Simon Drolet, président de l’Incubateur en économie sociale de l’Outaouais, Marie Latulippe, directrice au développement de marchés à la caisse populaire Desjardins de Hull-Aylmer, et Danielle Doucet, participante aux ateliers de l’Incubateur cet automne.

L’apprentissage en accéléré

Danielle Doucet rêve de bâtir un lieu où les artistes de la région de l’Outaouais pourront œuvrer. Comme d’autres personnes derrière des projets d’entreprises, elle a suivi cet automne une session intensive d’ateliers de formation offerts par l’Incubateur en économie sociale de l’Outaouais afin de l’aider à faire de son idéal une réalité.

Le parcours aura duré 14 semaines et comprenait des ateliers en gestion et en marketing, entre autres.

« Parce que la formation est condensée, ça nous force à avancer rapidement. Maintenant, grâce à l’Incubateur, nous sommes en étude de marché et ça va très, très bien », a expliqué Mme Doucet, présidente des Ateliers du ruisseau.

« Ça nous a permis d’identifier vraiment notre mission, nos valeurs en tant que coopérative. Je ne pense pas que nous aurions été aussi rapides si nous avions fait le processus de nous même. Ça nous aurait pris peut-être 14 mois à faire le travail qu’on a fait en 14 semaines », a-t-elle ajouté.

Mme Doucet souhaite voir la construction d’un immeuble de six étages dans le Vieux-Hull qui comprendra, notamment, de 40 à 50 ateliers de travail pour les artistes. Les deux premiers étages pourraient être réservés à une galerie muséale pour faire découvrir les artistes qui travaillent aux étages supérieurs. Des espaces d’animation sont aussi prévus.

L’Incubateur en économie sociale de l’Outaouais offre un processus d’encadrement intensif et personnalisé permettant aux entrepreneurs en devenir de maximiser la réussite de leurs projets d’entreprise collective grâce à différentes formations.

L’organisme a célébré jeudi la fin de son premier parcours de prototypage, soit le passage de l’idée à la constitution de l’entreprise.

Le parcours fut suivi par les responsables de dix projets d’entreprises collectives.

Les entreprises de l’économie sociale possèdent un conseil d’administration, et ont un rendement économique et un rendement social pour la communauté.

Ces entreprises permettent de créer des emplois, mais aussi de contribuer au développement local en répondant directement aux besoins et aux aspirations du milieu.

La Laiterie de l’Outaouais est un bon exemple d’une entreprise de l’économie sociale, a précisé le président de l’Incubateur en économie sociale de l’Outaouais, Simon Drolet.

Au Québec, il existe quelque 7000 entreprises du secteur de l’économie sociale. Un emploi sur 20 est en économie sociale.

En Outaouais, cette économie représente plus de 300 entreprises, coopératives et organisations à but non lucratif. Elles créent plus de 2500 emplois.

« L’économie sociale a plus de poids dans le PIB du Québec que les secteurs de l’aéronautique, des mines et de la construction réunis. C’est un énorme secteur, et c’est un secteur d’avenir parce que ça ne va pas en décroissant », a précisé M. Drolet, tout en rappelant que l’Incubateur en économie sociale de l’Outaouais et le premier du genre au Québec.

Desjardins s’engage dans l’Incubateur. La directrice au développement de marchés à la caisse populaire Desjardins de Hull-Aylmer, Marie Latulippe, a tenu à réitérer le désir de l’institution financière d’aider et de développer les compétences entrepreneuriales et de créer une relève saine en Outaouais.

« Ces entrepreneurs représentent notre avenir, notre richesse de demain, et c’est pourquoi il est très important d’investir directement dans leur développement », a-t-elle précisé.