Bien qu’un taux limite de THC dans l’organisme n’ait pas encore établi pour juger si un individu est sous facultés affaiblies, le Service de police de la Ville de Québec juge avoir les outils nécessaires pour évaluer si une personne conduit sous l’influence de la drogue.

Légalisation du cannabis: des avancées dans le dépistage

À deux mois de la légalisation du cannabis, un nouveau test de dépistage urinaire sera mis en marché au Québec. Le Multi-D 12 permettra non seulement de détecter les traces de THC (ou tétrahydrocannabinol) dans l’organisme, mais aussi une dizaine d’autres drogues.

Lancé par une compagnie lavalloise, Alco Prévention Canada, ce nouveau test sera le premier du genre à être bilingue et vendu au Québec.

«On avait d’autres produits avant, mais ils n’étaient pas bilingues et on trouvait ça un peu dommage. Il y a certaines personnes qui ne sont pas à l’aise avec l’anglais et il y a souvent beaucoup de termes techniques avec ce genre de test», a indiqué le directeur général d’Alco, Stéphane Maurais.

L’homme d’affaires s’est donné comme mandat au courant des derniers mois, non seulement d’offrir des tests de dépistage de plus en plus fiables au Québec, mais aussi de faire un travail de sensibilisation nécessaire auprès des entreprises.

«C’est une croissance assez phénoménale [la demande de test de dépistage]. […] On va d’abord aider les entreprises dans un programme de tolérance zéro, c’est la première étape pour une entreprise d’avoir ce genre de politique», a ajouté M. Maurais

En plus de fournir des tests urinaires, qui peuvent s’avérer utiles durant la période de préembauche, Alco vend aussi des tests salivaires, qui eux, sont davantage utilisés si la direction d’une entreprise a des soupçons sur le comportement d’un employé.

«Les tests urinaires permettent de détecter des traces de la substance dans les derniers jours. […] Alors que les tests salivaires sont utilisés pour évaluer si une personne a consommé dans les six à 12 heures avant le test», explique M. Maurais.

De l’avis du directeur général d’Alco, les entreprises doivent impérativement envoyer un message haut et fort qu’il est inacceptable qu’un employé consomme de la drogue au travail, et ce malgré la légalisation de la marijuana.

Il s’avère important, selon lui, de faire l’éducation des employés et employeurs sur les aspects légaux entourant la légalisation de la marijuana.

«Plusieurs personnes n’ont pas les connaissances nécessaires en matière de lois, de jurisprudence en lien avec la consommation de marijuana. […] Nos tests de dépistage sont importants, mais on croit aussi à la sensibilisation et l’éducation via nos différents kiosques», ajoute-t-il.

Effectivement, Alco propose une série de six kiosques interactifs pour expliquer tous les enjeux entourant la consommation de drogue. L’un de ces kiosques propose aux employés de porter des lunettes leur donnant l’impression d’être sous l’influence de la drogue.

L’entreprise prévoit également en octobre de vendre un produit «révolutionnaire» pour détecter le THC pour les consommateurs, car eux aussi se doivent de savoir s’ils sont encore sous facultés affaiblies avant de prendre le volant. Toutefois, Stéphane Maurais n’a pas voulu davantage de détails sur ce produit.

Le SPVQ en préparation

En dehors des entreprises, les corps policiers doivent eux aussi gérer la légalisation du cannabis.

Bien qu’un taux limite de THC dans l’organisme n’ait pas encore établi pour juger si un individu est sous facultés affaiblies, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) juge avoir les outils nécessaires pour évaluer si une personne conduit sous l’influence de la drogue.

Cyndi Paré du SPVQ a indiqué au Soleil que tous les policiers de la ville sont formés pour repérer les automobilistes conduisant avec les facultés affaiblies.

Mme Paré ajoute également que la police de Québec dispose des effectifs suffisants en termes d’agents évaluateurs pour bien gérer la situation à la suite de la légalisation du cannabis.

Actuellement, 10 agents formateurs travaillent pour la police de Québec, et il se pourrait qu’il y en ait davantage puisque des formations sont toujours en cours.

L’agent évaluateur est un expert en reconnaissance de drogues certifiées qui est agréé par l’Association internationale des chefs de police en mesure d’effectuer des évaluations selon l’article 254 (3.1) du Code criminel pour vérifier si la capacité de conduite d’une personne est affaiblie par l’absorption d’une drogue ou d’une combinaison d’alcool et de drogue.