent souvent de leur auto-identification.

«Vous pouvez lancer des chiffres, mais je pense qu’ils sont incroyablement inexacts, a réagi le ministre O’Regan. Disons-le ainsi: il y a évidemment plus (d’itinérance) qu’on le souhaiterait et mon objectif est de l’éliminer.»