La foule s'est rassemblée devant l'édifice Langevin où se trouve le bureau du premier ministre, Justin Trudeau, mardi après-midi.
La foule s'est rassemblée devant l'édifice Langevin où se trouve le bureau du premier ministre, Justin Trudeau, mardi après-midi.

Manifestation pour le logement social à Ottawa

Julien Paquette
Julien Paquette
Le Droit
Des manifestants venus de Montréal, de la Montérégie et de l’Outaouais ont débarqué au centre-ville d’Ottawa mardi pour réclamer plus d’investissements du gouvernement fédéral pour le logement social et la lutte à la pauvreté.

« On demande au gouvernement de faire de la crise du logement et de l’itinérance, des vraies priorités et que ça se traduise par des choix budgétaires conséquents », affirme Véronique Laflamme, porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).

Le FRAPRU est à l’origine, avec le Réseau SOLIDARITÉ itinérance du Québec (RSIQ), de cette manifestation qui a attiré plus de 150 personnes mardi après-midi. Selon la coordonnatrice du RSIQ, Laury Bacro, les logements disponibles sont devenus trop rares dans plusieurs régions du Québec, notamment à Gatineau avec son taux d’inoccupation des logements d’environ 0,5 %.

« Ce que ç’a pour effet, c’est que les loyers augmentent et les gens n’ont plus les moyens d’accéder à un logement », explique Mme Bacro.

« Ça crée plusieurs problèmes, renchérit la coordonnatrice du Collectif régional de lutte à l’itinérance en Outaouais (CRIO), Janick Allyson. En Outaouais, on a vécu une tornade et des inondations, ça aggrave cette problématique. On voit des gens qui sont prêts à sortir de leur situation d’itinérance, des refuges, qui sont prêts à entrer en logement, mais il n’y a pas de logement pour eux. »

Stratégie critiquée

Mme Laflamme indique de son côté que la Stratégie nationale du logement dévoilée par le gouvernement Trudeau en 2017 ne répond pas aux problèmes les plus pressants.

« Ça va donner des logements trop chers, des logements abordables qu’on demande au privé de construire et qui sont basés sur le loyer du marché ou sur les revenus de l’ensemble des ménages, y compris des propriétaires. C’est sûr que ça ne donne pas des logements qui permettent de répondre aux besoins criants des 244 000 ménages locataires au Québec qui ont des besoins urgents de logements. Ça donne des logements trop chers pour ces gens-là qui ont des revenus entre 17 000 $ et 20 000 $ par année », soutient la porte-parole du FRAPRU.

« On demande au gouvernement d’investir dans le logement social, à la hauteur de 2 milliards $ par année pour la création de nouveaux logements sociaux et la rénovation du parc existant, ajoute Laury Bacro du RSIQ. Le logement social est calculé en fonction d’un pourcentage du revenu de la personne. »