Les services offerts dans les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale sont nombreux et tout à fait gratuits.
Les services offerts dans les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale sont nombreux et tout à fait gratuits.

Maisons d'hébergement: la pandémie isole les victimes

Mario Boulianne
Mario Boulianne
Le Droit
Les services offerts dans les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale sont nombreux et tout à fait gratuits.

Les femmes et leurs enfants peuvent trouver refuge dans une des sept maisons qui sont réparties sur tout le territoire outaouais.

Mais un défi important se dresse devant les intervenantes de ces maisons d’hébergement : comment faire circuler l’information auprès des victimes en temps de pandémie ?

« Le confinement a isolé bien des familles et comme pour les enfants, la violence s’expose de moins en moins au grand jour », se navre Annick Brazeau, directrice de la Maison d’Hébergement Pour Elles Des Deux Vallées, à Buckingham.

Pendant la pandémie, beaucoup de gens sont restés à la maison, limitant ainsi considérablement le va-et-vient des personnes.

Donc, une femme victime de violence qui, en temps normal, pouvait avoir des « fenêtres de liberté » lui permettant de trouver de l’information ou des ressources pour l’aider, se retrouve aujourd’hui confinée dans son logement avec un conjoint violent 24 heures par jour et sept jours par semaine.

« Il nous faut donc trouver des moyens pour les rejoindre et leur faire passer l’information », ajoute-t-elle. Puisque les enfants sont aussi des acteurs de dénonciation, ceux qui observent de la violence à la maison ont tendance à en parler à leur enseignant ou à leur éducatrice. Mais, les écoles étant fermées depuis plusieurs mois, cela a grandement limité les dénonciations.

Les services offerts dans les maisons d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale sont nombreux.

Pour toutes ces raisons, les responsables des maisons d’hébergement tentent de trouver une façon d’augmenter leurs antennes un peu partout dans le réseau.

« On doit comprendre que la grande majorité des femmes qui viennent chez nous le font de façon volontaire, explique Mme Brazeau. Mais parfois, elles sont référées soit par un proche, la police, des travailleurs sociaux et même par des médecins ou des infirmières. Nous avons besoin de ces partenaires pour augmenter notre visibilité auprès des victimes. »

L’Outaouais est une région de choix pour l’immigration.

Ce facteur contribue à faire augmenter la clientèle potentielle des maisons d’hébergement, surtout en milieu urbain.

En ce moment, les femmes immigrantes composent moins de 25 % de la clientèle hébergée.

Cette situation est, selon Mme Brazeau, due à une différence culturelle.

« Très peu de femmes immigrantes connaissent nos services et encore moins les lois de notre pays en matière de violence familiale, dit-elle. De plus, une forte majorité ne parle ni le français, ni l’anglais. Et c’est sans compter que pour certaines d’entre elles, la violence conjugale est tolérée dans leur pays d’origine. Il est donc primordial que dès leur arrivée au pays, ces femmes soient bien informées et qu’elles sachent où et qui aller voir si elles sont dans le besoin. »