Marche contre la violence faite aux femmes à Ottawa

Des centaines de personnes se sont regroupées au centre-ville d’Ottawa, samedi, pour manifester contre la violence faite aux femmes.

La Marche des femmes d’Ottawa était organisée pour une troisième année consécutive. Il s’agissait à l’origine d’une démonstration de solidarité avec une manifestation tenue à Washington, après l’élection du président américain, Donald Trump. 

Des milliers de femmes avaient alors dénoncé l’élection de cet homme, malgré qu’il ait ouvertement tenu des propos sexistes et que des enregistrements où on l’entend se vanter d’avoir commis des attouchements sur de nombreuses femmes ont été rendus publics. Le tout, durant la campagne électorale.

Ce n’est pas qu’à Ottawa où un rassemblement est organisé à cette période de l’année, depuis l’élection de M. Trump. Des manifestations ont lieu dans plusieurs villes canadiennes, ainsi que dans plusieurs pays ailleurs dans le monde.

Le mot d’ordre pour ce mouvement mondial, en 2019, était de braquer les projecteurs sur le fléau de la violence faite aux femmes. À Ottawa, les organisatrices espèrent également attirer l’attention sur les enjeux locaux en lien avec ce problème de société.

Des centaines de personnes ont bravé le froid, samedi.

«Cette année, on se concentre sur la violence sexiste et sur le fait que tous les six jours, une femme est tuée par son compagnon au Canada, explique une des organisatrices de la marche à Ottawa, Catherine Butler. Dans notre pays, les femmes autochtones sont quatre fois plus susceptibles d’être victimes de violence. Les femmes plus pauvres, celles vivant avec un handicap ou encore, les femmes issues de communautés ethniques sont toutes surreprésentées parmi les victimes de violence.»

«Les refuges pour femmes victimes de violence sont pleins à Ottawa, depuis longtemps, et on n’en parle pas», souligne une autre coorganisatrice, Amanda Carver.

De son côté, la ministre fédérale des Femmes et de l’Égalité des genres, Maryam Monsef, s’y est rendue pour signifier son appui à la lutte pour les droits des femmes.

«Il y a eu beaucoup de progrès au fil des années, mais nous ne sommes pas encore là où nous devrions être, souligne Mme Monsef. Une journée comme celle-là nous permet de nous rappeler que nous ne sommes pas seules et de nous rassembler afin de mieux continuer notre travail pour éliminer les iniquités entre les genres.»

Avancer

«Pour moi, ce n’est pas un rassemblement aujourd’hui. C’est vraiment une marche. Parce qu’une marche, c’est du mouvement vers l’avant», souligne Mme Carver, l’une des organisatrices.

Cette dernière est psychothérapeute de profession et croit que ce type d’événement contribue à faire évoluer certaines mentalités qui contribuent aux grands nombres incidents de violences conjugales.

«Je trouve qu’on ne laisse pas le droit aux hommes d’exprimer leurs émotions. La seule émotion qu’ils expriment, c’est la colère. À force de refouler toutes leurs émotions, parfois, ça finit par s’exprimer en violence, explique Mme Carver. Si on peut donner des outils aux hommes pour parler de leurs émotions, ça va réduire la violence.»

L’objectif de la manifestation était également de venir en aide aux organismes qui viennent quotidiennement en aide aux femmes victimes de violence. Les participants ont marché de la colline parlementaire jusqu’au pavillon Aberdeen, près de la Place TD.

Ces organisations y étaient pour accueillir les marcheurs. On invitait les gens à offrir des dons ou donner leur nom afin de devenir bénévoles, pour aider ces organismes à poursuivre leur mission.