près de 50 pour cent des personnes âgées de 12 à 35 ans risquent une déficience auditive due à une exposition prolongée et excessive à des sons trop forts.

L’OMS veut réglementer le volume audio des téléphones intelligents

MONTRÉAL - Musique trop forte dans les écouteurs? Afin d’éviter aux jeunes des problèmes auditifs, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a énoncé une directive non contraignante pour réglementer le volume sonore des téléphones intelligents et des lecteurs mp3.

L’OMS tire ainsi la sonnette d’alarme: près de 50 pour cent des personnes âgées de 12 à 35 ans, soit 1,1 milliard de jeunes, risquent une déficience auditive due à une exposition prolongée et excessive à des sons trop forts, notamment la musique écoutée au moyen des appareils audio personnels, est-il précisé dans un communiqué de l’organisation internationale.

De concert avec l’Union internationale des télécommunications (UIT), l’OMS a ainsi publié mardi une nouvelle norme internationale pour la fabrication et l’utilisation de ces appareils, dont les téléphones intelligents et autres lecteurs audio.

Plus de cinq pour cent de la population mondiale ? 466 millions de personnes ? souffrent de déficience auditive incapacitante, soit 432 millions d’adultes et 34 millions d’enfants. Ce qui a un impact sur leur qualité de vie, souligne l’OMS.

Il est estimé par l’organisation que d’ici 2050, plus de 900 millions de personnes, soit une sur 10, auront une déficience auditive incapacitante.

La norme intitulée «Appareils et systèmes audio sans risque» suggère plusieurs fonctionnalités pour les téléphones intelligents et autres appareils audio.

On y retrouve les recommandations suivantes: ajouter aux appareils des options pour la limitation du volume sonore, dont une réduction automatique de celui-ci ainsi qu’une possibilité de contrôle parental. Il est aussi suggéré d’intégrer aux appareils une fonction de «tolérance sonore», surveillée par un logiciel suivant le niveau et la durée de l’exposition de l’utilisateur exprimés en pourcentage de l’exposition à un niveau de référence. L’intégration d’un profil d’écoute individualisé est suggérée, basé sur les pratiques d’écoute: il indiquerait alors à l’utilisateur le degré de sécurité avec lequel il a écouté la musique, et lui donnerait des indications pour agir sur la base de cette information.

L’OMS enjoint aux gouvernements et aux fabricants d’appliquer cette norme sur une base volontaire et de l’intégrer dans leurs appareils. Il suggère aux gouvernements des divers pays d’adopter cette norme dans leurs lois nationales.

Pour les adultes, il est recommandé un maximum de 80 décibels pour 40 heures par semaine, et pour les auditeurs plus sensibles, comme les enfants, 75 décibels seraient plutôt de mise.

«Du fait que nous avons le savoir-faire technique pour éviter la déficience auditive, on ne devrait pas voir tant de jeunes continuer de détériorer leur audition en écoutant de la musique», observe le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, dans un communiqué.

«Ils doivent comprendre que s’ils perdent l’audition, elle ne reviendra plus.»