Le désir de changement au Nouvel An, pourquoi?

Qu’est-ce qui nous pousse, au début de chaque nouvelle année, à nous fixer d’ambitieuses résolutions?

Pour la sociologue à l’Université d’Ottawa, Diane Pacom, c’est un «phénomène de fin et de recommencement» combiné à de vieilles traditions provenant d’une époque où la religion occupait une place plus importante dans notre société.

«Ça ne peut pas se passer à Pâques ou à une autre date. On peut retrouver ça sur un plan plus personnel à notre anniversaire», souligne Mme Pacom.

De son côté, la directrice générale de la Sporthèque, Élaine Dupras, croit que le mois de décembre est éreintant pour la majorité d’entre nous et nous amène à souhaiter un changement à nos habitudes. Ce qui explique pourquoi les centres d’activité physique comme le sien observent annuellement une forte croissance de l’achalandage en janvier.

«Souvent, les gens ont négligé l’entraînement avant les Fêtes parce qu’ils sont trop occupés. Pendant les Fêtes, on mange trop et on ne bouge pas, soutient Mme Dupras. En janvier, c’est un bon moment pour tout le monde de reprendre l’entraînement parce qu’on se sent un peu ankylosé.»

Pour la sociologue Diane Pacom, il s’agit d’un phénomène fascinant dans une société «rationnelle et cynique» où une majorité s’adonne simultanément à la pensée magique.

«Tout d’un coup, on espère, pour des raisons complètement irrationnelles, qu’on n’aura pas de défaut. Les défauts qu’on traîne depuis l’adolescence vont, comme ça, miraculeusement disparaître», observe Mme Pacom.

Cette dernière est toutefois loin de considérer qu’il s’agit d’un processus malsain, aussi irrationnel soit-il.

«Avoir cet élan, c’est peut-être un peu enfantin et utopique, mais pourquoi pas? Ça nous donne des ailes, ça nous permet de pardonner à nous et aux gens autour de nous, croit la sociologue. Il y a énormément de gens qui embarquent. Même s’il n’y a que 5 ou 10% des gens qui réussissent, je trouve ça quand même extraordinaire.»

La santé comme objectif

Les principales résolutions prises chaque Nouvel An ont habituellement un lien avec la santé, croit Diane Pacom. Que ce soit de faire plus d’activité physique, de manger mieux ou d’arrêter de fumer.

La réalité d’aujourd’hui fait en sorte que de plus en plus de gens prennent des résolutions liées au temps passé devant des écrans, notamment les appareils mobiles. Encore là, c’est un objectif qui peut avoir des bienfaits pour la santé mentale, estime Diane Pacom.

Parmi les nombreux nouveaux visages qui se franchissent les portes de la Sporthèque, Élaine Dupras constate que la santé est effectivement au centre des préoccupations.

«Je pense qu’on est tous vraiment sensibilisés aujourd’hui au fait qu’adopter de saines habitudes de vie, c’est vraiment la pilule miracle pour se garder en santé. Pour vivre plus longtemps avec une qualité de vie plus intéressante, explique Mme Dupras. Personnellement, quand je regarde le système de santé qui est difficile d’accès, je me dis que la dernière chose qu’on veut, c’est d’être malade.»