Les marcheurs du FRAPRU se rendront à Québec à pied. Leur arrivée est prévue le 29 septembre.

Ottawa-Québec pour le logement social

« On a encore des gens qui sont dans la rue, on a encore des gens qui vivent dans des taudis, dans des logements inabordables. Il faut que ces gens soient hébergés correctement. »

Ce sont des réalités que vivent des milliers de moins bien nantis en Outaouais et ailleurs au Québec qu’a partagées Patrick Villeneuve, de Gatineau, avant d’amorcer dimanche avec d’autres personnes une marche de 28 jours qui les mène de la colline parlementaire à Ottawa jusqu’à Québec afin d’interpeller les gouvernements et la population au droit au logement.

La marche de 550 km appelée De villes en villages pour le droit au logement est organisée par le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

« Cette mobilisation, la plus ambitieuse des 40 ans d’histoire du FRAPRU, vise à mettre en lumière les graves dénis du droit au logement qui sévissent au Québec et au Canada, à sensibiliser la population et à réclamer des investissements suffisants de la part des gouvernements afin d’y mettre un terme », a précisé l’organisme.

Les marcheurs passent par l’Outaouais, les Laurentides, Laval, Montréal, la Montérégie, Lanaudière, la Mauricie et la région de Québec. Au total, six personnes de l’Outaouais doivent marcher l’ensemble du parcours avec comme fil d’arrivée Québec, le 29 septembre.

« Le gouvernement de M. Trudeau qu’on interpelle particulièrement aujourd’hui a promis en campagne électorale, il y a presque quatre ans, de faire mieux, a indiqué Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU. Il a annoncé l’année dernière sa première Stratégie nationale sur le logement. C’est un grand pas, mais malheureusement, malgré les grands discours, il n’y a rien qui change pour les locataires ».

Le coordonnateur de Logemen’Occupe, François Roy,

« On nous promet des milliards, mais ces milliards vont commencer à tomber après les prochaines élections. Dans dix ans, on verra le plein effet de ces mesures promises, mais concrètement rien ne change. Il n’y a toujours pas de négociations conclues avec le Québec et il n’y a toujours rien de réservé pour le logement social », a continué Mme Laflamme, qui a précisé que la marche interpellera aussi les candidats aux élections et les partis politiques québécois qui veulent former le prochain gouvernement.

Selon les statistiques, il y aurait plus de 244 000 ménages au Québec qui ont des besoins impérieux de logement, dont plus de 11 000 en Outaouais.

Le coordonnateur de Logemen’Occupe, François Roy, a qualifié de « problème majeur » le fait que les programmes en matière de logements sociaux n’aient pas été indexés pour répondre aux réalités des coûts de construction d’aujourd’hui.

« Il ne s’en construit pratiquement plus de logements si on se compare à il y a quelques années », a-t-il indiqué.

« Le programme AccèsLogis porte sur la construction de 3000 unités pour l’ensemble du Québec alors que seulement à Gatineau, si on voulait sérieusement s’attaquer à la crise du logement, il faudrait en construire 3000 d’ici quatre ou cinq ans », a-t-il ajouté.

Julie Parent, intervenante au niveau du soutien communautaire à l’organisme Mon Chez Nous à Gatineau, prend part à l’ensemble de la marche, comme M. Villeneuve.

« Il y a des gens qui ont vécu dans des logements insalubres, alors on les aide à se remettre et reprendre le pouvoir sur leur vie, a expliqué Mme Parent. Nous voulons dire aux gouvernements que ça prend des logements à prix modique, mais qu’il faut aussi le personnel qui vient avec pour maintenir ces gens en logement ».

« Personne n’est à l’abri de l’itinérance. Ça peut toucher tout le monde, et c’est pour ça qu’on fait la grande marche. C’est pour faire comprendre aux gouvernements qu’on ne lâchera pas », a signalé M. Villeneuve.