Philippe Pereiras-Bourque, Jeff Denis, Alexis Larivée, Vincent Morin, tous des membres de l’équipe de conception, posent avec leur prototype de moto volante présenté lors de l’exposition MégaGéniale à l’Université de Sherbrooke.

MégaGéniale: le futur s'invite à l'UdeS

Qui n’a jamais rêvé de piloter un véhicule volant? Ce rêve pourrait ne pas être si lointain puisqu’une équipe d’étudiants de la faculté de génie de l’Université de Sherbrooke a développé un prototype de moto volante et la présente jusqu’à jeudi à l’exposition MégaGéniale au Centre culturel. Si l’engin n’est pas encore prêt à s’envoler, le concept en fait rêver plusieurs.

« C’est parti d’une idée vraiment trippante et risquée de faire une moto volante, explique Jeff Denis, étudiant en génie mécanique à l’Université de Sherbrooke et responsable de la gestion du groupe de contrôle du véhicule du projet Horus. On commence à voir des prototypes un peu partout dans le monde de compagnies sérieuses, mais aussi d’amateurs. Il y a même un hoverbike russe qui est vendu en ce moment. »

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La moto volante Horus fonctionne de façon similaire à un aéroglisseur, mais présente quelques différences majeures.

« On utilise le moteur d’une motoneige et on redirige la puissance vers deux gros ventilateurs qui poussent de l’air vers le bas, précise Jeff Denis. Ça permet de lever jusqu’à 600 livres. On peut ensuite rediriger l’air pour contrôler le véhicule. Un aéroglisseur reste relativement près du sol tout en permettant de voler au-dessus de l’eau et des terrains accidentés. Avec une moto volante, on n’est pas limité en hauteur. Tant que la densité de l’air ne change pas, c’est correct. Dans notre cas, nous limitons la hauteur à un mètre puisque nous n’avons aucun dispositif pour faire atterrir le véhicule si le moteur lâche. »

Beaucoup d’avenir

Le prototype n’est toutefois pas près de s’envoler.

« En aéronautique, ça peut prendre des années pour faire des tests avec des avions ou des hélicoptères, par exemple, explique Jeff Denis. Dans notre cas, on va l’asseoir sur des capteurs de force pour valider notre conception. On est assez confiant du potentiel du véhicule. »

Selon Jeff Denis, un véhicule comme celui du projet Horus a beaucoup d’avenir.

« On voit qu’il y a quelque chose qui s’en vient et que des gens sont intéressés à voir des véhicules voler. Ça serait surprenant que chaque personne ait son véhicule volant, car la logistique et le bruit seraient problématiques. Par contre, dans le cas d’une moto volante il y a beaucoup d’applications possibles comme le transport militaire et les situations d’urgences. Ça ne serait pas étonnant qu’il y ait aussi des courses d’hoverbike dans le futur, ça pourrait devenir un sport. »

La moto volante fait partie des projets de fin de baccalauréat des finissants de la faculté de génie présentés au Centre culturel jusqu’à jeudi. L’exposition est ouverte au public.

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Attirer les filles

L’un des objectifs de l’exposition MégaGéniale est d’intéresser un maximum de filles à poursuivre des études en génie.

« Dans la profession d’ingénieur, on manque de femmes et on travaille fort pour les intéresser et leur faire comprendre que la carrière d’ingénieur est une très belle façon d’aider concrètement la société », explique Patrik Doucet, doyen de la faculté de génie de l’Université de Sherbrooke.

De nombreux groupes scolaires ont défilé durant toute la journée mercredi et c’était justement l’occasion pour les jeunes filles d’échanger avec les finissantes de la faculté de génie.