La petite Léanne Baril, atteinte d’un cancer.

Noël à Philadelphie pour la petite Léanne Baril

Trois-Rivières — Alors que les familles québécoises s’apprêtent à passer Noël dans le confort de leur foyer ou dans leur famille élargie, la famille Baril-Francœur de Saint-Tite, elle, passera cette fête entourée d’inconnus, à Philadelphie. La petite Léanne Baril, atteinte d’un cancer, y séjourne avec sa mère et sa tante depuis presque un mois pour y recevoir des traitements de protonthérapie, qui ne sont pas dispensés au Québec.

Depuis le 27 novembre, Léanne, sa mère Mylène Francoeur et sa tante sont installées dans un appartement de la métropole de la Pennsylvanie. La fillette de 4 ans reçoit des traitements de protonthérapie cinq jours par semaine, en plus de poursuivre sa chimiothérapie.

«Ça va bien, lance Léanne, questionnée sur le déroulement de son séjour. J’ai vu le père Noël!»

«Ça lui fait de grosses journées, elle est souvent fatiguée, explique Mme Francoeur. À cause des effets secondaires des traitements, elle a souvent des maux de cœur et vomit. Les journées où elle se sent moins bien, il faut garder le petit plat proche. Pareil en taxi, il faut traîner le petit plat. Ce n’est pas évident, mais on réussit quand même à lui remonter le moral. Malgré tout, elle garde le sourire.»

Léanne Baril s’est fait prendre en photo avec des étudiants américains qui recueillaient des dons pour les enfants atteints de cancer, à Philadelphie.

Puisque les traitements de protonthérapie exigent que le patient reste absolument immobile, Léanne, qui est une petite fille très énergique selon sa mère, doit être endormie lorsqu’elle les reçoit. De plus, elle doit être à jeun pendant huit heures avant chaque séance, ce qui implique de lui retirer son tube de gavage au beau milieu de la nuit.

«On doit faire ça parce qu’on veut qu’elle prenne du poids. Mais ce n’est pas évident: à cause de la chimiothérapie, tout goûte mauvais pour elle. Son éventail d’aliments qu’elle aime a pas mal diminué», remarque Mme Francoeur.

Malgré tous ces inconvénients, le jeu en vaut la chandelle. «À date, Léanne répond bien aux traitements, se réjouit sa mère. Elle a eu un scan de contrôle et on nous a dit que sa tumeur a diminué de taille. On ne sait pas de combien, mais c’est dans la bonne voie.»

De belles rencontres

Le séjour de Léanne Baril à Philadelphie lui a également permis de visiter la ville. Quand la fillette a assez d’énergie, sa mère en profite pour lui faire prendre l’air.

La petite Léanne a reçu ses premiers cadeaux de Noël, de l’hôpital où elle reçoit ses traitements de protonthérapie, à Philadelphie.

«On essaie quand même de rendre ce voyage pas trop difficile, souligne Mme Francoeur. On va se promener, on sort un peu. Il y a un parc, pas loin de l’appartement, avec des sculptures. On va lui montrer les sculptures et elle est bien contente.»

Ces sorties ont également mené à de belles rencontres pour l’enfant. Elle a notamment rencontré un groupe d’étudiants qui recueillaient des fonds… pour les enfants atteints de cancer! La fillette a d’ailleurs pris une photo avec eux.

Mme Francoeur souligne également la gentillesse du personnel hospitalier qui œuvre auprès de Léanne. Celle-ci profite d’ailleurs du voyage pour apprendre un peu d’anglais. «On a un service de traduction, surtout pour bien comprendre ce que nous disent les médecins et les infirmières, mais on arrive à se débrouiller aussi par nous-mêmes. Maintenant, quand une infirmière pose une question en anglais à Léanne, ce n’est pas rare qu’elle réponde directement, en français! À force d’écouter les conversations, elle comprend certains mots.»

La barrière de la langue n’a pas non plus empêché la fillette de jouer avec d’autres enfants anglophones. «Elle s’adapte bien. Elle suit la vague et s’attache aux gens là-bas, parce qu’ils sont vraiment fins. Elle réussit à jouer avec d’autres enfants, même s’ils parlent en anglais. C’est ce qui est le fun à voir. Même si elle n’est pas dans son environnement, elle réussit à s’épanouir.»

Noël en famille

Dimanche, Léanne retrouvait son père et sa sœur, venus la rejoindre à Philadelphie. La petite famille passera donc Noël, certes loin de la maison, mais en famille.

«J’ai acheté un petit sapin pour l’appartement, raconte Mme Francoeur. On va se faire une petite fête de Noël ensemble, mais ça va être tranquille. De toute façon, on ne peut pas être dans les grandes foules. C’est risqué pour Léanne, puisque son système immunitaire est faible. Mais c’est prévu que quand on va revenir, à la fin janvier, on va faire quelque chose avec nos familles.»

Les Baril-Francoeur passeront les deux prochaines semaines ensemble, à Philadelphie, puis Mylène Francoeur reviendra en train au Québec, avec sa fille Charlie, qui doit recommencer l’école. La mère, qui attend un troisième enfant, doit pour sa part revenir au pays en raison de sa grossesse. Le père de Léanne, Sam, restera avec sa fille et la tante de celle-ci jusqu’à la fin des traitements.

Près de 14 000 $

À son retour au Québec, Léanne devra poursuivre ses traitements et aller à Montréal une fois par semaine. Puisque sa mère sera bien occupée avec le nouveau bébé, ce sera son père qui devra l’y amener, en sacrifiant ainsi des journées de travail.

Léanne Baril (à droite) a retrouvé son père, Sam, et sa soeur, Charlie, venus les rejoindre elle et sa mère, Mylène Francoeur (à gauche), à Philadelphie, dimanche.

Cette situation fragilisera encore davantage la situation financière de la famille, d’où l’importance pour elle des campagnes et activités de financement qui ont été organisées pour les aider à traverser cette épreuve. Plusieurs initiatives ont été mises sur pied à Saint-Tite et dans les municipalités voisines, et une campagne de sociofinancement a été lancée sur le site Gofundme.com, le 5 août. Celle-ci a permis jusqu’à présent de recueillir près de 14 000$, sur un objectif de 15 000$. Cette somme permettra de couvrir les dépenses du séjour à Philadelphie, qui ne sont pas toutes remboursées par la RAMQ.

«Le soutien financier aide beaucoup parce que c’est très dispendieux d’habiter ici. On paie 3000 $ par mois pour notre logement et c’est parmi les moins chers qu’on a trouvés. Sans les gens qui sont derrière nous et qui nous aident, on aurait dû s’endetter. Ils sont vraiment généreux, on les remercie beaucoup!»