La Grande chef du Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg, Verna Polson

Opposition citoyenne contre Chalk River

Divers organismes environnementaux de la région étaient rassemblés dimanche pour une rencontre citoyenne au sujet de la gestion des déchets nucléaires du laboratoire de Chalk River durant laquelle la population était invitée à échanger avec un panel d’experts.

La rencontre a été organisée « en réponse à une demande citoyenne », selon le directeur général de l’organisme Garde-rivière des Outaouais, Patrick Nadeau.


«  Mes ancêtres se sont abreuvés et nourris de ces eaux. Maintenant, ces eaux sont fragilisées par la menace d’un accident nucléaire.  »
Verna Polson

« Le but de la rencontre c’est de s’assurer que les citoyens sont au courant des enjeux environnementaux et sociaux qui ressortent du dossier de Chalk River. C’est un projet très complexe, c’est important que les gens sachent comment ça risque de les affecter. »

M. Nadeau indique que cet effort de sensibilisation n’est pas un sprint, mais plutôt un marathon. « On est au milieu d’un processus d’évaluation environnemental qui va durer jusqu’à l’année prochaine au minimum. On prend notre temps pour être certain que les gens comprennent l’ampleur de la décision du gouvernement dans ce dossier-là. »

Le gouvernement fédéral a mis de l’avant un projet de construction d’un dépotoir en surface pour entreposer plus d’un million de mètres cubes de déchets radioactifs à faible activité au centre d’un marécage qui se draine dans la rivière des Outaouais. Un projet qui est estimé à plus de 800 millions $.

M. Nadeau explique que les plus vives préoccupations des gens concernent la qualité de l’eau. « La proximité entre le dépotoir et la rivière fait en sorte qu’un simple accident pourrait contaminer l’eau potable de millions de personnes allant de Montréal jusqu’à Ottawa. »

M. Nadeau souligne que « l’ancien gouvernement québécois s’est beaucoup impliqué dans ce dossier-là en posant des questions pertinentes. On espère que cette implication va se poursuivre avec le nouveau gouvernement élu. »

« Il faut que ça arrête »

Claudette Commanda, de la nation algonquine Anishinabeg, a tenu une cérémonie traditionnelle autochtone quelques instants avant la rencontre. Durant la cérémonie Mme Commanda a martelé l’importance de préserver la santé de dame Nature. « Il est primordial de prendre soin de la nature pour qu’elle puisse ensuite prendre soin de nous. »

La Grande Chef du Conseil tribal de la nation algonquine Anishinabeg, Verna Polson, a aussi pris le temps d’illustrer le point de vue des peuples autochtones face à cet enjeu. « Ces déchets nucléaires vont affecter nos eaux et notre mode de vie. Mes ancêtres se sont abreuvés et nourris de ces eaux. Maintenant, ces eaux sont fragilisées par la menace d’un accident nucléaire », explique Mme Polson visiblement submergée par l’émotion.

Mme Polson dénonce d’ailleurs les efforts du gouvernement Trudeau dans ce dossier. « Le gouvernement doit être tenu responsable pour les dangers que ce projet de dépotoir représente pour notre santé et celle de nos eaux. Il faut que ça arrête. »

« Si un accident survenait, qu’adviendrait-il de la rivière des Outaouais ? Nos eaux sont les veines de Dame Nature. Malgré le fait qu’elle essaye de se régénérer et de se défendre, Dame Nature se fait sauvagement déchirer en lambeaux. Tout ça pour l’argent. Cessons de faire du profit sur son dos. »