Tout indique que le «gène gay» n’existe tout simplement pas.

Le «gène gai» : suite et fin ?

On le cherche depuis des décennies. Des études sur l’orientation sexuelle de jumeaux suggèrent continuellement son existence. On avait bien cru le trouver récemment, quelque part sur le chromosome X. Mais tout indique maintenant que le «gène gai» n’existe tout simplement pas : il y a des centaines de gènes qui influencent le fait d’avoir eu ou non une relation avec le même sexe et, même tous ensemble, ils n’expliquent qu’une partie relativement mineure de l’homosexualité, selon une étude parue jeudi dans Science, la plus vaste jamais entreprise sur le sujet.

«Il n’y a pas de jauge pour déterminer si quelqu’un a un partenaire du même sexe, a dit Andrea Ganna, premier auteur de l’étude et chercheur en génétique à l’Université Harvard, lors d’une conférence téléphonique tenue plus tôt cette semaine. Par exemple, nous n’avons pas trouvé de signal fort sur le chromosome X, contrairement à ce qui avait été rapporté précédemment dans la littérature scientifique. Les comportements sexuels, en fait, sont très polygéniques [NDLR : influencés par de nombreux gènes], ce qui est similaire à ce qu’on voit pour bien d’autres traits comportementaux.»

L’étude en question a consisté à scanner tout le génome de près de 500 000 personnes, provenant des banques de données de la compagnie 23andMe, qui vend des tests génétiques au grand public, et d’une banque de données britannique. En mettant ces données en relation avec les comportements sexuels (homo ou hétéro) autodéclarés des participants, les chercheurs ont trouvé cinq principaux sites sur le génome associés au fait d’avoir déjà eu une relation sexuelle avec quelqu’un du même sexe. Mais même tous ensemble, ces cinq sites expliquent moins de 1 % du phénomène.

En ajoutant par-dessus ces cinq «gènes» toutes les autres différences génétiques de moindre importance, au nombre de centaines, sinon de milliers, M. Ganna conclut que le génome explique au total «entre 8 et 25 % de la variance dans les comportements homosexuels autorapportés». Le reste viendrait de l’«environnement», à comprendre ici au sens large : éducation, culture, tout ce qui se passe in utero, stress divers, etc.

Fait à noter, les gènes impliqués ne sont pas tous forcément liés à l’attraction pour les gens du même sexe. Certains traits de personnalité, comme l’ouverture aux nouvelles expériences ou le degré d’aversion (ou d’insensibilité) au risque, peuvent avoir une incidence sur la décision d’un individu d’avoir ou non une relation avec une personne du même sexe, indépendamment de l’attirance.

«Je pense que tout ceci montre que [les comportements homosexuels] font partie d’une variabilité normale et naturelle de notre espèce», a pour sa part indiqué Benjamin Neale, lui aussi de Harvard et un des auteurs «séniors» de l’article de Science.

«Enfin»

Ces conclusions sonnent comme de la musique aux oreilles de Michel Dorais, chercheur en travail social à l’Université Laval qui, sans être généticien lui-même, mène des recherches sur l’homosexualité depuis une quarantaine d’années.

«Je suis content parce que ce type de recherche-là [sur les origines biologiques de l’homosexualité], habituellement, c’est du temps perdu. Mais pour une fois, ce n’est pas du temps perdu tant que ça parce que les auteurs disent : regardez, ça ne donne plus rien de faire ça, ça ne mène nulle part. Mais ça fait des décennies qu’on sait ça, parce que la conduite sexuelle, et même les désirs, c’est tellement complexe qu’à l’évidence, ça ne peut pas être un comportement automatique comme manger. Quand vous avez des désirs sexuels [qui sont différents des comportements à proprement parler, NDLR], d’abord il faut que vous décidiez si vous les réalisez ou non, il faut décider avec qui, comment approcher cette personne-là, etc. Alors les comportements sexuels sont des comportements extrêmement complexes qui ne peuvent tout simplement pas être régis par des réflexes automatiques et génétiques», dit M. Dorais.

Pour tout dire, les résultats de Science montrent une telle complexité que certains appellent à abandonner ou modifier certaines «échelles» d’attraction sexuelle utilisées en recherche, comme la classique «échelle de Kinsey» qui montre une gradation allant de l’hétérosexualité exclusive à l’homosexualité exclusive, car elles seraient trop simplistes.

«C’est un de nos résultats les plus intéressants, mais les plus provocants aussi, a commenté M. Ganna : d’un point de vue génétique, il n’y a pas de continuum unique qui irait des comportements hétérosexuels jusqu’aux comportements homosexuels. En d’autres termes, les variantes de gènes qui sont associées au fait d’avoir déjà eu un partenaire de même sexe une fois dans sa vie ne sont pas les mêmes variantes qui sont associées au fait d’avoir eu plus de partenaires du même sexe que de partenaires du sexe opposé. Alors il n’y a pas d’échelle unique qui ferait que plus une personne est attirée par l’autre sexe, moins elle l’est par le même sexe.»

Précision : une version antérieure de ce texte a été modifiée afin de corriger le nom de l'«échelle de Kinsey» (et non Kingsley).

Vérification faite

Vérification faite: de mal en pis pour la classe moyenne?

L'affirmation: «J’aimerais dire que la vie est plus facile pour la classe moyenne canadienne, mais je ne le peux pas. Les gens travaillent plus fort que jamais, mais peinent à joindre les deux bouts», a déclaré le chef conservateur Andrew Scheer, plus tôt cette semaine, alors qu’il annonçait des baisses d’impôts pour venir en aide à la classe moyenne.

Les faits

Qu’il faille baisser les impôts ou non ne concerne pas de la vérification factuelle — cela relève en bonne partie des valeurs individuelles. Mais la question de savoir si la situation des classes moyennes se dégrade, si les gens triment de plus en plus pour, en bout de ligne, voir leurs finances stagner ou se détériorer, elle, se vérifie.

Le déclin de la classe moyenne est un phénomène assez bien documenté aux États-Unis, où les salaires n’ont pas suivi le coût de la vie. Mais c’est beaucoup moins clair en ce qui concerne le Canada et le Québec. En fait, selon des chiffres de Statistique Canada, même en tenant compte de l’inflation, le revenu médian est passé de 57 000 $ en 2000 à 67 000 $ en 2017 (en dollars constants de 2017). De la même manière, le taux de pauvreté qui oscillait entre 12 et 15 % dans les années 90, est passé à 10-12 % dans les années 2000, puis autour de 10 %.

Dans une étude parue en 2014, le Centre de recherche en fiscalité et finances publiques de l’Université de Sherbrooke n’a pas trouvé de raison de croire que la classe moyenne s’érodait au Québec ou au Canada. Cependant, les auteurs ont constaté que les transferts gouvernementaux et la fiscalité jouaient un rôle plus important qu’avant pour «protéger» la classe moyenne. Ainsi, si l’on ne regarde que les «revenus de marché avant impôts» (salaires et autres sources de revenus «privés», grosso modo), la proportion des ménages québécois qui faisaient partie de la classe moyenne est passée de 37 à 29 % entre 1976 et 2010. Mais si l’on tient compte des transferts (allocations familiales et autres) et de l’impôt, alors cette proportion s’est maintenue autour de 46 % depuis une quarantaine d’années, ont conclu les chercheurs.

On pourrait sans doute interpréter ce dernier point comme montrant que la classe moyenne québécoise ou canadienne est quand même «sous pression», jusqu’à un certain point. Ce ne serait pas farfelu, mais ce n’est pas un signal très fort non plus.

Or il y a tout de même quelques indicateurs qui suggèrent une «pression» plus forte qu’avant sur M. et Mme Tout-le-Monde. Les Canadiens ont beau avoir de meilleurs revenus (même en tenant compte de l’inflation), ils sont aussi plus endettés qu’avant — en bonne partie parce que le prix des logements a énormément augmenté depuis 20 ans.

En 1990, la dette des ménages canadiens représentait en moyenne 87 % de leurs revenus annuels. En 2005, c’était presque 130 %. Et en 2018, on en était à 175 %. Comme l’hypothèque représente une grande partie de ces dettes, la valeur de ce que les gens possèdent a elle aussi augmenté, si bien que le ratio actif-passif s’est maintenu autour de 17 % depuis 1990. Mais le fait que les dettes totales aient augmenté beaucoup plus vite que les revenus demeure significatif.

Le nombre de gens «insolvables» (qui font faillite ou qui proposent un règlement à leurs créanciers en vertu de la protection de la loi sur les faillites) raconte un peu la même histoire. Au plus fort de la crise économique de la fin des années 2000, on comptait près de 6 cas d’insolvabilité par 1000 consommateurs (en 2009). Ce taux est redescendu autour de 4,3 pour 1000 et s’y est maintenu pendant les années 2010, mais cela reste nettement plus que les 2 à 3 pour 1000 des années 1990.

On ne peut donc pas dire que l’affirmation de M. Scheer ne tient sur rien. Il y a bel et bien des indicateurs (pas tous, mais quand même) qui suggèrent une détérioration des finances des ménages canadiens.

Il y a cependant un point sur lequel les faits donnent clairement tort au chef conservateur : les gens ne travaillent pas plus qu’avant. Si l’on regarde le groupe des 25 à 54 ans (afin d’éviter que des phénomènes comme la retraite ou l’entrée plus ou moins tardive sur le marché du travail ne viennent fausser les moyennes), la semaine de travail moyenne de ceux qui ont un emploi à temps plein était de 41,1 heures en 2000, contre 40,2 heures en 2018.

Verdict

Pas tout à fait vrai. Les statistiques d’endettement suggèrent bien que les ménages canadiens ont plus de mal qu’avant à joindre les deux bouts. Mais d’autres indicateurs, et non les moindres (salaires et taux de bas revenu), semblent au contraire montrer que le sort de M. et Mme Tout-le-Monde s’est amélioré depuis une vingtaine d’années. Difficile d’en conclure que cela va de mal en pis quand on considère tout cela (même si tout n’est pas rose). Une chose est claire, cependant : on ne travaille pas plus qu’avant.

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DES INFOS À VÉRIFIER?

La déclaration d’un ministre vous paraît douteuse? Une information qui circule vous semble exagérée, non fondée? Écrivez à notre journaliste (jfcliche@lesoleil.com). La rubrique «Vérification faite» prendra le temps de fouiller les faits, en profondeur, afin de vous donner l’heure juste. Car nous non plus, on n’aime pas les fausses nouvelles.

Mérite estrien

Vers une percée pour la compréhension du cerveau

Kevin Whittingstall s’est intéressé tôt à la physique pure. Après son baccalauréat à l’Université Concordia de Montréal, c’est à la maîtrise puis au doctorat à la Dalhousie University d’Halifax, en Nouvelle-Écosse, qu’il a commencé à s’intéresser à l’imagerie médicale chez l’humain. Un nouvel intérêt qui a mené cet homme originaire de l’Estrie à passer cinq années à faire un postdoctorat consacré aux neurosciences en Allemagne.

Pendant ce temps, à Saint-Jean-sur-Richelieu, grandissait un adolescent passionné par les mathématiques qui s’ennuyant à l’école dans cette matière dans laquelle il excellait. Pour se donner un objectif, pour se dépasser, Michaël Bernier a alors choisi de consacrer toutes ses énergies à l’informatique… alors qu’il n’y avait jamais eu d’ordinateur chez lui. Cette nouvelle passion allait l’amener à la maîtrise à l’Université de Sherbrooke (UdeS). Il aimait les ordinateurs, oui, mais il voulait aussi que son savoir permette un jour d’aider les gens… et les neurosciences allaient devenir toutes indiquées pour ça.

Justice et faits divers

Registre public de délinquants sexuels: «silence radio» des caquistes

Les députés caquistes se sont fait attendre dimanche, devant le parlement, alors qu’une cinquantaine de personnes s’y rassemblait pour réclamer un registre public de délinquants sexuels au Québec.

«Est-ce que Sylvain Lévesque est là? Mme Geneviève Guilbault peut-être? François Paradis? On est surpris, nos invitations n’ont pas eu de nouvelle, a déclaré l’avocat des victimes Marc Bellemarre, d’un ton évidemment sarcastique. Les délinquants sexuels, on les voit dans les médias chaque jour. Sauf qu’on ne peut pas se souvenir de tout ça. Le registre, c’est de pouvoir, dans un seul endroit, avoir toutes les données.»

L’an dernier, six candidats caquistes (dont quatre ont été élus) étaient présents lors d’une manifestation similaire, ils avaient clamé haut et fort qu’ils s’engageaient à rendre public un registre de pédophiles au Québec. Depuis les élections, c’est «silence radio».

«Je trouve ça inquiétant qu’on ne me dise pas ce qui se passe. Je ne veux pas que ce soit remis à plus tard. Ils étaient tous là l’an dernier! Ça me crève un peu le cœur, mais je garde espoir», a commenté Sophie Dupont, visiblement émue. Mme Dupont manifeste pour un tel registre depuis plus de 15 ans, après qu’un membre de sa famille ait été victime d’agression.

Même si la Coalition avenir Québec assure que le dossier est toujours dans les plans, Mme Dupont s’inquiète, elle aimerait des déclarations plus concrètes. Elle estime que le gouvernement pourrait la tenir au courant des développements du dossier. Elle sait aussi que plusieurs autres sujets sont sur la table pour les députés dans la prochaine année, mais que le registre ne semble pas en faire partie.

Pour éviter le pire

En plus de MBellemarre et Mme Dupont, d’autres personnes impliquées dans cette bataille ont pris la parole devant les manifestants, notamment Michel Surprenant, le père de Julie Surprenant, disparue en novembre 1999 à Terrebonne. Le voisin de la maison familiale des Surprenant était le suspect numéro un dans l’affaire, qui reste aujourd’hui irrésolue.

«Si le registre avait existé il y a 20 ans, si j’avais été averti, j’aurais déménagé et la disparition de Julie ne serait pas arrivée. Le registre se doit d’être accessible 24h sur 24 et sept jours sur sept. Il faudrait au minimum que ça soit accessible par tous les corps policiers du Québec.»

Pour avoir accès au registre fédéral déjà existant, les policiers doivent en faire la demande aux agents de la Sûreté du Québec. M. Bellemarre déplore d’ailleurs qu’étant donné qu’un registre existe déjà, il paraît simple de le réviser pour ainsi le rendre public. 

«Ça peut être de la même façon qu’en Alberta, sur le site de la Sécurité publique. Ça reste géré par le gouvernement, c’est eux qui décident de l’information accessible», ajoute Mme Dupont.

Elle insiste pour dire que ce registre pourrait prévenir plusieurs agressions et sauver la vie de nombreux enfants.

Alimentation

Près du tiers de nos calories viennent d'aliments peu nutritifs

Chips, pâtisserie, alcool et compagnie : les Québécois tirent près de 30 % de leurs calories d’«aliments à faible valeur nutritive», d’après une étude récente de l’Université Laval parue dans le «Nutrition Journal». Avec les conséquences que l’on devine sur le poids et le tour de taille.

«C’est une réalité : on est poussé vers ça par nos styles de vie, on est bousculé par le temps, on ne cuisine plus, on mange plus vite, etc. Ce n’est pas juste l’individu qui décide de mal manger le matin, c’est un effet de société», analyse le chercheur en nutrition de l’UL et auteur «sénior» de l’étude, Benoît Lamarche.

Celui-ci et ses collègues ont suivi plus de 1100 personnes du Québec pendant 21 jours, au cours desquels elles ont dû remplir à trois reprises des questionnaires détaillés sur ce qu’elles avaient mangé la veille. Les chercheurs ont ensuite établi des seuils à partir desquels des aliments étaient considérés comme «à faible valeur nutritive» — très riches en gras saturés/trans, par exemple, ou en sucre, ou en sodium, ou une combinaison.

Ils ont ensuite calculé combien de calories ces aliments peu nutritifs contenaient et ont conclu qu’ils représentaient 29 % de toutes l’apport énergétique total consommés chaque jour. «Cette étude-là est un suivi d’une autre publiée plus tôt cette année, dans laquelle la même cohorte avait obtenu des scores alimentaires assez faibles. Et là, on explique en partie pourquoi : c’est parce que beaucoup de leurs calories viennent d’aliment qui n’ont pas de valeur nutritive, ou presque», explique M. Lamarche.

En tout, environ 700 calories (kcal) par jour provenaient de ces aliments «pauvres». Or pour chaque tranche de 250 kcal, l'indice de masse corporel augmentait de 1,7 et le tour de taille de 0,6 cm. Cela avait également un effet négatif sur le cholestérol sanguin.

Il est difficile de dire si ces 29% sont pires ou moins pires que ce qui se passe ailleurs en Occident, dit-il, puisque la catégorie «faiblement nutritif» n’est pas définie de la même manière par tous. Mais des résultats préliminaires font croire à M. Lamarche que c’est proche de la moyenne canadienne.

Fait intéressant, l’études a examiné dans le détail d’où provenaient toutes ces «calories vides», comme on les appelle. Hormis une catégorie «sources variées» (condiments, fritures, suppléments, etc.) qui représente 22 % de ces aliments peu nutritifs, ce sont les pâtisseries (gâteau, biscuits, beignes, etc.) qui forment le groupe le plus important, avec 18 % des «calories vides». Viennent ensuite les alcools (15 %), les sucreries (friandises, chocolat, sirops, etc. : 13 %), ainsi que les chips et le pop-corn (6 %).

Fait intéressant, les boissons gazeuses, qui occupent une grande place dans le débat public sur l’obésité, ne semblent pas être une cause aussi importante qu’on le croit. Elle ne représentent en effet que 6 % de nos calories vides, d’après l’étude de M. Lamarche.

Société

Leucan Outaouais: courir pour une bonne cause

En soutien aux enfants atteints de cancer, dont Benjamin, un Gatinois de 10 ans qui a reçu un diagnostic de medulloblastome en octobre dernier, des centaines de personnes enfileront leurs espadrilles à la fin du mois pour l’événement Courir Leucan.

En guise de soutien aux quelque 70 familles de la région confrontées à un cancer infantile et qui bénéficient des services de Leucan, la population est conviée le 28 septembre au parc Moussette, à Gatineau, où un défi sportif amical les attend, qu’il s’agisse de course à pied (3, 5 ou 10 km) ou encore de marche (1 à 3 km).

Environnement

Un outil statistique pour voir ce qui se passe dans la tête des gens sur le climat

MONTRÉAL - Vous vous demandez ce que pensent vos voisins des changements climatiques? Ou encore ce qui trotte dans la tête des Canadiens à l’autre bout du pays au sujet de la taxe sur le carbone? Juste à temps pour l’élection fédérale d’octobre, un professeur de l’Université de Montréal, avec des collègues d’universités américaines, a réalisé un travail statistique monstre pour créer un outil interactif permettant de scruter les opinions et les perceptions des gens sur le climat, d’un océan à l’autre, par province et même au niveau très local, par circonscription.

Il s’agit d’une première application au Canada d’un tel modèle statistique, souligne Erick Lachapelle, un professeur agrégé de sciences politiques de l’Université de Montréal qui est derrière cette initiative.

Cette version 2019 est une mise à jour d’un premier modèle confectionné en 2016, peu de temps après l’élection du premier ministre Justin Trudeau.

Cet outil permet de vérifier une foule de choses, de réfléchir sur les différences d’opinions entre les habitants de certaines provinces, mais aussi de voir si les désirs des électeurs d’une circonscription sont bien représentés par leurs élus. Il peut aussi aider à briser des mythes sur les façons de voir des citoyens de certaines provinces.

«Notre étude montre qu’une vaste majorité des Canadiens croient aux changements climatiques et soutiennent les politiques en la matière partout au pays», conclut le professeur Lachapelle à l’aide de son outil.

Il précise certains de ses constats: cette compilation révèle qu’à l’échelle nationale, 83 pour cent des Canadiens croient que la Terre se réchauffe, mais les nouvelles cartes de l’opinion publique montrent de nettes différences entre les provinces et les circonscriptions. Alors que plus de 70 pour cent des adultes croient au réchauffement climatique en Alberta, ils sont 89 pour cent à partager cette opinion au Québec. À l’échelle des circonscriptions électorales, ces chiffres varient de 60 pour cent pour la circonscription de Souris-Moose Mountain, en Saskatchewan, à 93 pour cent pour la circonscription de Halifax, en Nouvelle-Écosse.

Il relève aussi de fortes correspondances entre l’opinion publique et certaines politiques à l’échelle des provinces: après l’Île-du-Prince-Édouard, le Québec est la province qui soutient le plus fortement le marché du carbone, alors que la Colombie-Britannique est la plus favorable à une taxe sur les combustibles fossiles, explique M. Lachapelle. «Ces résultats suggèrent qu’il n’y a pas eu de réaction de rejet à l’égard de ces politiques lorsqu’elles ont été mises en oeuvre», dit-il.

Les Cartes de l’opinion publique canadienne sur le climat (COPCC) ont été créées à l’aide d’un modèle statistique basé sur les réponses de plus de 9000 participants à des sondages nationaux menés entre 2011 et 2018. Elles sont accessibles à tous sur le site de l’Université de Montréal. L’Université de Californie à Santa Barbara a contribué à développer le modèle pour la mise à jour et pour la version originale, à laquelle les universités Yale et celle l’Utah ont aussi travaillé.

«Cela va aider à nourrir le débat public», juge M. Lachapelle qui croit que les changements climatiques seront l’un des enjeux les plus importants du prochain scrutin fédéral.

Mais l’outil sera aussi utile aux décideurs politiques, aux chercheurs et à tous ceux qui veulent savoir comment les gens voient les choses ailleurs au pays.

Il montre aussi l’évolution de la pensée chez les Canadiens en ce qui a trait aux changements climatiques. Entre 2011 et 2018, plus de gens attribuent les changements climatiques à l’activité humaine qu’avant et sont d’avis que cela les affecte dès maintenant, explique le professeur.

Toutes les estimations sont dérivées d’un modèle statistique et géographique validé par la littérature universitaire et appliqué à des données issues de sondages pancanadiens administrés depuis 2011 par le chercheur lui-même. Ces données ont été utilisées pour estimer les différences d’opinions entre des groupes géographiques et démographiques tirés des données de Statistique Canada. Les résultats tiennent compte des changements d’attitude au fil du temps, précise-t-on.

Les cartes sont accessibles au : umontreal.ca/climat

Insolite

Clonage: la Chine se met aux chats, avant les pandas...

PÉKIN — Une entreprise pékinoise est parvenue à cloner un chat, une première en Chine où cette expérience pourrait constituer une avancée scientifique vers le clonage du panda, symbole mondial des espèces en danger.

Sept mois après la mort de son chat baptisé Ail, son propriétaire, Huang Yu, a eu la joie de retrouver son protégé sous la forme d'un adorable chaton gris et blanc.

Santé

Sept fois plus d'opioïdes au Canada qu'en Suède [VIDÉO]

VANCOUVER — Les patients canadiens et américains ont utilisé leurs prescriptions d’opioïdes à la suite d’une intervention chirurgicale mineure à un taux sept fois plus élevé qu’en Suède, révèle une nouvelle étude, qui suggère que les antidouleurs créant une forte dépendance pourraient être utilisés de manière plus judicieuse en Amérique du Nord.

Les chercheurs ont examiné les prescriptions utilisées par les patients au cours de la première semaine suivant l’une de quatre opérations à faible risque visées pour les besoins de l’étude dans les trois pays. En Suède, seulement 11 pour cent des patients ont eu recours aux opioïdes, contre 79 pour cent au Canada et 76 pour cent aux États-Unis.

Parmi ceux qui se sont prévalus d’une prescription d’opioïdes, la quantité accordée était considérablement plus élevée aux États-Unis par rapport au Canada et à la Suède, apprend-on dans l’étude publiée mercredi dans «JAMA Network Open», une revue supervisée par l’Association médicale américaine.

«Je pense qu’il y a beaucoup de données, y compris dans cette étude, qui suggèrent que les patients reçoivent plus d’opioïdes que nécessaire, même pour des interventions chirurgicales mineures», a déclaré en entrevue le docteur Karim Ladha, coauteur de l’étude et chercheur clinicien à l’Institut du savoir Li Ka Shing de l’hôpital St. Michael’s Hospital à Toronto.

«Le vrai problème, c’est que l’on contribue à augmenter l’offre d’opioïdes dans la communauté.»

En outre, l’étude soulève la question de savoir si les opioïdes sont nécessaires à la gestion de la douleur après une opération, souligne le docteur Ladha. Les chercheurs ne disposaient pas d’informations sur le niveau de douleur postopératoire ressenti par les patients, mais il semble que beaucoup de Suédois «se débrouillent» sans opioïdes après avoir subi les mêmes interventions chirurgicales, a-t-il ajouté.

«En avons-nous réellement besoin? Bien que cette étude ne puisse pas répondre à cette question, elle nous pousse vers ce que nous allons faire ensuite, soit une étude contrôlée randomisée pour véritablement tester cette hypothèse», a fait savoir le chercheur, en révélant être déjà engagé dans le processus de demande de bourse pour poursuivre la démarche.

Différences dans le type d’opioïdes prescrits

L’échantillon étudié comprenait environ 129 000 patients aux États-Unis, 85 000 au Canada et 9800 en Suède. Les sujets étaient âgés de 18 à 64 ans et avaient subi soit une ablation de la vésicule biliaire, une appendicectomie, une réparation méniscale ou le retrait d’une masse dans un sein.

La cohorte en Suède était moins nombreuse en raison de la taille de la population de ce pays et du fait que les données disponibles ne couvraient que la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2014, a justifié le docteur Ladha.

Les données américaines couvrent la période du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2015, tandis que les données canadiennes couvrent la période du 1er juillet 2013 au 31 mars 2016. Les données canadiennes ont été extraites de trois bases de données ontariennes.

Le nombre de prescriptions d’opioïdes exécutées était constant pour les quatre procédures chirurgicales. Des taux très similaires ont été observés entre les États-Unis et le Canada, mais ceux-ci étaient bien inférieurs en Suède, indique l’étude.

Des différences significatives ont été observées dans le type d’opioïdes prescrits. La codéine et le tramadol étaient souvent prescrits au Canada et en Suède, mais rarement utilisés aux États-Unis, alors que des préparations combinées d’opioïdes étaient beaucoup plus répandues en Amérique du Nord.

Les résultats illustrent probablement les différences dans l’approche des médecins envers la prescription d’opioïdes d’un pays à l’autre, dans la perception du public vis-à-vis du rôle des opioïdes dans le traitement de la douleur, ainsi que dans la commercialisation et la réglementation des médicaments, estime l’étude.

La prescription postopératoire excessive d’opioïdes a été associée à des risques accrus de détournement de médicaments, à une utilisation à long terme et aux troubles de consommation d’opioïdes, note-t-on dans le document.

Près de 4500 personnes sont mortes de causes liées aux opioïdes au Canada l’an dernier.

Vérification faite

Vérification faite: «consensus» sur l'ère glaciaire?

L’AFFIRMATION: «Nous vivons actuellement un réchauffement planétaire. Mais dans les années 1970, apparemment, les scientifiques disaient qu’on se dirigeait vers une petite ère glaciaire. Peut-on savoir si c’était effectivement le cas et pourquoi les scientifiques le croyaient?» demande Denis Pelletier, de Québec.

LES FAITS

C’est un argument qui revient souvent chez les climatosceptiques : le consensus scientifique actuel autour du réchauffement ne veut pas dire grand-chose, avancent-ils, puisqu’il y a déjà eu un consensus scientifique sur le contraire dans les années 1970, au point que certains prédisaient une nouvelle glaciation. Alors il vaut la peine de s’y attarder.

Dans les années 1960 et 1970, la climatologie était encore une discipline très jeune qui devait travailler avec des ressources beaucoup plus limitées que de nos jours — peu de satellites, séries de données moins longues et moins nombreuses, etc. À cette époque, les chercheurs se rendaient compte qu’il y avait eu un réchauffement planétaire depuis le milieu du XIXe siècle, mais que la tendance s’était inversée et que le climat semblait refroidir depuis quelques décennies. En effet, entre le début des années 1940 et le milieu des années 1960, la température moyenne mondiale a perdu 0,4 °C et elle ne reprendra ses niveaux antérieurs qu’à partir des années 1980.

L’idée que ce refroidissement allait se poursuivre à long terme n’a toutefois jamais rallié assez de savants pour parler d’un «consensus scientifique», loin s’en faut. À l’époque, on connaissait le pouvoir réchauffant du CO2 et l’on savait que ses concentrations augmentaient dans l’atmosphère, mais on savait aussi que la pollution industrielle contenait également d’énormes quantités de particules fines et d’aérosols qui bloquent les rayons du Soleil et les renvoient vers l’espace, ce qui a un effet refroidissant. La question était alors de savoir si l’un de ces deux effets allait prévaloir à long terme, et lequel.

Dans un petit historique de la climatologie de l’époque paru en 2008 dans le Bulletin of the American Meteorological Society (BAMS), trois climatologues ont passé en revue toutes les études sur le sujet parues entre 1965 et 1979. Ils en ont trouvé sept qui penchaient en faveur du refroidissement, 20 qui étaient neutres et 44 qui estimaient que la tendance au réchauffement reprendrait dans l’avenir. Ils ont également compté le nombre de citations amassées entre 1965 et 1983 par chacun de ces articles afin d’en mesurer l’influence dans la communauté scientifique, mais cela n’a pas vraiment changé le portrait : 325 citations pour les articles en faveur du refroidissement, 424 pour les neutres et plus de 2000 pour le réchauffement.

Notons que le site climatosceptique Watts Up With That a contesté ces chiffres et a repris l’exercice à sa manière. Ce site n’est certainement pas une source aussi crédible que le BAMS et l’on peut/doit douter de ses conclusions, mais il est assez parlant que son auteur n’ait pu trouver «mieux» que 86 articles penchant pour le refroidissement, 58 neutres et 45 pour le réchauffement pour la période 1965-1979. C’est signe que même en mettant les choses au pire du pire (et peut-être même en y mettant un grain de mauvaise foi, chose que Watts Up With That, un site très orienté, a souvent été accusé de faire dans le passé), on ne peut toujours pas dire qu’il y avait un «consensus» sur le refroidissement planétaire. L’idée a déjà été débattue en science — c’est le plus loin que l’on puisse possiblement aller. Et encore, je le répète, pas si l’on se fie aux meilleures sources, comme le BAMS et des sites crédibles comme RealClimate.org et le site de la NASA.

Ce qui semble s’être passé entre 1940 et 1970, lit-on dans un résumé de la littérature scientifique paru en 2012 dans ce même BAMS, c’est que la fin de la Seconde Guerre mondiale a marqué le début d’une période de croissance économique mondiale rapide, qui s’est accompagnée d’une forte augmentation de la pollution (et donc des aérosols refroidissants). Plusieurs fortes éruptions volcaniques, qui émettent elles aussi de grandes quantités de ces aérosols, se sont aussi produites.

À partir des années 1980, cependant, les pays occidentaux ont adopté des lois pour réduire leurs émissions de ces particules et aérosols (notamment pour réduire les pluies acides), si bien que leur effet refroidissant a en bonne partie disparu, laissant plus de place à l’effet du CO2. La tendance à long terme au réchauffement a alors repris. Depuis les années 2000, cependant, on constate qu’en Inde et en Chine le rayonnement solaire est de plus en plus bloqué, à cause de la forte croissance économique de l’Asie, de sa dépendance au charbon et de la pollution qui en découle.

Dernière chose : tant dans l’article de 2008 du BAMS que dans d’autres sources, on constate que les médias ont grandement contribué à faire naître et à entretenir le «mythe» autour du consensus scientifique sur le refroidissement. Dans les années 1970, le Science Digest’s, par exemple titrait : «Préparez-vous à un nouvel âge glaciaire». Newsweek parlait d’un «monde en refroidissement» et évoquait un éventuel «déclin dramatique de la production alimentaire», et nombre d’autres articles parlaient (abusivement) de «signes précurseurs d’une glaciation» qui s’accumulaient.

Bref, tout indique que les médias de l’époque ont vu là une trame narrative vendeuse et qu’ils lui ont accordé beaucoup plus d’espace qu’elle n’en méritait.

LE VERDICT

Faux. On ne peut pas dire que «les» scientifiques prédisaient un refroidissement global dans les années 1970. Certains l’ont fait, oui, l’idée a été débattue. Mais elle n’a jamais eu l’importance que les médias du temps et que les climatosceptiques d’aujourd’hui lui ont accordée. Et elle a d’ailleurs été abandonnée, depuis, par une écrasante majorité de climatologues.

Justice et faits divers

Prostitution juvénile: «J’étais passée le stade d’avoir des émotions»

Laurie*, 15 ans, était en fugue du centre jeunesse L’Escale au début janvier 2017. Elle voulait des sous pour partir en appartement avec son amoureux. L’adolescente a mis les pieds dans l’univers glauque de la prostitution juvénile.

La brune jeune fille, aux yeux très noirs, a aujourd’hui 18 ans. Elle témoigne au procès de Joey-Brant Fournier, 24 ans, accusé de proxénétisme. 

Fournier avait plaidé coupable il y a environ un an et demi, puis a demandé à être relevé de son plaidoyer de culpabilité, contestant plusieurs faits.

Assis dans le box de détention, il rouspète et soupire en écoutant Laurie.

La plaignante n’est pas dans la salle d’audience. Comme c’est le cas dans presque tous les dossiers du genre, la Couronne présente, à titre de témoignage, l’interrogatoire vidéo de Laurie par l’enquêteur Christian Lachance du Service de police de la Ville de Québec, le 20 mars 2017.

À cette date, l’enquêteur Lachance en connaît déjà un bout sur la prostitution juvénile.

Le policier a été patrouilleur sur la Grande-Allée, à l’époque où 13 bars animaient l’artère de la Haute-Ville. Il a été en contact avec les suspects du Wolf Pack et les jeunes filles sous leur joug. L’enquêteur a aussi été enquêteur jeunesse et policier dans les écoles. Depuis 2017, Christian Lachance travaille exclusivement à la lutte au proxénétisme au sein d’une équipe provinciale. Des centaines de jeunes filles lui ont raconté leur histoire.

Laurie lui parle sans gêne, d’un ton vif et plutôt détaché. Après s’être sauvée du centre jeunesse, l’adolescente a fait une journée de «brosse» chez une amie. 

Son copain de l’époque, Thomas Chenêvert, lui envoie un ami, Joey-Brant Fournier, en attendant qu’il puisse venir la retrouver.

Chênevert a depuis plaidé coupable aux accusations de proxénétisme et écopé de six ans de pénitencier.

Laurie est conduite dans un logement du quartier Saint-Roch. Il y a un matelas au sol, dans une chambre. Fournier lui aurait alors annoncé qu’elle allait se prostituer et gagner beaucoup d’argent. 

Politique

Le fédéral veut réduire de moitié l’itinérance chronique d’ici 10 ans [VIDÉO]

Le gouvernement fédéral veut diminuer de moitié l’itinérance chronique d’ici 10 ans et double le financement pour amener les sans-abri vers un domicile fixe.

Le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, a indiqué que cette cible était fixée à l’échelle du pays pour 2027-2028. 

«C’est un objectif qui est conservateur, dit le ministre Duclos. Ce que le milieu de [lutte contre] l’itinérance nous dit, au Canada et au Québec, c’est qu’on peut faire beaucoup mieux.»

Le ministre Duclos se trouvait à la Maison Lauberivière pour annoncer la conclusion de deux ententes entre les gouvernements du Canada et du Québec pour assurer la mise en œuvre du programme fédéral de lutte contre l’itinérance appelé Vers un chez-soi. 

Au total, ces deux ententes représentent un investissement de 175 millions $ sur cinq ans, du 1er avril 2019 au 31 mars 2024. 

Le ministre Duclos a souligné que l’entente permettra notamment d’aider des organismes comme la Maison Lauberivière à offrir un hébergement temporaire. Elle permettra aussi d’offrir des services de santé aux itinérants et des formations pour se trouver un emploi. 

L’aide financière fédérale, a ajouté Jean-Yves Duclos, aidera aussi les itinérants à se loger temporairement. «Souvent, l’itinérance, c’est une question d’argent. On a besoin de leur fournir un peu d’argent au départ pour qu’ils puissent se loger convenablement.»

Vers un chez-soi, la nouvelle stratégie de lutte contre l’itinérance du gouvernement fédéral est «axée sur les résultats», précise le communiqué du gouvernement fédéral. 

Angles morts

S’ils jugent que l’objectif des réduire de moitié l’itinérance chronique est légitime, plusieurs organismes l’itinérance s’inquiète que cette orientation crée des angles morts dans la lutte contre l’itinérance. 

«Ce qui nous inquiète, ce n’est pas tant l’orientation en elle-même que ce qu’elle ne permet pas de financer», dit Laury Bacro, coordonnatrice au Réseau de solidarité itinérance du Québec. 

Monde

On soulage le stress de Facebook... sur Facebook

Les internautes soulagent le stress que leur cause leur utilisation de Facebook en se divertissant ailleurs sur Facebook, au lieu de carrément se débrancher, ont constaté des chercheurs européens.

Un examen des habitudes de 444 utilisateurs de Facebook a ainsi démontré qu’ils alternent entre une conversation avec des amis, la lecture de nouvelles et la mise à jour de leur profil au fur et à mesure que chaque activité devient stressante, ce qui augmenterait le risque de dépendance envers la technologie.

Les chercheurs de l’Université de Lancaster, de l’Université de Bamberg et de Friedrich-Alexander Univeristät Erlangen-Nürnberg précisent que Facebook devient alors un mécanisme d’adaptation au stress dont il est lui-même responsable.

Même si cela peut paraître paradoxal, il n’y a là absolument rien de surprenant, a assuré Nadia Seraiocco, une doctorante de l’UQAM.

«Les créateurs de ces plateformes-là les ont conçues, et de plus en plus continuent à les concevoir, pour retenir notre attention, a-t-elle dit. Le réseau qui [...] est la cause de notre anxiété, au lieu de s’en distancier et d’aller faire autre chose, on va dire, “distrayez-vous ici”. Ça ne peut pas être sain.» Dans le cas précisément de Facebook, poursuit-elle, on a essayé de reproduire le plus d’éléments possible de ce qu’était notre quotidien avant l’arrivée de telles plateformes gigantesques, à l’époque où notre activité en ligne était morcelée entre plusieurs lieux.

«On ouvrait notre ordinateur, on allait voir nos courriels, on allait sur le site d’un média, de là on allait voir ce qui se passait sur YouTube..., a-t-elle illustré. Tandis que maintenant, quand vous arrivez sur Facebook, vous pouvez rester captif de la plateforme pendant plusieurs heures parce que tout ce que vous voulez faire, même un peu de [magasinage] avec Marketplace, vous allez le trouver sur la plateforme. Tous vos amis pratiquement sont là, les causes et les médias que vous suivez ont aussi une présence sur Facebook.»

Et c’est ce que Facebook souhaite, ajoute Mme Seraiocco. Il n’y a aucun hasard à entendre Facebook évoquer la possibilité de présenter sur son site de la musique, des films ou même des séries télévisées.

Plusieurs anciens employés ne s’en cachent d’ailleurs pas : tout est pensé et conçu pour nous retenir le plus longtemps possible.

Les conclusions de cette étude sont publiées par Information Systems Journal.

Santé

Ottawa surveille de près les cas présumés de maladies liés au vapotage

HALIFAX - Les directions de la santé publique de tout le Canada sont aux aguets pendant qu’une enquête se poursuit aux États-Unis sur près de 200 cas de maladies respiratoires graves qui pourraient être liées au vapotage.

Le médecin hygiéniste en chef de la Nouvelle-Écosse a déclaré que ses services avaient accru leur surveillance. Le docteur Robert Strang a aussi transmis des demandes informelles par courriel aux pneumologues et aux unités de soins intensifs des hôpitaux de la province afin de déterminer si des cas similaires avaient été signalés en Nouvelle-Écosse.

Selon le docteur Strang, Santé Canada songeait déjà à renforcer sa réglementation sur les cigarettes électroniques avant même cette crise aux États-Unis. Les responsables de la santé publique collaboraient déjà à un projet de réglementation visant surtout à renforcer la protection des jeunes. On étudie également les réglementations provinciales pour voir si elles peuvent être resserrées.

Santé Canada et l’Agence de la santé publique du Canada confirment qu’ils surveillent étroitement les éclosions récentes aux États-Unis de maladies pulmonaires aiguës et d’un décès qui seraient tous liés à l’utilisation de produits de vapotage.

Maryse Durette, porte-parole des deux agences fédérales, a déclaré que les responsables canadiens de la santé n’avaient pas encore constaté de telles éclosions au Canada.

Selon Mme Durette, Santé Canada et l’Agence de la santé publique sont en contact étroit avec leurs homologues américains, notamment l’Agence des aliments et des médicaments (FDA) et les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies.

Santé

Éduc’alcool en campagne sur la consommation de cannabis et alcool [VIDÉO]

Alors que la rentrée bat son plein dans les établissements scolaires, Éduc’alcool adapte son message aux jeunes et y ajoute des informations sur la consommation combinée d’alcool et de cannabis.

Sa publication «Alcool et cannabis un bien mauvais mélange» est d’ailleurs distribuée dans les collèges, universités et maisons de jeunes du Québec lors de la rentrée.

Au cours d’une entrevue mardi, Hubert Sacy, directeur général d’Éduc’alcool, s’est défendu de vouloir être moralisateur ou de faire ringard avec ses mises en garde. «On n’esssaie pas de faire la morale aux jeunes en leur disant «fais ci, fais ça», on dit: «voici ce qu’il est important que tu saches». On n’en fait pas un psychodrame national. On fait davantage des appels à la prudence plutôt que des appels à l’abstinence, de manière à ce qu’ils puissent faire leurs choix eux-mêmes», a insisté M. Sacy.

«De toute façon, quand bien même qu’on voudrait leur dire quoi faire, la dernière chose dont ils se préoccupent, c’est de ce qu’on pense qu’ils devraient faire. Ultimement, ils vont faire ce qu’ils veulent. Alors nous, notre travail, c’est de faire en sorte qu’ils prennent leurs décisions en ayant le meilleur éclairage possible», a-t-il ajouté.

Reconnu pour le slogan qu’il a popularisé, «la modération a bien meilleur goût», Éduc’alcool a fouillé la littérature scientifique sur la consommation combinée de l’alcool et du cannabis, maintenant que le cannabis a été légalisé.

Par exemple, selon l’étude de Lukas en 2001, l’ordre dans lequel on consomme l’alcool et le cannabis importe. Les molécules de cannabis seraient absorbées dans le sang plus rapidement lorsqu’il y a eu consommation d’alcool, parce que ce dernier dilate les vaisseaux sanguins.

«La consommation d’alcool engendre une dilatation des vaisseaux sanguins du corps, dont ceux des poumons et du système digestif. Ainsi, à chaque inhalation ou mouvement à travers le système digestif, si le cannabis est consommé par voie orale, une plus grande quantité de THC s’infiltre dans le système sanguin», rapporte-t-on dans la documentation d’Éduc’alcool.

L’organisme rappelle que le cannabis amplifie les effets de l’alcool et qu’il importe de ne pas conduire de véhicule lorsque l’un des deux ou les deux ont été consommés.

Éduc’alcool estime que mélanger alcool et cannabis est une «très mauvaise idée» et que les effets ressentis «peuvent alors être imprévisibles, même pour des consommateurs expérimentés».

Société

Les eaux usées analysées pour mesurer la consommation de drogue

MONTRÉAL — Pour déterminer la quantité de diverses drogues consommées par les Canadiens, Statistique Canada a analysé les eaux usées de cinq grandes villes au pays. Les résultats montrent notamment que la consommation de cannabis semblait plus élevée à Montréal et à Halifax qu’à Vancouver, Toronto et Edmonton.

Ces grands centres urbains du pays ont été visés par un projet-pilote d’un an, réalisé par l’organisme fédéral de statistiques. Il s’agissait d’analyser l’eau rejetée par les toilettes pour estimer la consommation réelle de diverses drogues.

Santé

Vapotage: Ottawa cherche l’équilibre entre les avantages et les effets néfastes

Ottawa achève les consultations qui mèneront à la nouvelle réglementation sur le vapotage, mais il est déjà acquis qu’il faudra vivre avec les effets néfastes de cette pratique pour bénéficier de ses avantages comme aide pour cesser de fumer.

«Le problème, c’est qu’il y a maintenant des jeunes qui ne sont pas des fumeurs, qui utilisent ce produit», fait valoir Annie Montreuil, conseillère scientifique à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Et c’est là tout le dilemme, poursuit-elle.

«Quand on met les deux ensemble, on a un produit qui peut avoir un effet positif pour les fumeurs mais négatif pour les non-fumeurs et les jeunes. C’est tout ce débat qui persiste.»

La troisième et dernière consultation sur la réglementation du vapotage, qui porte sur l’emballage et l’étiquetage de ces produits, prend fin le 5 septembre. La première, menée l’hiver dernier, portait sur la publicité et la deuxième, réalisée au printemps, visait des éléments du produit lui-même, comme la présence de saveurs ou la concentration de nicotine, par exemple.

Toxicité réelle

Pour la première fois, en juillet dernier, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirmait que les SEAN (systèmes électroniques d’administration de nicotine) «sont incontestablement nocifs».

«Chez les jeunes présentement, les cigarettes électroniques en circulation ont des doses incroyables de nicotine. Les jeunes (qui vapotent) ne sont pas seulement dépendants à la nicotine, ils sont dépendants à de très hautes doses de nicotine et c’est très difficile ensuite de sevrer un individu qui est dépendant de très hautes doses d’une molécule», explique le docteur Mathieu Morissette, chercheur à l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec.

«En plus, les effets de la nicotine sur le cerveau des jeunes, c’est incroyable», ajoute-t-il. À titre d’exemple, une étude de chercheurs de l’University of California publiée dans le journal Neuropsychopharmacology en 2014 auprès d’une trentaine d’adolescents fumeurs et non fumeurs montrait que le cortex insulaire des fumeurs était moins développé que celui des non-fumeurs, une conséquence attribuée à la nicotine.

Le docteur Morissette note par ailleurs les effets à long terme du vapotage sont encore inconnus.

«Premièrement, l’habitude est trop jeune; deuxièmement, la recherche est trop jeune aussi, dit-il. Ça fait une dizaine d’années que les gens vapotent. Si vous pensez au tabac, ça prend combien de temps pour développer des maladies cardiovasculaires, des maladies pulmonaires, chez un fumeur actif? Souvent, on compte ça en décennies.»

Il précise toutefois que d’autres produits qui sont utilisés dans les e-liquides (liquides à cigarettes électroniques), tels que le glycérol, le propylène glycol ou le diacétyle, qui servent de diluant pour la nicotine pour les deux premiers et de véhicule pour les saveurs dans le cas du diacétyle, ne sont pas inoffensifs. Le propylène glycol, par exemple, est reconnu comme un irritant pulmonaire alors que le diacétyle peut provoquer une obstruction des alvéoles pulmonaires («popcorn lung»).

Le «bénéfice»

Pourquoi, alors, ne pas interdire complètement le vapotage? Parce qu’il s’avère un outil efficace pour combattre le tabagisme.

«La cigarette électronique présente une solution potentielle au tabagisme pour les fumeurs qui ont essayé tous les autres moyens à leur disposition sans succès. C’est un produit moins nocif que la cigarette de tabac. (...) Il y a des patients qui réussissent à arrêter de fumer grâce à ce moyen», fait valoir Annie Montreuil.

De plus, l’un des mémoires de l’INSPQ déposés lors des consultations fédérales, dont elle et ses collègues sont les auteurs, souligne que même si les jeunes vapotent de plus en plus, ils ne sont pas - et de loin - la première clientèle de la cigarette électronique.

«Parmi les 863 000 utilisateurs de cigarettes électroniques, 85 pour cent sont des fumeurs actuels ou d’anciens fumeurs», peut-on y lire. À l’opposé, la quasi-totalité de l’autre 15 pour cent, soit 133 000 non-fumeurs qui avaient utilisé des cigarettes électroniques au cours des 30 jours précédant l’enquête de Statistique Canada en 2018, était âgée de moins de 25 ans.

«Oui, si vous êtes un fumeur et que vous voulez arrêter, vous êtes mieux de commencer à vapoter et arrêter de fumer: le tabac, on sait que c’est de la cochonnerie, reconnaît le docteur Morissette. Ce qui vous attend avec le vapotage dans 20 ans, on ne le sait pas encore, mais avec le tabac on le sait. Ça, c’est pour les fumeurs, mais pas pour quelqu’un qui a 12 ans, qui n’a jamais touché à une cigarette de sa vie et qui devient habitué de vapoter à chaque jour 60 milligrammes par ml de nicotine. Ça n’a pas de sens.»

Le problème des jeunes

Et c’est là où le bât blesse: Santé Canada reconnaît avoir été alarmé par les récentes études faisant état d’une explosion du vapotage chez les jeunes. En juin, le chercheur David Hammond, de l’Université de Waterloo, faisait état d’un bond de 74 pour cent du vapotage chez les Canadiens âgés de 16 à 19 ans entre 2017 et 2018, ce taux étant passé de 8,4 à 14,6 pour cent.

L’une des causes soupçonnées est l’arrivée sur le marché de la cigarette électronique JUUL et autres produits similaires qui utilisent des sels de nicotine avec des concentrations très élevées, dans un format très attrayant pour les jeunes.

«La JUUL est plus facile à utiliser, plus facile à dissimuler pour les jeunes, elle produit moins d’aérosols, elle est moins irritante, avec une concentration de nicotine plus élevée», explique Annie Montreuil, tout en remettant ces données en perspective.

«Cette étude porte sur des jeunes de 16 à 19 ans, pas des 12-14 ans. Il faut bien remettre ça en contexte. Un échantillon de 16 à 19 ans, ça inclut des 18-19 ans qui ont le droit de s’en acheter.»

D’autres recherches ailleurs dans le monde arrivent toutefois à la même conclusion: le nombre de jeunes non-fumeurs qui commencent à vapoter est en forte augmentation et, donc, «il y a une population de jeunes qui devient dépendante à la nicotine de façon massive», s’inquiète Mathieu Morissette.

Mathieu Valke, toxicologue à l’INSPQ, estime à cet effet qu’il est impératif de s’attaquer à «la question de l’image et du fait que vapoter pourrait devenir «cool» et au fait que le vapotage ouvre la porte au tabagisme plus tard. Ce n’est pas pour rien que les compagnies de tabac veulent investir ce marché: elles voient bien qu’il y a un potentiel de fidéliser les consommateurs à leurs produits en général.»

D’ailleurs, l’étude de l’Université de Waterloo signale également qu’après des années de déclin du tabagisme chez les jeunes, les 16-19 ans étudiés affichaient un taux de consommation de la cigarette en hausse de 45 pour cent, passant de 10,7 à 15,5 pour cent de 2017 à 2018.

Annie Montreuil avertit cependant qu’on ne peut tracer de lien de cause à effet entre la hausse du vapotage et celle du tabagisme, du moins pour le moment.

«C’est possible, mais avant de conclure à une augmentation alarmante, on a besoin d’autres données.» Les chercheurs attendent d’ailleurs avec impatience l’enquête de Santé Canada dans les écoles secondaires dans toutes les provinces en 2018-2019 «au moment où la JUUL est arrivée sur le marché», observe-t-elle.

Le dilemme des saveurs

Il est déjà acquis que la réglementation va resserrer sévèrement tout ce qui touche la promotion, la publicité, l’étiquetage des produits de vapotage, possiblement même encore plus rigoureusement que le tabac pour en décourager l’usage chez les non-fumeurs. Une difficulté majeure s’élèvera toutefois devant le législateur, soit la promotion de ces produits sur le web et les réseaux sociaux, investis par les fabricants qui sont très conscients à la fois de la présence des jeunes dans cet espace et de l’incapacité des gouvernements d’y jouer du muscle.

La composition des produits risque aussi d’être contrôlée plus étroitement, notamment la concentration de nicotine permise, mais il reste un élément beaucoup plus délicat, soit celui des saveurs.

«Les saveurs ont été interdites dans les produits du tabac», souligne Annie Montreuil, qui rappelle la popularité des petits cigares aromatisés auprès des jeunes, mais elles sont permises dans les cigarettes électroniques.

«Toutes les cigarettes électroniques sont aromatisées», souligne-t-elle.

«Les jeunes sont attirés par les saveurs de fruits, les saveurs de bonbon, les saveurs de dessert», explique-t-elle. Donc, on les interdit? Pas si vite. «Le problème, c’est que les fumeurs adultes qui utilisent la cigarette électronique pour arrêter de fumer eux aussi préfèrent les saveurs de fruits et les saveurs de dessert. Si on interdisait les saveurs, l’intérêt des jeunes diminuerait probablement beaucoup pour la cigarette électronique, mais l’intérêt des fumeurs aussi.»

Il faudra donc voir ce que les consultations auront inspiré à Santé Canada pour la préparation de sa réglementation, dont la teneur ne sera certainement pas connue avant les prochaines élections. Ce qui est prévisible à court terme, par contre, est une intensification des efforts de sensibilisation auprès des jeunes sur les risques du vapotage.

Actualités

Web au Québec: les écarts entre les générations diminuent selon le CEFRIO

L’écart entre les générations de Québécois diminue constamment en ce qui a trait à l’utilisation du web selon la plus récente enquête du Centre facilitant la recherche et l’innovation dans les organisations (CEFRIO).

L’usage que les Québécois font de leur temps de connexion et leur habileté à se servir du web a continué de varier selon les générations, mais le CEFRIO a observé en 2018 que ce qui est appelé la «fracture numérique» se situait autour de l’âge de 55 ans, soit 10 ans de plus qu’il y a quelques années.

L’enquête NETendances 2018 du CEFRIO rendue publique jeudi affirme que ce sont les jeunes adultes âgés de 18 à 34 ans qui étaient les plus actifs l’an dernier sur le web; 96 pour cent des 18 à 24 ans l’utilisaient au moins une fois par jour et 95 pour cent chez les 25 à 34 ans.

Ce taux était de 61 pour cent chez les personnes âgées de 65 ans et plus.

Ce sont aussi les 18 à 24 ans qui affichaient le taux de détention le plus élevé de téléphone intelligent, de 97 pour cent. Cependant, les adultes de tous les autres groupes dépassaient les 18 à 24 ans quand il s’agissait de détenir une tablette électronique, en particulier les 35 à 54 ans, à 63 pour cent.

Dans tous les groupes, le taux de détention d’une montre électronique ne dépassait pas les 10 pour cent l’an dernier.

Le CEFRIO précise que 77 pour cent des adultes âgés de 18 à 24 ans étaient abonnés à au moins un service payant pour visionner des films ou des séries sur Internet en 2018. C’était le cas pour 65 pour cent dans la tranche 25 à 34 ans, 50 pour cent chez les 35 à 54 ans, 44 pour cent dans la clientèle des 55 à 64 ans et 31 pour cent chez les gens âgés de 65 ans et plus.

L’utilisation à des fins personnelles des réseaux sociaux se situait dans la fourchette de 78 à 98 pour cent pour les quatre groupes âgés de moins de 65 ans en 2018; chez les aînés, ce taux ne se situait qu’à 49 pour cent. Presque à égalité, YouTube était le plus populaire chez les 18 à 34 ans, tandis que Facebook était le réseau le plus utilisé chez les 35 ans et plus. La génération des 18 à 24 ans dépassait largement toutes les autres dans l’utilisation d’Instagram (62 pour cent) et de SnapChat (69 pour cent).

Pour ce qui est des modes de paiement, la solution Flash, qui consiste à balayer la carte de débit ou de crédit devant le lecteur, a été celle que 55 pour cent des Québécois préféraient. Seulement 10 pour cent ont recouru au paiement mobile avec téléphone intelligent, les plus prompts à le faire ayant été les jeunes âgés de 18 à 24 ans, dans une proportion de 21 pour cent.

Les adultes ont acheté en ligne sur une base annuelle dans une proportion de 81 à 73 pour cent chez les gens de 18 à 24 ans, de 25 à 34 ans et de 35 à 54 ans. Les 55 à 64 ans et 65 ans et plus sont distancées à 47 et 30 pour cent, respectivement. Les vêtements, les chaussures, les bijoux et les accessoires ont dominé la liste des produits achetés en ligne par tous les groupes d’âge.

Enfin, le CEFRIO a observé que l’enthousiasme des Québécois à propos de l’avenir des technologies et objets intelligents était à géométrie variable en 2018. Dans l’ensemble, 55 pour cent d’entre eux les voyaient d’un bon oeil pour leur vie quotidienne, mais chez les 55 à 64 ans et chez les 65 ans et plus, ces proportions ont été de 43 et 40 pour cent respectivement.

Les plus enthousiastes face à l’avenir des technologies et des objets intelligents ont été les jeunes de 18 à 24 ans, dans une proportion de 83 pour cent.

Justice et faits divers

Quatre vignettes de stationnement saisies en quatre jours à l’Hôpital Civic

Les agents d’application des règlements municipaux à Ottawa ont à l’œil les automobilistes utilisant un permis de stationnement pour personnes handicapées falsifié ou appartenant à une autre personne. Uniquement à l’Hôpital Civic situé sur l’avenue Carling, quatre permis ont été saisis en quatre jours cette semaine auprès d’automobilistes stationnés frauduleusement.

« C’est un nombre assez important, a indiqué vendredi Alison Sandor, porte-parole au service d’application des règlements municipaux à la Ville d’Ottawa. Nous surveillons toujours cela puisque c’est un abus du système et c’est injuste envers les personnes qui ont vraiment besoin de ces espaces ».

Environnement

Alimentation et climat, le Giec montre les choix à faire

GENÈVE — Nourrir correctement les milliards de Terriens ou lutter contre le réchauffement climatique? Pour ne pas être un jour confronté à ce dilemme, il est indispensable de repenser l’usage des terres et nos habitudes alimentaires, avertit le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’ évolution du climat (Giec).

Les humains ont dégradé un quart des terres émergées : érosion des sols, désertification, déforestation, perte de biodiversité. Et le changement climatique accentue cette pression. Ce mélange explosif représente une menace pour la sécurité alimentaire d’une population grandissante, qui dépasse les 7 milliards d’individus.

Telles sont les conclusions majeures du rapport spécial du Giec sur «le changement climatique, la désertification, la dégradation des sols, la gestion durable des terres, la sécurité alimentaire et les flux de gaz à effet de serre dans les écosystèmes terrestres» dévoilé jeudi.

«La pression humaine sur les terres grandit, les terres font partie de la solution, mais ne peuvent pas tout», a résumé Debra Roberts, du groupe des experts climat de l’ONU, lors d’une conférence de presse à Genève.

Le système alimentaire dans son ensemble génère «jusqu’à un tiers de nos émissions» de gaz à effet de serre, a souligné Eduardo Calvo Buendia, coprésident du Giec.

Le temps est compté, alors que le réchauffement des terres émergées atteint déjà 1,53°C, le double de la hausse globale (océans compris), selon le rapport.

Risques pour l’alimentation

Les risques d’instabilité en termes d’approvisionnement alimentaire pourraient être «élevés» avec un réchauffement global de 1,5°C et «très élevés» à 2°C, a expliqué Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du Giec.

Il faut agir vite, insiste le Giec, qui énumère une série de mesures applicables à court terme, adaptées aux spécificités régionales. Des passages ont d’ailleurs été ajoutés au résumé de 65 pages pour les décideurs politiques, adopté au terme de cinq jours de discussions entre les 195 pays membres, pour tenir compte du problème des villes et de l’urbanisation galopante.

La marge est étroite si l’on veut à la fois contenir le réchauffement et ses effets dévastateurs sur les terres, et nourrir convenablement une population qui pourrait dépasser 11 milliards d’individus à la fin du siècle.

«Nous devons penser de manière beaucoup plus approfondie à la façon dont nous allons utiliser chaque hectare. Les terres doivent permettre de cultiver notre nourriture, fournir la biodiversité et l’eau douce, donner du travail à des milliards de personnes et capturer des milliards de tonnes de carbone», commente Piers Forster, professeur sur le changement climatique à l’université de Leeds.

Le Giec a élaboré différents scénarios pour limiter le réchauffement à 1,5°C ou bien en dessous de 2°C par rapport à la période pré-industrielle. Ils incluent des mesures d’atténuation basées sur les terres et des changements d’usage, combinant boisement, reboisement, une déforestation réduite et des bioénergies.

Moins de viande

Les scénarios nécessitant d’importantes conversions de terres (reboisement pour capturer du CO2, champs dédiés aux bioénergies...) pour lutter contre le réchauffement pourraient avoir «des effets secondaires indésirables»: désertification, dégradation des terres, insécurité alimentaire...

Tout est une question d’échelle. «Nous montrons à quel point l’importance des surfaces cultivées pour produire cette biomasse peut être une pression supplémentaire sur l’utilisation des terres», a expliqué Valérie Masson-Delmotte.

Pour le Giec, outre les indispensables réductions de gaz à effet de serre, des solutions existent du côté du système alimentaire et des habitudes de consommation, car les changer ne nécessite pas de consommer plus d’espaces.

Actuellement, de «25 à 30 % de la production totale de nourriture est gaspillée», souligne le rapport, alors qu’environ 820 millions de personnes souffrent de la faim.

Si dans les régions pauvres, l’apport en protéines animales est parfois insuffisant, dans les pays riches, il dépasse les recommandations nutritionnelles de l’Organisation mondiale pour la santé. Deux milliards d’adultes sont en surpoids ou obèses et «25 à 30 % de la production totale de nourriture est gaspillée».

Le rapport souligne l’importance de réduire le gaspillage et l’intérêt pour l’environnement et la santé de régimes moins riches en viande. Mais «le Giec ne prescrit pas les régimes des gens», a insisté son coprésident Jim Skea.

Ce travail est le deuxième d’une série de trois «rapports spéciaux» du Giec, après celui sur la possibilité de contenir le réchauffement à 1,5°C, l’an dernier, et avant celui sur les océans et la cryosphère (banquise, glaciers, calottes polaires) attendu fin septembre, au moment où l’ONU organisera un sommet sur le climat à New York.

Techno

Twitter : des données personnelles utilisées sans consentement explicite

PARIS — Le réseau social Twitter a annoncé dans la nuit de mardi à mercredi que des données personnelles de ses utilisateurs avaient été utilisées à des fins publicitaires depuis mai 2018 sans leur consentement explicite.

Le réseau précise que l’erreur a été corrigée lundi et qu’une enquête est en cours pour déterminer combien d’utilisateurs ont pu être concernés, conseillant au passage à ces derniers de revoir leurs réglages en matière de partage des données.

Selon Twitter, cela concerne deux cas de figure particuliers : si un utilisateur a regardé ou cliqué sur une publicité pour une application mobile d’une part, ou en envoyant des publicités basées sur l’appareil utilisé pour se connecter au réseau d’autre part.

«Depuis septembre 2018, nous avons pu vous montrer des publicités basées sur des déductions que nous avons réalisées à partir de l’appareil que vous utilisez, même si vous ne nous en avez pas donné la permission. Les données concernées sont restées aux mains de Twitter et ne concernaient pas des informations comme les mots de passe ou les adresses mail», a expliqué le réseau dans une note explicative publiée sur son centre d’aide en ligne.

Twitter, qui présente ses excuses aux utilisateurs concernés, assure mettre en place les «étapes nécessaires pour nous assurer que cela ne se reproduira plus», et invite ses utilisateurs à contacter son bureau de protection des données via un formulaire.

Ces deux problèmes, liés au respect du consentement explicite des utilisateurs dans l’usage de leurs données personnelles, sont apparus après l’entrée en vigueur, en mai 2018, du Règlement européen de protection des données (RGPD).

Le RGPD a notamment imposé aux plateformes et sites web de s’assurer du consentement explicite des utilisateurs pour collecter leurs données, notamment à des fins de ciblage publicitaire et lorsque cette collecte se fait pour des entreprises tiers.

Le RGPD oblige également toute entreprise victime d’une perte de données personnelles d’en avertir les autorités compétentes du pays où se trouve son siège européen, en l’occurrence pour Twitter l’Irlande, dans les 48 heures suivant la découverte de cette fuite, et les personnes concernées le plus tôt possible.

Société

Moisson Outaouais: nouvelle campagne pour nourrir les enfants

La rentrée scolaire approche à grands pas. Moisson Outaouais profite de cette période de l’année pour lancer sa nouvelle campagne « Aidez les enfants de l’Outaouais une collation à la fois » pour aider les familles à faible revenu à se procurer des collations saines et nutritives.

Chaque mois en Outaouais, 3900 enfants utilisent les services d’aide alimentaire via le réseau de Moisson Outaouais, a souligné le directeur général de l’organisation, Armand Kayolo. 

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« Le besoin de collations nourrissantes dans les dépannages alimentaires augmente et les réserves se vident très rapidement. Ces collations sont souvent très coûteuses et les parents aux moyens financiers limités ont tendance à acheter des aliments moins sains pour leurs enfants », a expliqué M. Kayolo. 

Une grande partie de l’alimentation des enfants est constituée de collations. 

Les enfants devraient manger aux trois heures environ car ils ont besoin de faire des réserves, a signalé Moisson Outaouais. 

Les dons monétaires recueillis seront spécifiquement dédiés à l’achat de collations saines tels que des fruits frais, des compotes de fruits, des barres de céréales, des yogourts et des fromages. 

Moisson Outaouais préparera des sacs de collations qui seront distribués aux organismes communautaires qui servent des enfants. 

Dans la région, indique Moisson Outaouais, ce sont 29 000 personnes qui souffrent d’insécurité alimentaire, soit 7 % de la population. 

De ce nombre, 5300 sont des enfants de moins de 12 ans. 

Société

Un pardon plus facile pour la possession simple de cannabis

Il est désormais plus facile d’obtenir le pardon pour avoir été en possession simple de cannabis avant sa légalisation.

La loi C-93, votée par le gouvernement fédéral au printemps dernier, est en vigueur depuis le 1er août.

Les personnes reconnues coupables de possession simple de cannabis peuvent maintenant demander leur pardon gratuitement, en ligne, auprès de la Commission des libérations conditionnelles.

Les personnes qui ont toutefois été reconnues coupables d’avoir possédé du cannabis dans le but d’en faire le trafic n’auront pas la tâche aussi facile.

La loi élimine du même coup les frais de 631 $ associés aux demandes de pardon, pour toute personne possédant un casier judiciaire pour possession simple de cannabis.

Le cannabis est légal au Canada depuis le 17 octobre 2018.

Ces demandes de pardon seront facilitées même si des amendes reçues dans le cadre de cette condamnation n’ont pas encore été payées.

La seule condition est celle d’avoir purgé sa peine.

« Fournir un accès immédiat gratuit aux pardons aux personnes précédemment reconnues coupables de possession simple de cannabis leur facilitera l’accès aux possibilités d’emploi, à l’éducation, au logement et au bénévolat. Bref, ces personnes devraient maintenant être en mesure de vivre leur vie. Cela est particulièrement important pour les communautés marginalisées au Canada étant donné que l’application de la loi concernant le cannabis a eu un impact disproportionné sur elles par le passé », a commenté le ministre de la Justice du Canada, David Lametti, ministre de la Justice et procureur général du Canada.

La Commission des libérations conditionnelles du Canada a mis un formulaire et une adresse courriel en ligne, ainsi qu’un numéro de téléphone à la disposition des personnes qui veulent obtenir ce pardon.

***

INFORMATION:

Canada.ca/cannabis-suspension-du-casier

1-800-874-2652 

cannabis-suspension@pbc-clcc.gc.ca.

Environnement

La désobéissance civile nécessaire, selon des militants écologistes

Les militants écologistes qui luttent contre le changement climatique veulent augmenter la pression sur les gouvernements qu’ils accusent d’inaction face à l’urgence mondiale décriée par les scientifiques de la planète. La prochaine étape pourrait bien être la désobéissance civile et un expert estime que leur argument est de plus en plus solide.

Le 13 juillet dernier, 25 militants associés au groupe Extinction Rébellion Québec ont été volontairement arrêtés, sans aucune résistance, au terme d’un sit-in qui aura duré près de cinq heures sur la rue Sherbrooke au centre-ville de Montréal.

Climat

Des pluies diluviennes en Nouvelle-Écosse soulèvent un débat sur le climat

ANTIGONISH — Une vidéo virale montrant un chemin de la Nouvelle-Écosse littéralement éventré par des pluies diluviennes a ouvert un débat dans les médias sociaux sur les changements climatiques.

Tareq Hadhad, réfugié syrien qui a fondé une chocolaterie au bout de ce chemin privé, a publié la vidéo lundi, après le passage de l’orage. Les météorologues d’Environnement Canada affirment que des orages isolés ont fait tomber 66 millimètres de pluie dans la région d’Antigonish entre 15 h et 18 h lundi.

Les climatosceptiques se sont déchaînés et deux climatologues ont déclaré en entrevue que des événements isolés pouvaient rarement être liés de manière concluante au réchauffement climatique causé par l’activité humaine.

Mais Megan Kirchmeier-Young, chercheuse à Environnement Canada, estime qu’il existe des preuves scientifiques solides selon lesquelles de telles précipitations se produiront plus fréquemment en raison d’une hausse des températures liée à l’activité humaine.

Monde

L'humanité a déjà épuisé les ressources de la planète pour l'année

PARIS — L’humanité vit à crédit à partir de lundi, car elle a déjà consommé toutes les ressources naturelles qu’offre la planète, soit deux mois plus tôt qu’il y a 20 ans, selon les calculs de Global Footprint Network.

«L’humanité utilise actuellement les ressources écologiques 1,75 fois plus vite» que les capacités de régénération des écosystèmes, souligne l’ONG dans un communiqué.

«Nous grignotons le capital naturel de notre planète, amenuisant d’autant sa capacité régénérative future», avertit encore l’ONG.

Lire aussi : Le «jour du dépassement», symbole de la surconsommation humaine

Les modes de consommation selon les pays présentent d’énormes écarts : «le Qatar atteint son jour du dépassement après seulement 42 jours, tandis que l’Indonésie a consommé toutes les ressources pour l’année entière après 342 jours», relève WWF, associé à Global Footprint Network. «Si tout le monde vivait comme les Français, il faudrait 2,7 planètes» et cinq si tout le monde adoptait le monde de consommation des Américains.

Pour ramener le jour du dépassement au 31 décembre, «le principal levier d’action concerne nos émissions de gaz à effet de serre qui représentent à elles seules 60 % de notre empreinte écologique mondiale», fait valoir WWF. «En diminuant les émissions de CO2 de 50 %, nous pourrions gagner 93 jours dans l’année, soit faire reculer le jour du dépassement à octobre», estime l’ONG.

«En divisant par deux la consommation de protéines animales, nous pourrions repousser la date du jour du dépassement de 15 jours par an» et en divisant le gaspillage alimentaire par deux, on pourrait gagner dix jours, poursuit WWF.

Chacun peut calculer son empreinte écologique sur http://www.footprintcalculator.org

Politique

Québec dit non aux friandises au cannabis [VIDÉO]

Les Québécois qui espèrent se procurer chocolats, jujubes et autres friandises au cannabis après leur légalisation au Canada ne pourront pas en trouver sur les tablettes, le gouvernement provincial ayant décidé d’en interdire la vente.

Jugeant insuffisantes les mesures prévues par Ottawa pour encadrer la légalisation prochaine de la vente de produits comestibles au cannabis, Québec a dévoilé mercredi les règles additionnelles plus strictes qu’il prévoit imposer.

Le gouvernement provincial annonce ainsi qu’il interdira la vente de friandises, de confiseries, de desserts - incluant le chocolat - et de «tout autre produit attrayant pour les mineurs».

Les produits solides contenant du cannabis ne pourront contenir une quantité de tétrahydrocannabinol (THC) supérieure à 5 mg par unité et à 10 mg par emballage. Pour les liquides, la limite sera de 5 mg par emballage.

Ottawa légalisera les nouveaux produits le 17 octobre prochain, mais calcule qu’il faudra au moins 60 jours après cette date pour que les produits se retrouvent sur les tablettes, ce qui repousse à la mi-décembre la disponibilité de toute une gamme de nouveaux produits contenant du THC.

Mesures fédérales «insuffisantes»

Trois nouvelles catégories de produits seront alors permises au pays: le cannabis comestible, les extraits de cannabis et le cannabis à usage topique.

Selon Québec, les mesures du gouvernement fédéral pour encadrer ces nouvelles catégories de produits ne seront pas suffisantes pour permettre à la province «d’atteindre ses objectifs en matière de santé et de sécurité publiques».

Le gouvernement provincial souhaite ainsi en faire davantage pour réduire la banalisation du cannabis, son attrait pour les jeunes, les risques d’intoxication involontaire et les risques de santé associés aux produits à concentration élevée en THC.

Parmi les autres mesures imposées par Québec, on note l’interdiction d’ajouter, dans les extraits de cannabis en vente, des additifs ou d’autres substances destinées à modifier l’odeur, la saveur ou la couleur du produit.

Le gouvernement provincial limite par ailleurs à 30 pour cent la concentration en THC des produits de cannabis, à l’exception des produits de cannabis comestibles. Une disposition encadrant l’augmentation du potentiel d’effets psychologiques intoxicants des produits de cannabis par l’ajout de composants, y compris du cannabinoïde, sera aussi ajoutée.

Le cannabis à usage topique ne sera pas autorisé à la vente au Québec «pour le moment», note-t-on également.

Société

Recours aux banques alimentaires: deux extrêmes à Ottawa

Près d’une personne sur six a eu recours à une banque alimentaire en 2018 dans la circonscription d’Ottawa-Vanier, ce qui en fait de loin l’endroit où une telle aide a été la plus sollicitée à travers la province, selon une nouvelle étude publiée mercredi par Feed Ontario.

Un peu plus de 16 500 personnes ont cogné à la porte de la Banque alimentaire d’Ottawa l’an dernier dans cette circonscription, soit 15 % de la population. Du nombre, plus du tiers des bénéficiaires de cette aide (37 %) étaient des enfants. Au total, on a enregistré plus de 80 000 visites à la banque alimentaire de la part de gens d’Ottawa-Vanier. 

Dans ce triste palmarès, Ottawa-Vanier est suivie par les circonscriptions d’Hamilton-Centre (12 %) et de Thunder Bay Atikokan (11 %). 

« C’est très préoccupant de constater que la circonscription où le taux de recours à une banque alimentaire par habitant est le plus élevé soit située dans une ville aussi riche qu’Ottawa. Le rapport souligne le besoin urgent de solutions concrètes à long terme qui auront un impact notable sur les causes profondes de la pauvreté », de dire le directeur général de la Banque alimentaire d’Ottawa, Michael Maidment.

L’organisme vient en aide à environ 37 500 personnes par mois. 

Deux autres circonscriptions de la région de la capitale fédérale font cependant partie du top-10 des endroits où les gens ont eu recours aux services d’une banque alimentaire, soit Ottawa-Sud (5e rang, 9 %) et Ottawa-Ouest-Nepean (9e rang, 8 %). Dans ces deux circonscriptions, respectivement 10 500 et 8500 personnes ont eu besoin d’une telle aide à au moins une reprise en 2018. 

La circonscription provinciale d’Ottawa-Centre est non loin derrière avec une proportion de 7 % de la population ayant eu besoin d’un coup de pouce pour regarnir son réfrigérateur et son garde-manger. 

La circonscription d’Orléans s’en tire beaucoup mieux alors que 3 % des habitants (environ 3300 personnes) ont sollicité de l’aide alimentaire à au moins une occasion en 2018. Du nombre, 45 % étaient des enfants. 

Société

Ottawa soutient des organismes qui aident les vétérans en situation d’itinérance

Un projet de la Mission Old Brewery à Montréal, qui vise à aider les anciens combattants en situation d’itinérance à trouver notamment un logement, figure parmi les 22 initiatives du secteur communautaire qui seront soutenues par un fonds fédéral.

Un autre projet aidera à répertorier les quelque 900 organisations, y compris des communautés du nord et autochtones, qui soutiennent les anciens combattants à travers le pays.

Un montant total de 3 millions $ provenant du Fonds pour le bien-être des vétérans et de leur famille, créé en 2017, sera consacré cette année à des initiatives liées aux vétérans sans abri, à l’embauche des vétérans, aux vétéranes et à la santé mentale.

Un total de 22 projets ont été sélectionnés pour 2019-2020, parmi 114 candidatures d’organismes déjà actifs sur le terrain partout au Canada. Le gouvernement veut «appuyer la création d’initiatives, de recherches et de projets novateurs pour améliorer le bien-être des vétérans et de leur famille».

Matthew Pearce, président de la Mission Old Brewery, à Montréal, a déclaré que les fonds fédéraux serviront aux «Sentinelles», qui aideront les vétérans sans abri à trouver un logement et à avoir accès aux services nécessaires.

La campagne «Respect», également de Montréal, utilisera le soutien du fonds fédéral pour organiser le Forum de la campagne Respect, «une initiative nationale de réseautage visant à promouvoir des approches de collaboration pour la prestation de services aux vétérans, aux premiers intervenants et à leur famille».

«En appuyant les initiatives communautaires, Anciens Combattants Canada démontre son intention de collaborer avec les intervenants de première ligne qui travaillent à mettre fin à l’itinérance chez les vétérans au Canada», a estimé Matthew Pearce, de la Mission Old Brewery.

Santé

Crier après un enfant ou le gifler pourrait modifier son cerveau, selon une étude québécoise

MONTRÉAL - Crier après un enfant, lui donner une fessée, le gifler ou le secouer sur une base régulière pourrait altérer ses circuits cérébraux de la peur, prévient une étude menée par des chercheurs de l’Université de Montréal et du CHU Sainte-Justine.

À l’adolescence, les enfants qui ont subi de telles «pratiques parentales coercitives» pourront peiner à différencier ce qui est épeurant de ce qui ne l’est pas et avoir de la difficulté à identifier leurs émotions, a expliqué la première auteure de l’étude, la chercheuse postdoctorale Valérie Alejandra La Buissonnière-Ariza.

Ce type de pratiques parentales provoque des changements dans le fonctionnement de leur cerveau, notamment en ce qui concerne la peur et l’anxiété, a-t-elle ajouté dans un communiqué.

On note aussi un impact sur le comportement des enfants jusqu’à leur adolescence.

«L’étude ne portait pas sur des comportements qui vont avoir lieu une fois de temps en temps, a dit Mme La Buissonnière-Ariza. Ça arrive à tout le monde d’élever la voix. On parle vraiment des gens qui vont utiliser ça comme façon de punir leur enfant de façon régulière.»

Des examens IRM fonctionnels du cerveau des jeunes pendant une tâche de conditionnement de la peur ont montré des différences marquées dans la façon dont celui-ci traitait la peur.

Les 84 sujets pour qui les chercheurs ont obtenu des données valides au niveau de l’imagerie participaient à deux études longitudinales québécoises accessibles par l’intermédiaire du Groupe de recherche sur l’inadaptation psychosociale chez l’enfant et l’Institut de la statistique du Québec. La moitié d’entre eux étaient victimes de pratiques parentales coercitives.

«Indépendamment de l’anxiété, les jeunes qui subissaient des pratiques parentales coercitives élevées avaient une moins bonne différenciation des signaux de peur vs sécurité au niveau de l’amygdale, une structure qui est responsable du traitement de la peur, a expliqué Mme La Buissonnière-Ariza. On voit qu’ils ont de la difficulté à différencier ce qui est menaçant de ce qui n’est pas menaçant.»

En d’autres mots, a-t-elle ajouté, les jeunes sans coercition étaient à même de bien différencier le stimulus effrayant du stimulus rassurant, tandis que les jeunes qui avaient été victimes de pratiques parentales coercitives traitaient les deux stimuli de la même façon.

Les chercheurs ont aussi trouvé des différences au niveau de la communication entre l’amygdale et l’insula, une région du cerveau qui est entre autres impliquée dans le traitement des sensations viscérales, comme l’anxiété.

«Une réduction de la communication entre ces régions a été observée par exemple chez les gens qui souffrent de troubles dépressifs ou de troubles anxieux, a dit la chercheuse. Il y aurait une moins bonne conscience émotionnelle chez ces enfants-là, ils seraient moins conscients de ce qu’ils éprouvent. Ils vont ressentir quelque chose, mais ils ne savent pas c’est quoi, ils ne peuvent pas le mettre en mots.»

Aucun jeune n’a été suivi au-delà de l’âge de 16 ans. Mme La Buissonnière-Ariza admet qu’il serait pertinent de pousser les recherches encore plus loin.

«Les pathologies psychiatriques se développent souvent au début de l’âge adulte, au début de la vingtaine, a-t-elle dit. Ce serait très intéressant de les retester dans cinq ans.»

En attendant, elle lance un appel à la prudence aux parents.

«Cette recherche démontre que les pratiques parentales coercitives ne sont peut-être pas aussi inoffensives ou bénignes qu’on le pense, a-t-elle prévenu. On ne peut pas établir de lien de causalité ou savoir ce qui va se passer plus tard, mais on voit clairement que c’est associé à des modifications dans le cerveau.

«Ce ne sont pas des pratiques qu’il faut prendre à la légère. On va souvent minimiser ce genre de pratiques là, et encore une fois on ne parle pas de gens qui vont perdre patience de temps en temps parce que leur enfant est insupportable. Si c’est votre façon de faire avec votre enfant, même si ce n’est pas facile, il faudrait aller s’informer sur les autres techniques disciplinaires qui pourraient mieux fonctionner.»

Cette étude a été supervisée par le professeur Franco Lepore, de l’Université de Montréal, et la docteure Françoise Maheu du CHU Sainte-Justine, qui a reçu une subvention des Instituts de recherche en santé du Canada pour ce projet. Les conclusions sont publiées par le journal médical Biological Psychology.